Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Les 10 albums qui ont marqué 2016

Les 10 albums qui ont marqué 2016
La Rédaction

Nous ne pouvions y échapper. Après avoir consacré le cinéma et les sportifs, Radio Londres rend cette fois-ci hommage aux dix artistes qui ont marqué l’année 2016 de leur empreinte. Rap ou rock, chanson française ou internationale, tous sont réunis dans ce classement. Des albums à (re)découvrir pour commencer 2017 en musique.


 

1. David Bowie – Blackstar

Dans la grande valse des disparitions tragiques qui ont frappé le monde de la musique pendant l’année, David Bowie a, à notre plus regret, été l’un des principaux danseurs. Mais avant de nous quitter, le caméléon nous a offert un dernier album, Blackstar, sorte de testament qui clôture sa longue carrière aussi excentrique qu’hétéroclite. Vingt-cinquième opus de la star britannique, cet album concis est empli d’une atmosphère morbide et hypnotique, qui lui confère son rôle testamentaire. Le texte est résolument nostalgique et la voix fragile, cet album se présentant comme la dernière œuvre d’un génie qui se sait condamné. L’autobiographie d’un génie à la virtuosité infinie ; notre plus bel album de l’année 2016.

 

2. La Femme – Mystère

Trois ans après Psycho Tropical Berlin, le groupe La Femme est revenu, après une tournée harassante, avec son second opus, Mystère. Du mystère, il y en a dans ce long album – de plus d’une heure dix – qui nous fait voyager à travers une galerie de personnages et surtout des genres plus éloignés les uns des autres. Qu’il nous fasse rire – comme dans le titre délirant Mycose – ou nous rende plus nostalgique – avec l’innocent morceau Septembre – le groupe ne peut laisser indifférent et frappe par sa maturité. Une pop électrique, brillamment servie par son duo de chanteurs et ses synthés, bien loin d’une chanson française traditionnelle et trop souvent édulcorée.

 

3. Grand Blanc – Mémoires Vives

Sorti en février dernier, Mémoires Vives est le premier album du groupe Grand Blanc, quatre messins d’origine qui nous livrent une lente partition teintée d’un désespoir et d’une noirceur, qui reflètent la futilité d’une vie, avec ses joies et surtout ses peines. Libre car (presque) dénué d’inspirations, cet album se teint de mélancolie et de noirceur en mettant en avant les fantasmes d’un monde âpre et dangereux. La chanson Summer Summer en est le plus bel exemple, en montrant les illusions qui se concentrent pendant la période estivale et meurent lentement à l’approche de l’automne. Du brouillard musical ressort pourtant des fulgurances vocales ou mélodiques, qui offre à ce premier opus un côté jouissif, dont personne ne peut ressortir indemne.

 

4. Nekfeu – Cyborg

2016 fût une grande année pour Nekfeu : la confirmation de son premier opus Feu, sorti en juin 2015 ; de nombreux featurings et une tournée à guichets fermés. Pour la terminer en beauté, le rappeur des Alpes-Maritimes nous a offert, le 1er décembre dernier, un album surprise, Cyborg. Il y invite entre autre le S-Crew, Alpha Wan, Sneazzy et Jazzy Bazz. Cet album s’inscrit dans dans la continuité des morceaux les plus sombres de Feu. Le Fennec étale sa technique et son verbe sur des instrus oscillant entre minimales – comme sur le titre Humanoïde – et old school. Dans cet album, il n’hésite pas à s’engager contre les politiques ou notre société régie par l’image, notamment dans le morceau Réalité Augmentée. L’ambiance générale est mélancolique, sérieuse et presque oppressante. Malgré l’absence de tube et de promotion, c’est un succès incontesté puisque l’album a été certifié disque de platine en deux semaines seulement.

 

5. The Weeknd – Starboy

Impossible pour vous d’avoir loupé The Weeknd cette année si vous êtes un amateur de musique. Son retour sur le devant de la scène est marqué par la volonté de changer les codes de la pop, et ainsi lui offrir une facette plus sombre, bien à l’image de l’artiste. L’album de 18 titres peut paraître lourd de prime abord. Pourtant, chacun des morceaux de l’opus semble trouver sa place. On notera quand même la participation de Diplo du groupe Major Lazer et de Max Martin, qui apportent une nouvelle variété à la composition, ce qui la rend encore plus intéressante. Avec ce dernier opus, Abel Tesfaye passe clairement à la vitesse supérieure. Starboy est une sorte de métaphore pour avouer que même s’il a vendu son âme au diable – en intégrant « l’industrie musicale » qu’il dénigrait – et qu’il a lâché le monstre qui était enfoui au plus profond de lui, c’est toujours sa part d’humanité et ses sentiments qui le sauveront toujours.

