Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Hillary Clinton, vaincue et mal-aimée

Hillary Clinton, vaincue et mal-aimée
mm

Harassée, haïe, mal-aimée et impopulaire, mais pourtant favorite. Voilà comment a été présentée Hillary Clinton tout au long de la campagne électorale, voire de sa carrière. Que ce soit en tant que Première Dame ou femme politique à part, cette impopularité l’a toujours hantée.


 

Ça y est, c’est fait. Donald Trump a été élu président des Etats-Unis après sa victoire sur Hillary Clinton, et au terme d’une campagne marquée par l’impopularité historique des deux candidats. Pourtant, l’ancienne secrétaire d’État d’Obama a toujours connu cela, dès que son mari accéda au titre de gouverneur de l’Arkansas, en 1979.

 

Des débuts discrets

 

En 1979, Bill Clinton et Hillary Rodham sont jeunes mariés lorsque le premier cité devient gouverneur de l’Arkansas, à 32 ans. Seulement, la future sénatrice de New York insiste pour préserver son nom de jeune fille. Mais cela, l’establishment local, aux mœurs très conservatrices, le voit d’un mauvais œil. L’Arkansas est un État du Sud, et la Première Dame venant directement de l’université de Yale ne s’y est pas encore accoutumée. Deux ans plus tard, Bill Clinton n’est pas réélu au poste de gouverneur, en partie à cause de l’opiniâtreté de sa femme. Premier échec.

Deux ans plus tard, Clinton se présente à nouveau au poste de gouverneur. Et cette fois, il parvient à reprendre son siège, qu’il gardera pendant dix ans. On est en 1983. A partir de ce moment-là, Hillary, devenue entre-temps Clinton, prend de l’importance. On lui confie la tâche de réformer l’éducation. Elle y parviendra avec succès. Première victoire.

 

Première Dame, ce rôle trop peu important

 

 

En 1992, Bill Clinton se présente à l’élection présidentielle. Une première affaire surgit en pleines primaires démocrates. Une chanteuse de bar affirme avoir eu une relation pendant plusieurs années avec le candidat. Mais Hillary soutient son mari bec et ongles et se rend sur le plateau de l’émission 60 Minutes pour le défendre. Dès lors, l’Amérique entière la connaît. Puis, quelques mois plus tard, Bill est élu président des États-Unis. Hillary Clinton devient Première Dame.

A la Maison Blanche, Hillary Clinton est ambitieuse et s’implique dans la politique fédérale, ce qui ne plaît pas à tout le monde, y compris à l’intérieur même du camp démocrate. Son mari lui offre un bureau dans l’aile ouest de la Maison-Blanche, là où la majorité des décisions sont prises. C’est une première pour une First Lady. Elle est chargée, avec un groupe de conseillers, de réformer le système de santé. Un travail colossal. La réforme qu’elle dépose, compliquée, est balayée par le Sénat. Nous sommes en septembre 1994, c’est une défaite cinglante pour la Première Dame.

 

Coupée en plein élan

 

Pendant les quatre années qui suivent, Hillary Clinton se fait discrète et reprend le rôle qu’une Première Dame devrait tenir. Cependant, plusieurs scandales éclatent et des enquêtes judiciaires sont entreprises contre le couple présidentiel, mais aucune d’entre elles n’aboutit à une condamnation. Malgré cela, Bill Clinton est réélu en 1996 pour un deuxième mandat.

Puis éclate en janvier 1998 le scandale Monica Lewinsky. Cette dernière aurait eu des rapports sexuels avec Bill Clinton, alors déjà à son poste, durant un stage à la Maison-Blanche. Le président prête serment et nie les faits, il les avouera par la suite. Ce mensonge provoque une tentative d’impeachment à son encontre ayant pour but de le destituer, tentative bloquée plus tard par le Sénat.

Hillary Clinton, quant à elle, continue de soutenir son mari en public et sort plus forte de cette affaire. A partir de là, ses envies de conquérir à son tour l’Amérique prennent forme. Elle se présente en 2000 au poste de sénatrice de l’État de New York, qu’elle obtiendra sans soucis. C’est le début. Elle est également brillamment réélu en 2006 et s’apprête à se lancer dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2008. Seulement, une décision prise au Sénat pèsera lourd dans son ambition de reprendre la Maison-Blanche. En effet, Clinton prit position en 2003 en faveur de l’invasion de l’Irak. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles elle est battue par Barack Obama à la primaire démocrate, et une critique qui reviendra constamment par la suite. Ouch.

