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Rajeunir la classe politique : fausse bonne solution ?

Rajeunir la classe politique : fausse bonne solution ?
Ménélas Kosadinos

De nombreuses problématiques interrogent aujourd’hui notre système politique : suffit-il de faire appel à la jeunesse pour renouveler notre démocratie et répondre aux défis de demain ?


 

Dans un contexte de défiance à l’égard de la classe politique, la question du renouvellement de la classe politique est régulièrement pointée par les observateurs et les jeunes candidats qui cherchent à en tirer un bénéfice. On a l’habitude de s’insurger devant cette présidentielle, dont la plupart des prétendants étaient déjà présents en 2012, et certains depuis bien plus longtemps ; la majorité des leaders de la scène politique d’aujourd’hui est en effet présente dans le paysage depuis des décennies. Il faudrait opérer un renouvellement de la classe politique en souhaitant écarter ceux qui sont aux responsabilités depuis des années, et encourager la participation de la jeunesse pour changer les choses, transformer les réalités. Rajeunir la classe politique suffira-t-il à changer durablement les choses ?

 

Quelle jeunesse pour participer au renouvellement ?

 

Une partie des responsables politiques de haut rang, ou leur entourage (directeurs de cabinets, conseillers), reproduisent les mêmes cursus scolaires. Malgré une apparence méritocratique, les grandes écoles peinent à représenter toutes les couches de la société, et produisent bien souvent plus de gestionnaires que de penseurs. Elle pousse par ailleurs à la reproduction d’une vision carriériste de la politique alors qu’elle devrait être l’œuvre de chacun. L’idéal démocratique est profondément incompatible avec la professionnalisation de la politique, puisqu’elle conduit mécaniquement à une confiscation du pouvoir par une minorité. Sur cette question de la formation des élites politiques, deux chantiers semblent donc vitaux : garantir un accès équitable aux formations qui destinent aux postes de responsabilité, et mettre fin à cette logique de carriérisation qui mine notre démocratie. Bonne nouvelle, des candidats de droite comme de gauche prônent une limitation des mandats dans le temps, ce qui constituerait un premier pas. Mais le paysage politique de demain ne se dessine pas uniquement dans les prestigieuses écoles de la République.

Mouvements de jeunesse, syndicats partis politiques ou associations forment autant de structure d’engagement de la jeunesse qui déterminent en partie la façon dont elle fera de la politique dans le futur. Si une partie de la jeunesse engagée est motivée par la volonté de mener un combat pour des idéaux d’autres facteurs aux effets plus pervers peuvent pousser certains jeunes à intégrer ces mouvements, particulièrement au sein d’organisations politiques. Influencés par un contexte social qu’ils ne maîtrisent pas et parfois mus par une ambition personnelle largement célébrée dans une société individualiste, la réflexion ne semble pas être le coeur de l’engagement politique. C’est même ce qui est plutôt encouragé ;  il s’agit plus souvent de formater et de conformer – de « structurer » pour citer les termes employés dans certains de ces milieux – les jeunes recrues que d’attendre d’eux une révolution idéologique pourtant vitale aujourd’hui pour les partis qui ont perdu la confiance de l’opinion publique. Reproduire les schémas des anciens, concevoir la politique avec la même logique : le milieu manque cruellement de remise en question.

 

Renouveler les idées et pas les personnes

 

Il réside une véritable fourberie intellectuelle dans la conception selon laquelle un renouvellement générationnel remédierait aux défaillances de notre système politique. Pourtant, dans un contexte de défiance et d’incertitude, le visage de la jeunesse peut porter l’espoir alors que les solutions proposées ne changent nullement. Cette situation s’est ressentie avec l’hystérie médiatique autour de la jeune figure d’Emmanuel Macron qui a pour l’instant davantage proposé une image personnelle qu’un programme ; à l’inverse, Bernie Sanders, qui a été le candidat le plus âgé avait sans doute le programme le plus novateur et le moins consensuel de l’élection américaine. En clair, si Juppé n’incarne nullement l’avenir, c’est parce que son programme est un amoncellement de mesures qui ont maintes fois prouvé leur inefficacité, et non pas parce qu’il a soixante-et-onze ans.

Ne l’oublions pas, la jeunesse a un mot à dire : l’avenir la concerne plus que tous les autres, elle est au plus proche des transformations de la société et elle a bien sûr des choses à dire. Mais toute la jeunesse, de la même façon que tous les citoyens sont concernés, doit prendre sa part, et pas seulement une certaine frange de cette jeunesse. Loin des grandes écoles et en dehors des structures politiques conventionnelles, des millions de jeunes peuvent changer la France. Il faut néanmoins éviter de créer les éléments d’une lutte de générations, quand nous devrions lutter tous ensemble pour défendre le droit à un futur meilleur.

 

Cette absence de renouvellement s’inscrit dans une défaillance plus globale de notre système politico-médiatique qui fait primer les personnalités des candidats sur les idées qu’ils portent, comme l’illustre actuellement la primaire de la droite et du centre dont les programmes sont relativement similaires les uns aux autres. Mais en dehors des partis qui comptent quelques centaines de milliers de militants, des dizaines de millions de Français ont des idées, des projets, construisent l’avenir tous les jours. Il suffirait peut-être de leur donner la parole.

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Ménélas Kosadinos

Jeune rédacteur, lycéen en terminale dans les Yvelines. Engagé dans le milieu associatif, aime l'écriture et essaye de comprendre le monde.

Comments

  1. Antonin Van Der Straeten

    Ton niveau politique spartiate m’inflige Ménélas, pauvre Mantes désormais relativement peu Jolie, assommée par les arguments que tu nous infliges aussi lourds pèsent-ils. Tu es le tendon de celui qui t’a tué dans Troie pour ton camp et son idéologie !

  2. Antonin Van Der Straeten

    Non en réalité c’est un très bon article, bien écrit !

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