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Benoit Hamon : lumière sur l’éducation

Benoit Hamon : lumière sur l’éducation
Claire Lebrun

Le 26 janvier avait lieu le meeting du désormais candidat désigné de la gauche à la présidentielle. Benoit Hamon a tenu un discours ‘’improvisé’’ qui tenait à réhabiliter un programme ‘’réaliste’’ et principalement axé sur l’éducation.


 

La montée en puissance de l’ancien ministre de l’éducation depuis son passage sur France 2 s’est confirmée dimanche soir lors de sa victoire à la Primaire de la Gauche. Jeudi, il tenait une grande forme au Palais des congrès, à Montreuil. Dans un discours ‘’improvisé’’ dû à la perte de ‘’deux paires de lunettes en 24h’’, Benoit Hamon a tenu en haleine un auditoire socialiste confiant et animé sur les sujets du travail, de l’écologie et de l’école. L’ambiance est bonne, Naima Charai, élue socialiste, annonce plus de 3000 militants présents, contre 800 au meeting de Manuel Valls qui se tenait au même moment, à Alfortville.

 

Benoit Hamon, la gauche pragmatique ?

 

Durant son discours, le candidat taxé d’’utopiste’’ par le camp adverse a su réhabiliter ses propositions dans un tour de force qui suit la ligne de son maître à penser ; ‘’partir du réel pour aller vers l’idéal’’, maxime signée Jean Jaurès. Paradoxalement, Benoit Hamon cite également Clémenceau quand il en vient à l’éducation ; ‘’les polytechniciens savent tout mais rien d’autre’’. Tenant une place centrale dans son discours, l’orateur déploie sa conception de l’école, celle de l’avenir, et précise qu’il n’est pas besoin de revenir sur le revenu universel dont ‘’on a déjà tant parlé’’. Vainqueur sur la bataille des idées, associé à Jeremy Corbyn comme à Bernie Sanders dont l’intéressé se revendique de la même ligne dans une interview au média Konbini, le candidat socialiste met le cap sur une école ‘’plus égalitaire’’, en phase avec ‘’la révolution numérique’’.

 

L’école de demain

 

Le 27 septembre 2016, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) plaçait la France ‘’championne des inégalités à l’école’’ au sein des pays de l’OCDE. Pour la figure de gauche en effet, en France, ‘’quand on est fils de cadre, on devient cadre’’. Dès lors, l’école devrait être un prisme de la liberté de choix plus juste et plus égale. Il précise : ‘’on doit orienter un élève sur ses capacités, ce que ne dit pas quelques notes en fin d’année de 3ème.’’ Egalement, ‘’à l’école, une faute culpabilise alors qu’elle devrait aider à apprendre. Il y a 150 000 décrocheurs, des dizaines de milliers d’élèves subissent l’école car ils n’y ont pas trouvé leur chemin.’’ Des propos largement applaudi par les partisans de la gauche. Peut-être même une référence à Céline Alvarez, auteur de l’ouvrage Les lois naturelles de l’enfant, qui prône une éducation alternative misant sur l’autonomie des élèves pour les rendre plus facilement acteur de leur vie, particulièrement à l’âge adulte.

 

Benoit Hamon propose in fine un programme de ‘’réformes’’, comme ‘’la limite de 25 élèves par classe’’ pour ne pas surcharger les professeurs et assurer une meilleure réussite aux élèves. Il souhaite également un ‘’service public d’aide aux devoirs’’ pour pallier les inégalités, mettre fin aux ‘’ghettos scolaire’’ et favoriser la mixité sociale en dialoguant avec le secteur privé et embaucher 40 000 enseignants sur cinq ans.

 

Celui qu’on surnomme le ‘’François Fillon de la primaire’’ pour son passage d’outsider à candidat officiel de son parti, a pu mettre en lumière des propositions de gauche parfois éludées du débat public par les représentants politiques phares. Si Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation, a accusé la droite du bilan catastrophique des inégalités scolaires, la réhabilitation du débat d’idées à gauche sur l’école ne peut qu’être bénéfique quant à la transition d’un enseignement qualitatif et accessible à tous.

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Claire Lebrun

En Master Histoire Afrique et Moyen Orient à la Sorbonne Paris 1. Mémoire sur les relations diplomatiques franco-saoudiennes.

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