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Un nouvel ordre mondial russe ?

Un nouvel ordre mondial russe ?
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Entre le conflit en Ukraine, l’implication en Syrie et les liens amicaux entretenus avec les partis populistes européens, la Russie est au centre des actualités. L’ours russe est redevenu un interlocuteur de taille et inquiète.


 

Le retour de la Russie sur la scène internationale

 

Vladimir Poutine a réussi l’un de ses paris : plus personne ne voit la Russie comme la puissance vaincue de seconde zone des années 1990. L’ère de Boris Eltsine, le président honni, qui a ridiculisé la Russie et l’a entraîné dans une décennie de crise économique et politique, est terminée. Au delà de ses démonstrations d’athlète slave, Vladimir Poutine est un homme de poigne qui donne le ton lors des rencontres internationales. Découvert en 1998 lors de la guerre qui opposait la Russie avec la Tchétchénie avec le fameux “nous irons chercher les tchétchènes jusque dans les chiottes”, c’est un dirigeant majeur en 2016, engagé dans plusieurs conflits armés.

L’actuel président russe inspire des sentiments mitigés en Europe, détestés par certains qui sont alors accusés de « russophobie », Vladimir Poutine incarne une nouvelle alternative pour d’autres : celui qui ne cède ni à Bruxelles, ni à Washington. Les russes ont vécu comme une humiliation le retour aux frontières d’avant 1721 et ont depuis surveillé leur « étranger proche » c’est à dire la Biélorussie, l’Ukraine ou encore la Géorgie. Ils sont méfiants notamment depuis l’extension européenne et de l’OTAN à l’Est de l’Europe qu’ils voient comme une menace.

 

Les interventions russes actuelles

 

D’abord en Ukraine, c’est actuellement sur le dossier syrien que le pays se fait entendre. En bombardant depuis 2015 les zones tenues par les opposants à son allié syrien Bachar el-Assad, la Russie empêche toute résolution du conflit en s’opposant aux quatre autres membres du Conseil de Sécurité de l’ONU (France, Etats-Unis, Angleterre et Chine) mais aussi à d’autres pays dont l’Allemagne qui souhaitent renverser Bachar El Assad. Ce dernier est accusé d’avoir tué une partie de son peuple depuis le début de la révolution syrienne en 2011. Par ailleurs, face aux critiques des conséquences humanitaires de l’intervention russe en Syrie notamment à Alep, les russes renvoient les occidentaux devant leurs responsabilités pour leur implication en ex-Yougoslavie ou en Irak.

Plus de la moitié des russes craignent une troisième guerre mondiale entre l’Occident et la Russie suite à la non résolution du conflit syrien, mais quasiment autant soutiennent l’intervention russe pour anéantir l’opposition de Bachar el-Assad. Par ailleurs, la Russie est impliquée dans un conflit qui s’enlise en Ukraine. Le rattachement de la Crimée à la Russie n’a toujours pas été reconnu par l’Union Européenne, et les régions à l’Est de l’Ukraine deviennent des zones de conflits gelées.

 

La crispation des relations entre la Russie et l’Occident

 

La France s’est élevée en accusant la Russie de commettre des crimes contre l’humanité en Syrie et François Hollande a alors refusé de recevoir Vladimir Poutine qui venait à Paris inaugurer une nouvelle cathédrale orthodoxe le 19 octobre dernier. Ce dernier a alors complètement annulé sa visite. Cela a soulevé maintes critiques au sein de la population, de certains intellectuels mais aussi de partis politiques populistes. Depuis quelques années, les partis populistes européens saluent la Russie pour sa politique souverainiste anti-immigration et entretiennent avec elle des liens politiques et économiques.

