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Coupe du Monde : les petits enthousiastes, les grands plus sceptiques

Coupe du Monde : les petits enthousiastes, les grands plus sceptiques
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L’annonce a fait beaucoup de bruit. Ce mardi matin, la Fédération Internationale de Football Association a annoncé de manière officielle le passage de sa compétition phare, la Coupe du Monde, de 32 à 48 sélections participantes. Mais que va changer cette réforme, et surtout pourquoi est-elle si controversée dans le monde du ballon rond ? Éléments de réponse.


 

L’annonce était inéluctable. Mardi 10 janvier, le Conseil de la FIFA a voté à l’unanimité l’élargissement de la Coupe du Monde à 48 nations participantes, à compter de 2026. Aujourd’hui et depuis 1998, 32 équipes prenaient part tous les quatre ans à la compétition phare, réparties en huit groupes de quatre équipes. Cette formule était prévue pour durer, puisqu’elle s’est également imposée comme référence en Ligue des Champions notamment. Mais non, l’instance principale du football mondial (et son président Gianni Infantino en tête) a décidé de changer à nouveau. 

 

L’Afrique et l’Asie grands gagnants

 

L’objectif d’une telle réforme est d’accorder plus de place aux nations mineures au niveau footballistique, et de leur permettre de participer à l’événement sportif le plus suivi de la planète. En effet, cet élargissement permettrait à quelques pays peu habitués à participer à la Coupe du Monde de s’y installer durablement. 

La répartition des places attribuées à chaque confédération continentale changera elle aussi. Ainsi, l’Europe resterait toujours la zone la plus représentée, avec 16 pays qualifiés (contre 13 à l’heure actuelle). L’Asie et l’Afrique sont les grands gagnants de cette réforme, puisque leur nombre de qualifiés doublerait presque (passant de 4 qualifiés à 8 pour l’Asie ; de 5 à 9 pour l’Afrique). Des nations telles que l’Ouzbékistan, Oman, le Burkina Faso ou l’Éthiopie pourraient ainsi participer aux futurs mondiaux. Pour l’Amérique du Nord, 6 équipes seraient directement qualifiées, contre 3 actuellement. L’Amérique du Sud obtiendrait deux représentants supplémentaires (de 4 à 6), et l’Océanie s’inviterait même à la fête (un seul pays qualifié néanmoins…). À noter que ces données ne sont pour le moment pas officielles, la FIFA dévoilant son plan final en mai.

Le format de la compétition va lui aussi changer. En effet, nous aurons droit à seize groupes de trois équipes, dont les deux premières seront qualifiées pour les seizièmes de finale. La suite du tournoi sera elle plus « traditionnelle » jusqu’à la finale. De fait, le nombre de match joués par chaque équipe restera le même, à savoir sept pour remporter le trophée.

 

Une ouverture au détriment du niveau global ?

 

À première vue, cela parait logique : l’élargissement de la compétition va forcément avoir des conséquences sur son niveau global, qui baissera. En effet, l’accès à plusieurs nations vierges de toute expérience à ce niveau rendra les matchs moins spectaculaires, et les « chocs » entre grosse sélections absents du premier tour. Ces groupes de trois ne favoriseront pas le jeu d’attaque, et le spectre de revoir une équipe se qualifier en ayant concédé (ou obtenu) deux matchs nuls entrevu au cours du dernier Euro reviendra encore plus fort. La FIFA a évoqué une possible séance de tirs au but lors de la phase de poules, pour encourager les équipes à attaquer. Pas sûr que cette solution soit la meilleure…

Le quotidien « L’Équipe » a simulé une Coupe du Monde à 48 équipes en reprenant les résultats de la dernière édition (2014). Certaines équipe inexpérimentées à ce niveau y sont présentes, telles que l’Éthiopie, le Panama, la Jamaïque, l’Ouzbékistan ou la Jordanie. Certes, cette réforme constituera une formidable opportunité pour ces pays qui pourront rêver de se confronter aux meilleurs. Mais, sans faire injure à ces pays, un match Ouzbékistan – Qatar, Tunisie – Irak ou Sénégal – Honduras, tous proposés par le quotidien sportif, n’a rien d’une affiche digne de la compétition la plus prestigieuse de football.

Les éliminatoires, « pain quotidien » des sélections nationales, risquent d’être beaucoup moins intéressants si deux pays européens sont qualifiés dans chaque poule (actuellement, le premier est directement qualifié, le second doit passer par un barrage). Il y aurait moins de matchs « couperets », et les sélections possédant un vivier conséquent pourraient se passer de quelques joueurs, les laissant à disposition de leurs clubs. 

 

La Coupe du Monde, véritable poule aux oeufs d’or

 

Évidemment, et il fallait s’y attendre de la part d’une instance comme la FIFA, une Coupe du Monde à 48 équipes sera bien plus intéressante économiquement. Les premières estimations font état de 605 M€ supplémentaires de bénéfices par rapport à l’édition 2018 en Russie. L’intérêt économique de ce changement n’a d’ailleurs jamais été caché par Gianni Infantino. En effet, le nombre de matchs augmentera (passant de 64 à 80) sans que le nombre de jours de compétition ne soit changé (restant de 32). On jouerait alors quatre matchs par jour (reste à trouver un créneau qui convienne à tout le monde) contre trois dans la formule actuelle. Les droits TV seraient donc augmentés.

Les principaux acteurs du monde du ballon rond sont eux aussi divisés face à la question. Karl-Heinz Rummenigge, président du Bayern Munich, estime que « le sport est mis de côté, seule la politique compte ». D’autres personnalités influentes se sont exprimées contre cette réforme, comme Massimiliano Allegri (entraineur de la Juventus Turin) ou encore Joachim Löw (sélectionneur de l’Allemagne). Évidemment, les entraîneurs et joueurs des « petites nations » se sont montrés bien plus enthousiastes à l’idée de cet élargissement, défendant alors leurs intérêts.

Si cette Coupe du Monde à 48 est donc une réelle opportunité pour les nations plus modestes, elle parait complètement absurde pour les pays les plus aisés. Cette réforme s’apparente donc à un nouveau choix de la FIFA dicté par les billets plus que par l’intérêt sportif… 

CRÉDIT PHOTO D’ILLUSTRATION : AFP FABRICE COFFRINI.

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Elio Bono

Bordelais exilé en Espagne depuis deux ans et lycéen en Terminale ES. Grand amateur de politique française et internationale mais aussi d'économie et de sport

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