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Qui va récupérer les voix d’Alain Juppé ?

Qui va récupérer les voix d’Alain Juppé ?
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Depuis la défaite d’Alain Juppé, le centre, dans sa plus large définition, a perdu de loin le candidat plus prometteur. Après la déception, pour ses militants et ses électeurs, c’est l’heure du choix.


 

A qui le résultat profite-t-il ? 

 

Le 27 novembre 2016, les électeurs de la droite et du centre nommaient François Fillon comme porte flambeau de l’alternance. Alors que depuis des mois, les instituts de sondage et les experts ne voyaient qu’Alain Juppé comme vainqueur contre Nicolas Sarkozy au second tour, c’est le troisième voire le quatrième homme de la primaire qui gagne haut la main et avec une facilité déconcertante.  A qui le résultat profite-t-il ?

Certainement pas à Marine Le Pen. En effet, une victoire d’Alain Juppé aurait fait fuir une partie de la droite conservatrice du parti LR vers le FN ; maintenant que c’est Fillon le gagnant, Marine Le Pen aura bien plus de mal à adoucir son image et à se différencier en même temps de François Fillon. Si Alain Juppé et les élus qui le soutenaient se plieront à la règle de la primaire et soutiendront Fillon, cela pose plus de problèmes du côté des militants et des votants de Juppé qui ne se retrouvent absolument pas dans les idées de Fillon. En effet, la ligne conservatrice de l’ex-Premier ministre n’a rien à voir avec celle dite progressiste de d’Alain Juppé. Cette dernière est plus proche des idées de Bayrou ou des progressistes comme Macron.    

Les profiteurs de ce scrutin se trouvent donc au centre. Les centristes voyaient Alain Juppé comme le messie du centre. Sa ligne modérée à la bordelaise, donnait l’espoir de voir un président proche de leurs positions politiques et économiques. Sa défaite va surement obliger François Bayrou (qui avait pourtant tout fait pour qu’Alain Juppé gagne) à se représenter. Malheureusement, le chef du Modem n’a pas la même popularité que Juppé et ne bénéfice pas de la puissance de campagne du parti LR.

 

Peut-être à Emmanuel Macron

 

En attendant, un homme se frotte les mains : c’est Emmanuel Macron. À peine, les résultats du premier tour annoncé, alors qu’Alain Juppé n’avait pas encore tout à fait perdu, l’ancien ministre de l’Économie a rappelé ses convergences avec Juppé et appelé les soutiens de ce dernier de le rejoindre. Puis, une fois la victoire de Fillon confirmé, c’est François Bayrou qu’il courtise, lui demandant de le rejoindre. Pour Macron, c’est clair : pas question de voir le centre et ceux qui souhaitent voir un autre visage à l’Élysée d’être divisés, il ne doit y avoir qu’un seul candidat qui représente ce regroupement d’électeurs, et ce candidat, c’est lui !

Emmanuel Macron présente en effet un atout de taille par rapport à François Bayrou : il est jeune et c’est un électron libre qui peut séduire un électorat lassé par les politiciens actuels. En Marche a des allures de start-up qui séduit les jeunes, l’immense diagnostic de la Grande Marche montre le sérieux du mouvement aux Français, et Emmanuel Macron avec son expérience et son réseau, rassure les patrons. Néanmoins, son image de traître vis-à-vis d’Hollande, le fait qu’il est lui aussi un énarque et qu’il n’est en rien un candidat anti-système, l’affaiblit dans son image de révolutionnaire. De plus, il n’a pas encore de véritables programme, ce qui rend floue sa position politique. Ce manque de programme rebute les juppéistes, qui lors de primaire estimaient que Macron ne pouvait être président de la République, car il n’avait aucune expérience ni de ligne claire sur la diplomatie extérieure, premier rôle pourtant du chef de l’état.

Or n’est-ce pas sa force ? Le fait que son programme soit encore en construction évite de donner une position trop claire qui pourrait repousser une partie de son électorat potentiel, notamment les juppéistes. Néanmoins, cet avantage n’est que très provisoire. Macron ne pourra pas faire campagne sans programme. D’ailleurs les choses commencent à bouger de ce côté-là. Une ébauche de son programme et de celui des militants d’En Marche est disponible sur internet depuis le 29 novembre : vision-macron.fr

Nul doute que la droite progressiste d’Alain Juppé aura du mal à soutenir la droite conservatrice de Fillon. Les candidats comme Macron bénéficieront sûrement d’un apport de voix non-négligeable grâce à la défaite du maire de Bordeaux ; mais si l’ex-ministre de l’Economie veut optimiser au maximum cet apport, il devra casser le clivage gauche/droite en limitant les dégâts. Tache très ardue qui attend le candidat et son mouvement.

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Martin Rabaud

Bordelais de 17 ans, étudiant en première année d'école de commerce. Curieux de l'actualité politique, économique, sociale et internationale.

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