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« Cher François… »

« Cher François… »
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Lettre ouverte au futur ex-Président de la République française.


 

Alors voilà, c’est officiel, tu renonces. Je ne te cache pas qu’ici, on a été plutôt surpris. Non pas qu’on t’imaginait à ce point accroché au pouvoir — après tout, lui-même paraissait vouloir t’éviter — mais plutôt car ta candidature semblait inéluctable, prête à prolonger la logique absurde des présidents briguant leur propre succession perpétuée par la Ve République. Il n’en fut rien, et là encore, tu nous as pris à contre-pied.


Décidément, l’évidence fuit cette année 2016. De Fillon à Trump en passant par le Brexit, les bookmakers n’ont même plus de quoi s’alimenter… heureusement, il reste encore un semblant de cohérence dans la vie politique hexagonale, ce cher Patrick ayant été mis en examen pour la quarante-cinquième année consécutive. C’est joli Levallois non ? Mais je te l’accorde, nous dérivons du sujet, bien que comme lui tu aies connu des jours meilleurs. Nous aussi, on ne va pas se mentir. Et justement, je tenais à prendre la plume au nom de quelques désabusés pour t’adresser une série de mots parfois censés, parfois moins… à l’image de ton quinquennat.

 

Je ne saurais te faire part de mes sentiments actuels. Ils sont mitigés. D’un côté, l’aveu d’un échec indéniable ; de l’autre, une forme de dignité qui t’honore indubitablement, et qui nous rappelle à ces brefs moments où l’on t’avait admiré, légitimant ce pourquoi dix-huit millions de Français t’avaient élu il y a de cela plus de quatre ans. Je pense bien sûr au mariage homo, actant (enfin!) le progressisme national que tu as toi-même défendu dans ton dernier discours. Je pense aussi aux attentats, ces instants douloureux où tu avais rassemblé les Français, allant même jusqu’à récolter l’approbation d’une partie du clan adverse. Il y a quelque chose en toi d’authentique, de sympathique, et il me paraît légitime de te le concéder. Si nous étions davantage intimes, je viendrais à ton chevet essayer de comprendre : comprendre comment tu es descendu si bas, atteignant ce seuil d’impopularité record que même Jean-François Copé n’aurait envisagé. C’est te dire si la chute est violente… Et pourtant, j’ai bien quelques réponses qui me montent à la tête.

 

Il y a eu tes affaires de cœur bien sûr, et on en viendrait presque à te considérer victime. Finalement, l’amour semble aussi compliqué pour toi que pour nous, citoyens lambda aux préoccupations frivoles. C’est tout toi ça ! Un président normal, celui que tu avais promis d’être. Mais comme bien souvent, la réalité a dépassé la fiction… de Cahuzac à Léonarda, de Trierweiler à Gayet, de Valls à Macron, de la déchéance de nationalité à l’inversion de la courbe du chômage… T’en as bavé, il faut bien l’avouer. Même la pluie s’en est mêlée, accentuant encore un peu plus cette idée de fatalité qui te colle à la peau à n’en plus se détacher.


Parfois, quand même, t’as déconné. Va donc demander à deux journalistes du Monde pourquoi tu leur as dit tout ça si ce n’est pour t’auto-flageller, histoire de justifier ta décision de l’autre soir. On t’attend là, et toi tu es ailleurs. C’est bien le problème, tu es ailleurs. Tantôt président, tantôt amant, parfois socialiste (parfois, seulement), mais souvent à côté de la plaque. De là à dire que ton impopularité grandissante est légitime, il y a un pas que je ne franchirai pas. Mais dans le fond, qui s’en soucie vraiment ?

 

5 mois. C’est à peu de choses près ce qu’il te reste au sommet du pays. C’est si peu et tellement à la fois, et je ne sais quoi te souhaiter pour ces dernières semaines. Tu pourrais évidemment procéder à une ultime réforme, mais le poids médiatique est tel que je comprendrais ta réticence à passer à l’action… c’est vrai, ça doit être lassant d’être lynché constamment. T’as pas grand chose à y gagner après tout, et comme l’affirment certains spécialistes, il y a fort à parier que ta cote remonte progressivement d’ici l’année prochaine. Du coup, je serais toi, je me ferais discret. De toute manière, les collègues « socialistes » risquent de te voler la vedette dans les jours qui viennent… c’est presque une bonne nouvelle pour toi.


T’as pas été le meilleur, c’est une certitude, mais je ne crois pas que tu aies été le pire non plus. On en reparle dans cinq ans, quand ton successeur aura labouré l’hexagone à grands coups de protectionnisme. Sur ce, il me reste à te souhaiter de bonnes vacances. Tu pars où cet été d’ailleurs ? Je t’aurais bien vu loin d’ici, fuyant les caméras à l’ombre d’un palmier caribéen… exotique, mais pas « normal ».

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Clément Zagnoni

Étudiant en licence de sociologie, passionné de musique et de sports. Je donne de l'intérêt aux choses qui n'en ont pas...
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Comments

  1. Simon Férelloc

    Le ton de cet article est très posé, et a selon moi, trop tendance à excuser en quelque sorte, François Hollande.
    Au final, le principal argumenr est qu’ « Hollande fut un président normal, à l’image des ses compatriotes, et qu’il fut systématiquement lynché par les médias ».

    Déjà,il serait utile de rappeler où en sont les français grâce à lui.
    9 millions de pauvres, plus de 5 millions de chômeurs, baisse du pouvoir d’achat, hausse des inégalités, flexibilisation du salariat… (à moins que l’INSEE ne soit qu’un institut de « lynchage »), rien de très enthousiasmant !
    On peut donc dire que la carrière politicienne de François Hollande, pur produit de l’appareil socialiste, ayant gravi les échelons de la politique politicienne, est aux antipodes du quotidient de millions de français !
    Le « président normal » repassera !

    Et la fin de l’article est assez surprenante. « Tu n’as pas été le meilleur, mais tu n’as pas été le pire ».
    Après avoir plombé l’économie, réviser certains acquis sociaux, pulvériser son camp, dégoûté les français… Il n’a pas été le pire ?

    Et le summum « on verra dans 5 ans » !
    Pile le leitmotiv des socialistes !
    « Votez pour nous CONTRE la droite et l’extrême-droite ». Pas un vote « pour » mais un vote « contre » ! Pathétique…
    En 2017, choisissez plutôt un vrai projet !

    Bonne continuation !

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