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La Hongrie plus que jamais divisée après le référendum

La Hongrie plus que jamais divisée après le référendum
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En Hongrie, le dimanche 2 octobre 2016 s’est déroulé le référendum sur le système européen de répartition des réfugiés. Le résultat a démontré une nouvelle fois un pays divisé, où semble apparaître deux réalités parallèles. Dans l’une le parti politique au pouvoir « Fidesz » est le grand perdant dû à l’invalidation du scrutin. Dans l’autre il est au contraire un succès pour le gouvernement Orban avec la victoire du « Non » à 98,3%.


 

« Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? », voici la question à laquelle les citoyens hongrois ont répondu le dimanche 2 octobre 2016. Le président hongrois Viktor Orban appartenant au parti politique conservateur Fidesz tablait sur un rejet massif des quotas de réfugié, dans le but d’adresser un message fort à Bruxelles.

 

« Le saviez-vous ? L’attentat terroriste de Paris a été commis par des migrants. »

 

Après plus de 2 mois de campagne, le gouvernement attendait avec impatience le résultat. Une campagne de plus de 15 milliards de forint (48 millions d’euros) durant laquelle le gouvernement n’a pas hésité à placarder dans toute la Hongrie des messages de type : « Le saviez-vous? Depuis l’arrivée des migrants en Europe, les violences contre les femmes ont augmenté ». « Bruxelles ou Budapest, telle était la question, et nous avons dit Budapest » s’est félicité le dirigeant hongrois. Avec la victoire du « Non » à 98,3% le président Orban associe ce référendum à un plébiscite. Une victoire légitime si on en oublie le taux de participation, avec seulement 40% de participation le référendum a été invalidé. En effet le scrutin devait atteindre un minimum de 50% de suffrages exprimés. Il semble que la stratégie établie par les différents partis de gauche appelant au boycott ait fonctionné.

 

Une division bien plus profonde 

 

A travers le référendum sur les quotas de migrants la Hongrie apparaît profondément divisée. Le résultat du scrutin ne fait que démontrer l’existence depuis longtemps de deux Hongrie qui s’opposent. Déjà lors de septembre 2015 avec l’afflux massif de migrants, Budapest fut le lieu d’opposition : accueil contre rejet des migrants. Au cours de l’année 2016 sur la place Lajos Kossuth de Budapest deux catégories de manifestations eurent lieu.

La première exprime son soutien au gouvernement Orban la deuxième au contraire fait part de son désaccord. Dans la deuxième on trouve principalement des hongrois pro-Europe, professeurs et étudiants qui luttent contre la réforme gouvernementale dans le secteur éducatif, revendiquent leur autonomie et refusent la mainmise du pouvoir sur les programmes scolaires.

Les manifestations contre le gouvernement de Viktor Orban ne sont pas récentes. En effet deux ans plus tôt, en 2014 est donnée l’idée d’une taxe sur l’utilisation d’internet. Une idée nettement rejetée qui a mobilisé près de 100 000 personnes à Budapest. Les mobilisations ont finalement eu raison du projet puisque l’idée d’une taxe internet fut abandonnée. 

Cette même année, le mémorial des victimes de l’occupation allemande a lui aussi été controversé. Pour le gouvernement il s’agit d’un hommage à l’ensemble des victimes de la Seconde Guerre Mondiale. Pour les opposants il s’agit au contraire d’un déni de l’histoire, selon lequel les Allemands sont présentés comme les seuls responsables du génocide, omettant ainsi que beaucoup de ces victimes furent déportées par les autorités hongroises. Si, pendant des semaines, des dizaines de protestataires ont démonté les palissades du chantier pour tenter de retarder sa construction, Viktor Orban l’a tout de même imposé.

Le référendum du 2 octobre 2016 montre une nouvelle fois une Hongrie divisée. On ne peut pas ignorer l’expression de 3 millions de personnes, tout comme on ne peut pas ne pas tenir compte de l’invalidité du scrutin. La question aujourd’hui est de savoir si ces deux Hongrie peuvent cohabiter voire s’il est possible d’unifier à nouveau le pays. Pour l’heure, la réponse ne semble pas être positive. Quel que soit le vote ou le non vote des personnes la Hongrie devra passer outre ces opinions si elle veut retrouver une unité.

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Joséphine Fonteneau

Etudiante en Sciences politiques, journaliste en devenir, en quête de voyages et d’aventures
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