 

6. Kanye West – The Life of Pablo

Sorti en février 2016, The Life of Pablo effraie. Dix-huit pistes et un nombre hallucinant de featurings qui pourrait faire pâlir My Beautiful Dark Twisted Fantasy – Rihanna, Frank Ocean, The Weeknd, Kendrick Lamar, Chris Brown, Chance The Rapper, Kid Cudi, Desiigner, et bien d’autres encore , tout ceci en fait un album partiellement assommant. Et pourtant, l’artiste nous montre qu’il est toujours là. Parfois trop en retrait par rapport à ses invités, Kanye West est en revanche au centre de The Life of Pablo au niveau des paroles : le génie et la célébrité sont de nouveau deux thèmes centraux et nous montre toute la complexité d’un rappeur qui n’en est plus vraiment un. Oui, Kanye West est égocentrique et nombriliste. Et pourtant, il est bien le seul à pouvoir créer à partir de sa propre suffisance pour nous ouvrir un album puissant et sincère.

 

7. Kery James – Muhammad Alix

Coup de poing. Choc. Nécessaire. Les qualificatifs manquent pour qualifier le sixième opus du rappeur Kery James. Muhammad Alix est plus qu’un simple album. C’est la réponse à un système politique sécuritaire, apathique voire raciste. La plume acérée et le regard lucide de l’artiste nous glace le sang. Sans donner de véritables réponses, sans émettre de jugements, Kery James veut avant tout responsabiliser, montrer qu’il est possible de dire non et de ne plus voter par rejet. Il veut aussi avertir les politiciens, de la violence qui pourrait exploser et du réveil citoyen. Grâce à une rhétorique cynique, l’artiste engagé nous offre un véritable album pamphlétaire et met en valeur tous les maux de la société.

 

8. Solange – A Seat At The Table

« Envoûtant » est certainement le meilleur adjectif pour décrire A Seat at The Table de Solange. Son troisième album nous surprend par sa fraîcheur. Solange ne court pas après le succès et la célébrité, mais s’impose en revanche comme la figure de proue d’une soul moderne, déviante et radicale. Ce nouvel opus retrace et explicite les problèmes raciaux qui sévissent dans la société américaine. La sœur de Beyoncé y parvient en donnant un réel fil conducteur à son œuvre, lui donnant alors une autre dimension et parvient ainsi à nous faire voyager. Elle se veut porte-parole de la communauté afro-américaine qui souffre de la persécution et le fait avec brio dans un album très sincère et particulièrement touchant. A Seat at The Table reste une des très belles surprises de cette fin d’année 2016.

 

9. Georgio – Hera

Un an après Bleu Noir, Georgio revient avec Hera, un album sous forme de revanche après les passages de dépression de l’artiste. Souvent critiqué pour la morosité de ces textes, l’artiste nous offre un album très différent de son précédent car plus personnel, comme en témoigne l’absence de featurings : la rage de Bleu Noir s’est transformé en l’espoir de Héra. D’un point de vue musical, le changement est tout aussi radical : la majorité des titres sont en acoustique, la voix du rappeur étant simplement accompagné d’une guitare. L’écriture soignée annihile les névroses de l’artiste : Georgio a grandi et plus que jamais compte dans le monde du rap hexagonal.

 

10. Kendrick Lamar – Untitled Unmastered 

Esthétique, dissonant, frappant : le dernier disque de Kendrick Lamar transpire d’intelligence et de maîtrise. Mêlant expérimentations et mélanges sonores déroutants, l’artiste s’amuse sur chaque seconde de l’album, croisant saxophones torturés, claviers tantôt appuyés tantôt pointus et répétitions vocales entraînantes. Certains morceaux sont totalement déconstruits, articulant voix féminines, coupures instrumentales, déferlement de basses et chuchotements rapides. Aucun morceau n’a de titre, si ce n’est un numéro et une date mystérieuse accolée ; chacune des pistes étant en réalité une ancienne démo datant de l’enregistrement de son précédent album To Pimp a Butterfly. Untitled Unmastered est une compilation de chansons abruptes aux accents funk, jazz, hip-hop et autres dérives psychédéliques, dont les paroles – souvent politiques – sont posées, presque lâchées, abandonnées à celui qui les écoute. Bien que difficile à écouter de prime abord, on en sort après quelques écoutes fasciné et toujours plus attiré par le cocktail sonore détonant et singulier concocté par le rappeur californien.

 

On a aussi aimé : AIM de MIA, Animal de Fakear, Woman de Justice, Lemonade de Beyonce, Magma de Gojira, We Got It from Here… Thank You 4 Your Service de A Tribe Called Quest, Everything You’ve Come to Expect de The Last Shadow Puppets, A Weird Exits de Thee Oh Shees, Recto Verso de Paradis, You and I de Jeff Buckley…

 

Classement réalisé à partir des classements personnels de Martin Pinguet, Louis Duconge, Steve Domer, Damien Bds, Théo Marc, Roméo Van Mastrigt et Simon Wautier.

The following two tabs change content below.

La Rédaction

Submit a Comment