En ajoutant à tout cela la récente affaire de ses emails et son caractère jugé comme belliqueux et interventionniste, les raisons de son impopularité sont multiples. Et ses opposants l’ont bien compris.

 

L’année de tous les espoirs

 

Puis vint l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de cette année. Face à elle, Bernie Sanders, « socialiste », comme il se nomme lui-même, voulant révolutionner la politique américaine. Les jeunes Américains se passionnent pour le sénateur du Vermont, le préférant pour sa franchise et ses idées, telle que sa volonté de rendre les universités gratuites. Mais il n’y a pas que cela qui pèse sur la balance. En effet, nombreux sont ceux qui trouvent Hillary Clinton malhonnête, principalement à cause du nombre important d’affaires dans lesquelles elle fut impliquée. Les soutiens de Sanders se méfient d’elle et donnent tout leur possible pour faire gagner leur candidat. En effet, il représente la figure du candidat proche du peuple et critique envers la politique économique du pays, représentée entre autres par les Clinton. Pour beaucoup de jeunes, il est considéré comme le seul espoir pour lutter contre l’establishment.

De plus, le scandale des e-mails affecte grandement la popularité d’Hillary Clinton, pourtant déjà basse. Mais Sanders lui-même contribue à l’augmentation de son impopularité, en rappelant par exemple son vote en faveur de la guerre en Irak lors d’un des débats télévisés. C’est pour cela que, lorsque le sénateur monte sur scène lors de la convention démocrate à Philadelphie en juillet dernier et appelle à voter Clinton pour faire barrage à Trump, ses supporters le siffle, ne voulant pas voter pour une candidate malhonnête et belliqueuse. Alors, lorsque l’ancienne secrétaire d’État est investie candidate du parti démocrate, de nombreux partisans du Vermontais se posent des questions et ne savent pas pour qui ils voteront.

 

Puis vint Donald Trump

 

Et cela, Donald Trump le sait et veut en profiter. Autoproclamé candidat antisystème, le milliardaire new-yorkais profite du grand nombre de candidats faisant partie de l’establishment dans la primaire républicaine pour en sortir vainqueur. A partir de là, la machine est lancée. En effet, son discours franc et iconoclaste convainc et l’homme d’affaires fait un appel du pied aux électeurs de Sanders ne voulant pas de Clinton. Cependant, peu nombreux sont les partisans du sénateur du Vermont à se tourner vers Trump. Les idées proposées par les deux candidats sont effectivement drastiquement opposées, probablement trop.

En sus de critiquer l’appartenance de Clinton au système, le New-Yorkais remet aussi en cause le fait qu’elle « fait cela depuis trente ans ». C’est ce qu’il dit lors du premier débat entre les deux candidats, en ajoutant : « pourquoi ne pensez-vous aux solutions que maintenant ? ». Il critique également, comme Bernie Sanders, la position prise par Clinton sur la guerre en Irak en affirmant que cette invasion a été « la plus mauvaise décision de l’histoire de notre pays ». C’est entre autres pour ces raisons que Bernie Sanders et Donald Trump ont été qualifiés de populistes. En effet, les attaques envers les actes qui ont rendu Hillary Clinton impopulaire sont simples, mais diablement efficaces, tel que l’on a pu le constater mercredi dernier.

Alors, au lieu d’ergoter ad vitam æternam sur la victoire de Donald Trump, sa capacité à régner sur le pays le plus puissant du monde ou les leçons à tirer de son élection, attendons. Et penchons-nous pendant ce temps sur les raisons de la défaite d’Hillary Clinton et les points noirs de sa personnalité, afin d’éviter qu’un tel scénario se reproduise en France…

The following two tabs change content below.
mm

Nicolas Schnorhk

Lycéen, suisse et profondément humaniste. Idéaliste à toute heure et fier de l'être.
mm

Derniers articles parNicolas Schnorhk (voir tous)

Submit a Comment