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Tchernobyl: symbole du risque nucléaire

Tchernobyl: symbole du risque nucléaire
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Après trois décennies, le nouveau sarcophage installé autour du réacteur endommagé tourne la page de l’explosion qui a eu lieu en Ukraine. Les conséquences climatiques et démographiques, qui persistent jusqu’à nos jours, montrent les répercussions de Tchernobyl dans la confiance accordée au nucléaire.


 

L’historique d’une catastrophe

 

Cette année marque les 30 ans de la catastrophe écologique de Tchernobyl due à l’explosion du réacteur nucléaire numéro 4 le 26 avril 1986. Le 29 novembre 2016, Petro Porochenko le Président ukrainien, est venu inaugurer le nouveau sarcophage. Installé au dessus du réacteur, il doit contenir ses effusions radioactives pendant 100 ans. Il a été conçu par la société Novarka en co-entreprise avec BTP Vinci et Bouygues, et est perçu comme un fleuron de l’ingénierie française. La construction de cette arche de confinement qui a coûté 1,426 milliard d’euros, a débuté en 2012 pour pallier aux défauts du sarcophage construit en urgence en 1986.

Tchernobyl, situé à la frontière biélorusse et à 110 kilomètres de Kiev, est encore aujourd’hui une zone d’exclusion. C’est l’histoire d’une catastrophe humaine, écologique et idéologique qui s’est produite dans la centrale Lénine le 26 avril 1986 à 1h23 du matin. Suite à un essai ayant lieu sur le réacteur numéro 4, déjà fragilisé et ne répondant pas aux normes de sécurité, une explosion a lieu laissant échapper un nuage radioactif dans l’atmosphère composé de césium et de plutonium. Il faut 10 jours pour éteindre l’incendie dans le réacteur, qui entraîne la mort de 28 pompiers dans les semaines suivantes.

 

Les lendemains qui déchantent

 

Une zone d’évacuation de 30 km autour de la centrale se constitue progressivement. En conséquence, Pripyat, la ville la plus proche située à 3 km, est vidée de ses 48 000 habitants le 27 avril. Ils sont par la suite relogés dans une ville construite en urgence: Slavoutich. En tout, entre 200 000 et 210 000 personnes sont déplacées de cette région. Dans le même temps, en quelques jours, le nuage parcoure les trois-quarts de l’Europe. L’inquiétude gagne cette dernière qui reçoit des données élevées de radioactivité, mais sans avoir eu la confirmation d’un accident par le pouvoir soviétique. Plus de 150 000 km2 sont contaminés en Ukraine, Biélorussie et en Russie. Enfin, le 30 avril l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) reçoit une confirmation de l’explosion.

Il faut attendre le 14 mai pour que Mikhaïl Gorbatchev, à la tête de l’Union Soviétique, face une allocution télévisuelle pour annoncer publiquement l’explosion de Tchernobyl. Son intervention concrétise sa nouvelle politique de « Glasnost » c’est à dire de transparence de l’Etat soviétique vis-à-vis de sa population.

Six cents mille ouvriers sont mobilisés pour colmater la fuite et pour construire un sarcophage en béton haut de 30 mètres autour du réacteur. Ainsi, un combat se met en place et des banderoles sont affichées sur les réacteurs avec inscrit « le peuple soviétique est plus fort que l’atome

 

Organiser l’après Tchernobyl

 

Rapidement, le sarcophage conçu pour durer trente ans présente des faiblesses et l’Ukraine, indépendante depuis 1991, doit prendre le problème en main. Dès 1991, le gouvernement ukrainien fait un premier appel d’offre pour reconstruire un sarcophage. En 1999 les premiers travaux de renforcement sont entrepris financés principalement par les pays européens, la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD.)

Progressivement les trois autres réacteurs sont arrêtés entre 1991 et 2000. Une nouvelle arche est construite à partir de 2012 haute de 108m, longue de 162m avec une portée de 257m. Elle doit résister aux aléas climatiques pour ne pas libérer les 190 tonnes de magma radioactif qui sont confinés dans le réacteur.

C’est un nouvel espoir pour l’Ukraine qui espère tourner la page de cette catastrophe nucléaire grâce à une sécurisation du site. Les conséquences sanitaires de Tchernobyl ont été évaluées à environ 100 000 décès dus à la catastrophe, une augmentation des cancers mais également des malformations chez les nouveaux-nés. Ainsi, l’ONU considère que neuf millions de personnes à travers le monde ont souffert de cette catastrophe.

 

Une prise de conscience sur le risque nucléaire

 

La perception concernant le risque nucléaire a évolué, même si Tchernobyl n’était pas le premier accident dans une centrale nucléaire. Un événement similaire avait eu lieu Pennsylvanie en 1979. Ainsi, le risque 0 du nucléaire n’existe pas comme l’a rappelé la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon en 2011. Tandis que la maîtrise de la technique est fondamentale, les sites nucléaires dont l’entretien coûte cher ne sont pas tous en bon état.

Dans le cadre des débats sur le nucléaire, l’Allemagne a entamé sa reconversion et des inspections ont lieu dans plusieurs pays européens dont la France pour vérifier la viabilité des centrales. Cependant, les alternatives au nucléaire sont sujettes à débat. Ainsi, l’Allemagne qui a entamé depuis 2011 une politique de retrait du nucléaire a augmenté ses émissions en CO2. En France, la centrale de Fessenheim a fait état de plusieurs anomalies et incidents depuis 2000. En 2012, François Hollande avait promis sa fermeture pour 2016, mais cela a été repoussé à fin 2018. Enfin, dimanche dernier la Suisse a dit non à 54,23% à un retrait du nucléaire lors d’un référendum organisé par le parti des Verts.

 

Tchernobyl a entraîné une prise de conscience par rapport au nucléaire, les conséquences sanitaires et écologiques perdurant encore aujourd’hui, relancées par la catastrophe de Fukushima en 2011. Cependant, le débat sur le nucléaire reste complexe. Les alternatives énergétiques actuelles ne remplissent pas les exigences de protection de l’environnement et supposent des coûts financiers élevés.

 

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Pauline Maufrais

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