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Carrie Fisher, noyée dans les étoiles

Carrie Fisher, noyée dans les étoiles
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« Les gens l’appelaient « la fille de Debbie Reynolds »… Maintenant ils m’appellent ‘la mère de la princesse Leïa !‘ » Debbie Reynolds, partie un jour après sa fille, évoquait ainsi Carrie Fisher. La plus célèbre princesse de la pop culture est partie le 27 décembre dernier des suites d’une crise cardiaque. 


 

A l’heure où les morts des icônes de l’adolescence de nos parents semblent s’enchainer, difficile de ne pas penser que 2016 marque la fin d’une certaine époque. Carrie Fisher, superstar des années 80, en plein revival grâce à une saga Star Wars ressuscitée, s’en est allée. Egoïstement, on pourrait voir dans sa disparition le départ d’une petite part d’enfance, l’adieu à des répliques savoureuses (« Pourquoi vous me suivez ? Vous avez peur que je ne vous donne pas un petit baiser d’adieu ? » « Autant embrasser un Wookie ! ») et à une scène culte en bikini fait de métal. Une ultime façon, dans les hommages, de limiter Carrie Fisher à ce qu’elle est toujours restée pour l’inconscient collectif : la plus célèbre princesse d’une galaxie très très lointaine.

« Les films ont été conçus pour rester à l’écran, plats, larges et colorés, vous rassembler devant leur histoire, et vous y entraîner jusqu’à leur fin pour vous libérer de nouveau en laissant votre vie inchangée. Mais ce film s’est mal comporté. Il s’est répandu hors du cinéma, hors de l’écran, et il a tellement affecté la vie des gens que ces derniers ont exigé des talismans et des artefacts pour rester indéfiniment reliés à lui. »

C’est ainsi que Carrie Fisher décrivait l’influence de Star Wars dans son dernier livre, The Princess Diarist (en VF « La Princesse chroniqueuse« ). Propulsée superstar à l’âge de 19 ans grâce au succès de La Guerre des Etoiles, l’actrice n’est jamais vraiment parvenue à détacher son image de celle de la Princesse Leïa.

La filmographie de Carrie Fisher s’étend pourtant bien au-delà des frontières de la science fiction : Hannah et ses soeurs de Woody Allen, la comédie romantique Quand Harry Rencontre Sally de Rob Reiner, ou encore Les Blues Brothers de John Landis. Des rôles dans des films cultes restés cependant secondaires dans une carrière à l’ombre de la saga de George Lucas.

Toujours stellaire et vibrante dans ses interprétations, baignée de la gloire de Star Wars, Carrie Fisher n’aura pas pu réaliser la carrière d’actrice que le succès de la saga lui promettait. Dans les années 80, des problèmes d’alcool et de drogues la tiennent à l’écart des plateaux de cinéma.

Mais Fisher ne s’éloigne par pour autant du monde hollywoodien. Elle exerce ses talents de scénariste dans plusieurs films : Sister Act, Hook la revanche du Capitaine Crochet ou encore du culte Bon Baiser d’Hollywood, adapté de sa propre autobiographie. Dans les années 2000, George Lucas lui demande d’être m’un des spin doctors des scripts de la prélogie.

« Quels sont vos conseils pour améliorer les dialogues ? »
« Rendre les femmes plus intelligentes et faire de meilleures scènes d’amour ».

Actrice et scénariste, Carrie Fisher fut aussi un écrivain de talent : son premier roman, le semi-autobiographique Postcards from the edge, publié en 1987, devint un best-seller. Elle poursuivit l’écriture jusqu’à son dernier livre, The Princess Diarist (2016). Chroniqueuse de ses propres excès, elle fut avant tout un auteur engagé. Elle-même atteinte d’un trouble bipolaire qui l’avait conduite à l’automédication, Carrie Fisher était une féroce avocate de la levée du tabou entourant les maladies mentales.

Féministe, brillante scénariste et actrice cultissime, Carrie Fisher restera malgré tout dans les mémoires en tant que Princesse Leïa. Le rôle d’une vie qu’elle assumait, et dont elle racontait les coulisses avec gourmandise . Dans son livre Whishfull Drinking, en 2008, Carrie Fisher relatait une discussion avec George Lucas sur le tournage de L’Empire Contre-Attaque. A l’époque, le créateur de Star Wars refusait que Leia porte un soutien-gorge en dessous de ses costumes. L’actrice, toujours furieuse des années après, analysait la scène avec la gouaille qui la caractérisait :  

« Il (George Lucas) l’a dit avec tellement de conviction ! Comme s’il avait été dans l’espace et observé autour de lui et remarqué qu’il n’y avait nulle-part de soutien-gorges ou de sous-vêtements.
‘Qu’est-ce qui se passe si tu vas dans l’espace ? Tu ne pèses plus rien.’ m’a-t-il expliqué. Alors jusqu’ici tout va bien n’est-ce pas ? Mais ensuite ton corps se dilate ? Mais ton soutien-gorge reste le même – donc tu es étouffée par ton propre soutien-gorge. »

Et de Carrie Fisher de continuer : « Maintenant que j’y pense, ça donnerait une fantastique épitaphe -donc, je dis à tous mes plus jeunes amis que peu importe comment je m’en vais, je veux qu’il soit rapporté que je me suis noyée dans les étoiles, étouffée par mon propre soutien-gorge. »

L’interprétation, les bons mots et le féminisme rassemblée en une même formule : c’était ça, Carrie Fisher. 

 

Carrie Fisher (21 octobre 1956 – 27 décembre 2016)  

Noyée dans les étoiles, étouffée par son propre soutien-gorge. 

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Alexandra Saviana

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