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Sophia Aram : « L’humour politique peut être une respiration utile »

Sophia Aram : « L’humour politique peut être une respiration utile »
Gaspard Claude

Connue notamment pour ses chroniques sur les ondes de France Inter, Sophia Aram propose également un spectacle d’humour intelligent et engagé. Rencontre.


 

Sniper de l’actualité tous les lundis matin sur France Inter dans la bande du 7h/9h de Patrick Cohen, Sophia Aram se produit également seule sur scène. Son spectacle d’une heure et demie est l’occasion pour elle de s’épancher plus longuement sur des sujets qui lui tiennent à coeur : de la vie politique générale à son rapport au Front national, en passant par les bobos ou encore les djihadistes, Zemmour, ou Ménard ; tout le monde réussira à en prendre pour son grade. Où comment l’humour peut nous amener à nous questionner sur notre société contemporaine. Un one woman show d’une bien-pensante qui n’est`pas toujours dans le politiquement correct (on vous assure que c’est possible).

 

« La seule surprise de la campagne présidentielle tiendra dans son degré d’ignominie »

 

Êtes-vous « enthousiaste » en cette grande année d’élections présidentielles (ne serait-ce – au moins – que pour l’inspiration que cela procure) ?

On pourrait se rassurer en se disant que « s’il n’est jamais sûr, le pire n’est jamais décevant », mais je crains quand même que nous ne restions dans un jeu politique qui n’apporte rien de nouveau, mis à part le fait de s’enfoncer un peu plus dans l’horreur, le populisme, le repli sur soi et le communautarisme identitaire. Quand j’entends Eric Ciotti se réjouir que « sa région n’accueille aucun migrant », je me dis que la seule surprise de la campagne tiendra dans son degré d’ignominie. Ce n’est réjouissant pour personne.

   

D’ailleurs, en 2016, que peuvent apporter les « humoristes politiques » dans le débat d’une campagne présidentielle ?

Les humoristes n’apportent pas grand-chose, on fait partie du paysage. Nous tentons de faire rire en mettant en lumière quelques contradictions, quelques incohérences. C’est une respiration utile pour les uns, agaçante pour les autres, mais son impact est dans le fond, très limité.

 

Dans votre spectacle, vous évoquez les attentats et particulièrement celui de Charlie Hebdo. Votre métier d’humoriste engagée a-t-il depuis, pris une toute autre dimension ?

Non, en basculant dans l’horreur, l’actualité a mis sur la table des sujets qui ont changé de nature. Ou en tout cas de niveau de gravité. Par contre, le travail reste le même. Rire en pointant la logique, la folie, les incohérences et la bêtise qui accompagnent ce genre d’événement et son traitement médiatique ou politique.

 

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Sophia Aram sur scène pour son spectacle « Le fond de l’air effraie »

 

« L’humour peut aider certains à se forger une opinion »

 

Sur scène, vous portez à bout de bras la liberté d’expression. Notamment à travers le droit au blasphème qui semble être un symbole pour vous. Alors la religion, tragédie humaine ou tragédie comique ?

Les deux bien sûr. En tant qu’athée et humoriste j’ai tendance à considérer la religion sous ces deux aspects. Ce n’est que mon avis et j’ai la chance de vivre dans un pays où il est possible de l’exprimer.

 

Malgré certains aspects négatifs des réseaux sociaux, internet est-il une arme qui va dans le sens de l’humoriste engagée ?

Les réseaux sociaux servent à tout. Y compris à exprimer des idées, des engagements et de l’humour. Il y a autant de merdes que de pépites. L’apport des réseaux sociaux c’est de permettre l’accès à des moyens de communication ouverts à tous qui, avant étaient réservés aux personnes « médiatisées ». C’est une ouverture qui est salutaire et qui permet à des personnes qui n’auraient pas pu le faire, de s’exprimer. Ayant la chance d’avoir un accès, même limité, aux médias, les réseaux sociaux c’est un espace complémentaire pour m’informer et pour m’exprimer.

 

Finalement, partager ses idées par le biais de l’humour, n’est-ce pas là le meilleur moyen de les propager ?

On les partage souvent avec des gens qui sont d’accord avec vous. Cela peut aider certains à se forger une opinion, mais je ne me fais aucune illusion sur l’impact réel.

 

Dans le film « Le nom des gens » (avec Jacques Gamblin), le personnage interprété par Sara Forestier couche avec les personnes de droite pour les faire changer d’opinion. On organise quelque chose avec Eric Zemmour ?

Oui bien sûr, et pourquoi pas un gang bang avec Wauquiez et Ménard ?

 

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Affiche du spectacle « Le fond de l’air effraie »

 

Sophia Aram continue sa tournée aux quatre coins de la France, retrouvez les dates ici

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Comments

  1. Timothé Perrier

    Belle interview, qui reflète vraiment l’état d’esprit que j’ai pu retenir d’elle et se son spectacle. J’ai deux fois été le voir, et même à un an d’intervalle, il reste un grand plaisir intellectuel. Un bol d’air frais sur l’actualité et les questions en découlent.
    Dans un langage très flatteur, je la définirais d’allégorie de la liberté d’expression. Car selon moi, mettre des limites à cette dernière serait déjà un pas vers l’autoritarisme, où le peuple ne pourrait être libre de pensée ?

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