Les démonstrations de forces se multiplient aux frontières des pays baltes, dans l’enclave russe de Kalingrad (entre la Pologne et la Lituanie.) Plusieurs avions russes ont été interceptés ces derniers mois près de frontières européennes, notamment au large de la Bretagne en octobre dernier. Le conflit renaît entre l’Occident et la Russie, au point parfois de parler d’une nouvelle guerre froide. Ce n’est plus l’opposition entre deux idéologies – communisme-capitalisme- deux visions de l’Europe et du monde.

D’un côté, la Russie perçue comme souverainiste, protectionniste et à l’aune d’un nouvel Empire dont elle a rêvé depuis 1991. De l’autre, l’Occident qui vit en pleine mondialisation libérale avec une disparition progressive des frontières au niveau économique et politique en Europe. L’implication russe dans les conflits ukrainien et syrien montrent le retour du pays comme un acteur de premier plan dont les intérêts divergent de ceux de l’Europe ou des Etats-Unis.

 

Quel avenir diplomatique ?

 

Néanmoins, un gel des relations diplomatiques entre l’Occident et la Russie n’est pas une solution sur le long terme. Un dialogue doit s’instaurer afin de trouver une solution pérenne. La question des frontières à l’Est de l’Europe est plus que jamais d’actualité, et le rôle qui doit être donné à la Russie sur les questions internationales également.

L’élection de Donald Trump en tant que président des Etats-Unis implique une possible modification des rapports entre la Russie et les Etats-Unis. Donald Trump souhaitant se désengager de l’Europe et de l’OTAN, Vladimir Poutine peut être trouvé un allié qui lui ouvre la voie européenne.

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Pauline Maufrais

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Comments

  1. Alexandre J

    La première citation est fausse. Il n’est pas fait référence aux Tchétchènes en tant que tels. La citation est « Nous irons les tuer jusque dans les chiottes. » Soit vous mettez des crochets, soit vous citez la phrase correctement. De plus la question portait sur les « terroristes » donc le mieux serait de citer « On ira buter (les terroristes) jusque dans les chiottes. » (source Le Point.fr).
    Deuxièmement, il est fait mention que la Russie ait bloquée une résolution de l’ONU – il serait opportun de rappeler que la France comme les Etats-Unis ont le même jour bloqué un projet résolution Russe visant à faire cesser les combats en Syrie en général (la résolution française ne parlant que d’Alep). (source le Monde)
    Enfin, disparition des frontières? C’est au contraire un retour au frontière qu’on est en train de revivre! Regardez la suspension des accords Schengen par les pays, mais aussi le Brexit, La construction de murs par la Hongrie (membre de l’UE!). Bien que provisoires, ces événements mériteraient d’être mentionnés. La Russie laisse au contraire passer les réfugiés et migrants désireux de s’installer en Finlande (source le Figaro).
    Il aurait été intéressant de rappeler qu’un avion espion américain a été intercepté en Mer Noire le long des frontières russes, qu’un accrochage a eu lieu entre un avion américain et russe en Syrie et que les Etats-Unis ont présentés leurs excuses. (source – le Figaro pour l’accrochage en Syrie / Le parisien pour l’avion espion intercepté.)
    Il serait également également important de rappeler que l’OTAN multiplie les exercices à la frontière russe (et ce, avant le déploiement de missiles balistiques à Kaliningrad.) (Source – le site de l’OTAN)
    De plus, l’auteure ne semble pas être au courant des accords de libre échanges de l’Union Eurasiatique qui justement favorise le libre-échange et les déplacements sans visas dans les ex-républiques soviétiques. Si ce n’est pas une disparition des frontières on se demande.

    • Pauline Maufrais

      Bonsoir,

      Merci pour la précision sur la citation, c’est une erreur et cela doit être rectifié. Le fond du propos n’en reste pas moins inchangé sur la force de caractère, et la virilité exacerbée de Vladimir Poutine dès sa mise en avant sur la scène internationale lors de la guerre qui opposa la Russie et la Tchétchénie.

