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Référendum Constitutionel en Italie : une défaite personnelle pour Renzi

Référendum Constitutionel en Italie : une défaite personnelle pour Renzi
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« J’ai perdu, et j’en prends toute la responsabilité » a déclaré Matteo Renzi après la victoire du « non » au référendum organisé dimanche dernier. Hier soir la décision est devenue officielle, le Président du Conseil italien a démissionné. Le référendum portait sur une réforme constitutionnelle, qu’il portait à bout de bras : mais pour lui, c’est une défaite incontestablement personnelle.


Ce dimanche 4 décembre, les italiens étaient appelés aux urnes pour donner leur avis sur une réforme de leur Constitution. Celle-ci prévoyait notamment une réduction du nombre de députés ainsi que la suppression des 110 provinces italiennes. Le pouvoir exécutif y était également renforcé : grâce à la nécessité d’une majorité plus forte au Sénat pour élire le chef de l’Etat, celui-ci était rendu ainsi plus légitime.

L’Italie a connu 60 gouvernements depuis 1946 – contre 42 en France sur la même période par exemple. La réforme avait donc pour but de rendre plus stable un gouvernement italien aux remaniements fréquents, et d’amoindrir le rôle du Sénat par rapport à celui de la Chambre des députés. L’idée n’a pas séduit les italiens qui ont voté « non » en majorité, Matteo Renzi a donc été contraint de démissionner.

 

Peut-on expliquer les raisons de cette défaite ?

 

Plus que la réforme elle-même, c’est la tournure très personnelle qu’à pris le vote qui a fait pencher la balance. Se transformant en vote de confiance vis-à-vis de Matteo Renzi, le référendum à laissé s’exprimer le mécontentement de la population italienne.

L’insatisfaction des italiens étaient surtout attisée par les partis populistes comme le Mouvement Cinq Étoiles, favorable au « Non ». La popularité de son opposant principal, Beppe Grillo, le leader du mouvement est sans doute une des causes de ce désaveu de la part de la population. Ce dernier s’est en effet engagé très vivement contre le Président du Conseil, le traitant même de « truie blessée »

Après avoir mis son poste en jeu, Matteo Renzi s’est beaucoup investi dans la campagne du référendum. Il s’est déplacé à travers le pays pour promouvoir le « Oui », mais cela n’a pas suffi.

 

Quel futur l’Italie peut-elle envisager après le référendum?

 

Si les marchés européens étaient inquiets du résultat de ce vote, craignant l’instabilité politique qui aurait pu s’installer outre-Alpes, c’est bien sur le futur de l’Italie que se pose les regards désormais. Quelle formation pourrait prendre la place abandonnée par l’exécutif italien en déroute?

Bien sûr le nom du Mouvement Cinq Étoiles, qui contrôle d’ores-et-déjà Turin et Rome, est sur toutes les lèvres. Un sondage plaçait avant le référendum le parti de Beppe Grillo juste derrière le PD (centre-gauche) de Renzi et nul-doute que cette situation va tourner à l’avantage du mouvement. Cependant, ce n’est pas le seul parti populiste à pouvoir profiter de la défaite de la majorité.

Marine Le Pen signifiait dans un tweet son soutien à Matteo Salvini, le leader de la Ligue du Nord et saluant la décision des italiens de « désavouer l’UE et Renzi ». La Ligue du Nord avait fait campagne pour le rejet de la réforme constitutionnelle, mais situé plus à l’extrême-droite du spectre politique, elle reste plus à l’écart des prétentions au pouvoir. Il faudra cependant tenir à l’œil cette force politique montante qui menace le Mouvement Cinq Étoiles.

 
Ce qui est sûr pour nos voisins italiens, c’est que la leçon du Brexit et de l’investissement de personnalités comme David Cameron n’est pas encore bien rentrée. Il faudrait peut-être aussi faire plus attention aux détails d’une réforme plutôt qu’à la formation qui la propose pour voter pour une mesure et pas contre une personne.

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Pierre-Ulysse Gorzkowski

Jeune rédacteur de 16 ans, je suis en Terminale L et je me passionne pour le monde des médias. J'ai envie d'élargir ma culture, et m'intéresse donc à tout ce qui m'entoure, la politique, la culture ou encore tout ce qui peut se passer à l'international.
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