      La politique de l’OTAN et des Etats-Unis en Europe contribue à alimenter les tensions envers la Russie à cause des incidents diplomatiques que vous avez décrit, tout comme les Etats-Unis ne sont pas exempts de critiques pour leur politique au Moyen-Orient. Le sujet de l’article porte cependant sur le retour de la Russie sur la scène internationale et de sa stratégie, non pas de la politique de l’OTAN, même si je conçois tout à fait que cela permet de contrebalancer la peur de la menace russe.

      Par ailleurs, concernant le point des frontières que vous développez, l’article ne dit pas que la Russie rendait ses frontières hermétiques. Votre point sur les accords de libre échanges de l’Union Eurasiatique, qui me sont connus, peut aussi être perçu d’une autre manière et montrer une volonté russe de développer des liens plus soutenus avec ses anciens partenaires afin de retrouver l’influence d’autrefois dans ces régions. Toutefois, les frontières restent présentes et les visas également.

      La Russie laisse en effet passer les réfugiés dans les états nordiques, entrainant l’agacement de ces pays. Mais tout comme on ne peut pas dire que l’Europe est actuellement sans aucune frontière, comme vous l’avez justement indiqué, la Russie ne peut ni être considérée comme ayant des frontières hermétiques, ni être considérée comme allant vers un “sans frontières.”
      Par ailleurs, même si ce n’est pas le propos de l’article, le mur construit par la Hongrie a été condamné par la Commission européenne car même si les états membres doivent gérer leurs frontières cela doit se faire conformément au droit européen en matière de demandeurs d’asiles et de réfugiés.

      Concernant le blocage de la proposition russe à l’ONU par la France, les Etats-Unis et l’Angleterre (entre autres) cela s’inscrit dans un sujet extrêmement complexe sur la résolution du conflit en Syrie, avec des intérêts divergents selon les pays. La région présente des intérêts pour la Russie, accentués depuis le désengagement progressif des Etats-Unis. Néanmoins la résolution russe a été rejetée car elle n’impliquait pas la fin des bombardements aériens.

      Bonne soirée 🙂

      • Alexandre J

        Merci d’avoir répondu à mon commentaire et pris en compte mon propos.
        Je précisais ces points notamment pour nuancer un peu plus le portait qui est fait ici mais je comprends les choix éditoriaux faits bien évidemment.
        Cependant, quant à la guerre de Tchétchénie, ce n’était pas une guerre contre la Tchétchénie mais contre les rebelles islamistes de Tchétchénie de Maskhadov et d’autres (Emirat du Caucase et autres moudjahidines)(La citation de Poutine intervenant dans le contexte de la 2nde Guerre de Tchétchénie.)

        Je suis d’accord avec tous les points sur le fait qu’on parle ici de la Russie et non pas des Etats-Unis mais on ne peut comprendre la réaction de l’un sans mentionner les actions et réactions de l’autre. (Je parle notamment des placements de missiles à Kaliningrad ou encore des exercices répétés de l’OTAN.)

        Quant au point sur les frontières ce que je voulais préciser c’est que la Russie s’inscrit elle aussi dans cet optique de libre échange économique et de liberté de voyager des personnes. Les idées économiques sont libérales même si la Russie demeure conservatrice.

        Pour ce qui est de la résolution russe je pense qu’il aurait fallu citer exactement le dernier paragraphe de votre réponse qui à mon avis permet de nuancer les positions et de voir que tout n’est pas blanc et gris.

        La Russie ne s’oppose pas au leadership des USA pour imposer le sien sur tous mais pour créer un monde multipolaire (c’est en tout cas l’objectif affiché.)

        Encore une fois, merci d’avoir répondu et je suis heureux de savoir que vous saviez tout cela même si vous ne l’aviez pas mentionné dans votre article. J’aime ce pays et j’aurai voulu voir un point de vue plus nuancé que celui que l’on voit dans tous les MSM même si la Russie et son président ne sont pas exempts de critiques.

        En espérant un autre article sur la Russie!

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