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Chloé Nabédian : Vent de fraîcheur et pluie d’infos dans la météo

Chloé Nabédian : Vent de fraîcheur et pluie d’infos dans la météo
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 Nous sommes 13 millions de français toutes chaînes confondues à regarder chaque soir un programme qui fête cette année ses 70 ans : le bulletin météo. Depuis un peu plus de trois mois, c’est un nouveau visage celui de Chloé Nabédian qui fait la pluie et le beau temps sur France 2, avec l’envie chevillée au corps de présenter la météo de façon différente. 


Habituellement  ce sont les expérimentés Evelyne Dhéliat, Louis Bodin et autres Laurent Romejko qui sans aucune perturbations délivrent depuis des décennies les prévisions météorologiques à la télévision. En août 2016, soit quatre mois avant le départ de notre Catherine Laborde nationale, France 2 a voulu miser sur la jeunesse en recrutant Chloé Nabédian 31 ans. Cette journaliste météo/présentatrice spécialisée dans les questions de l’environnement est notamment passée par Itélé qu’elle a choisi de quitter quatre mois avant la grève et les démissions de salariés en rafale.

Résultat : un accueil chaleureux de son nouvel employeur, accompagné par un déluge de critiques positives de la part des téléspectateurs. La météo, un sujet qui intéresse tous les français mais qui s’avère être une matière très complexe à manier. Pourtant par tous les temps, ce qui passionne Chloé Nabédian, c’est le fait de nous simplifier la compréhension des phénomènes climatiques.
Entretien avec une jeune journaliste qui derrière une timidité de prime abord, évoque sans détour son parcours, son métier, et son arrivée récente sur la première chaîne du service public.

Malgré la profession que vous exercez aujourd’hui, votre formation à la base était jalonnée d’études Histoire de l’art et d’études de commerce, comment passe- t-on des études du commerce à la météorologie ?

C’est à travers un stage que j’ai fait en école de commerce que j’ai découvert le métier de journaliste. Et j’ai eu un coup de cœur parce qu’il représentait absolument tout ce que je recherchais dans une profession. Le fait d’être dans la curiosité permanente, dans la recherche d’informations, de pouvoir la rétablir afin d’informer le plus de monde possible avec une certaine pédagogie. C’est simplement avec une école de commerce que j’ai compris qu’il fallait que je me spécialise dans un domaine. Et la chance que j’ai eu c’est que j’étais déjà passionnée par les sciences. C’est à travers un casting que j’ai fait pour la chaîne météo que j’ai été prise, et tout a démarré comme ça.

Vous n’entrez donc
absolument pas dans le cliché d’être passionnée par la météo  depuis l’enfance ou l’adolescence ?

Non je n’entre pas dans ce cliché là (rires). Je pense que c’est un domaine qui est un peu méconnu au début, mais plus on en apprend sur la météo, plus on adore en parler. Quand j’ai commencé j’étais à la chaîne météo,  je me suis rendue compte de tout ce que j’avais à faire. On faisait vraiment la météo de la même manière depuis 30 ans, 40 ans et il y avait vraiment un besoin, ou en tout cas une façon de faire qui pouvait être différente. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire la dedans, et je me suis vraiment prise de passion pour cette thématique.

Janvier 2013 vous rejoignez la chaîne météo, qu’avez-vous appris d’autre en passant par cette chaîne ?

J’ai appris tout le domaine météo/climat que je ne connaissais pas vraiment. Ça a été une formation énorme d’ailleurs, je n’ai pas été mise à l’antenne avant deux mois de formation parce que c’est un apprentissage assez compliqué. Au niveau de la géographie, du climat, de la météorologie, comment fonctionne  tout ça, il y a eu deux mois d’apprentissage assez intense. Ensuite, il y a le fait de présenter les bulletins et le fait de voir avec le fond vert comment cela fonctionnait, cela m’a demandé 3 autres mois. La démarche de la chaîne météo lors de mon recrutement c’était de transformer la matinale. Ils m’ont mis à l’antenne de la matinale et c’est là où j’ai commencé à comprendre que tous les domaines  étaient liés à la météo : les sports extrêmes, les voyages, les activités à faire pour les enfants, le corps humain. J’ai fait des petits reportages et des interviews de trois ou quatre minutes sur des sujets chaque jour. Et c’est là où j’ai compris  que l’on pouvait parler de la météo de façon complètement différente avec des sujets qui pouvaient toucher tout le monde. On se rend compte que tout le monde a une histoire avec la météo.

En arrivant sur Itélé en Mars 2014, vous devenez officiellement journaliste Météo, mais vous arborez une deuxième casquette : celle de présentatrice spécialisée dans les questions de l’environnement. Vous jouez toujours ce rôle sur France 2. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Aujourd’hui on parle tout le temps du climat, de la météo de ce qui se passe dans notre environnement. Et c’était justement une casquette assez naturelle à prendre dans la continuité de la présentation météo en l’abordant de façon scientifique. On peut présenter des bulletins météo avec des éléments que l’on peut expliquer de façon assez rapide, et pédagogique. La base de l’action c’est la météo, et la continuité c’est l’environnement. Il y a eu un coup de projecteur lors de la COP 21, c’est pour ça que j’ai pu développer tous ces sujets là, c’est complètement lié l’un à l’autre. Itélé m’a donné la chance de proposer des chroniques sur ces sujets et d’en parler dans mes bulletins. A chaque fois, je montrais des vidéos météo marquantes de phénomènes qui se passaient à travers le monde, pour sensibiliser un peu des conséquences directes du réchauffement climatique mais de façon détournée. J’expliquais qu’il est censé faire 2 ou 3 degrés à telle période, finalement ils sont en train de courir à Central Park sous 25 degrés…Petit à petit on fait entrer dans les foyers des choses qui se passent et qui ne sont pas forcément normales.

Est-ce que  vos attributions de spécialiste des questions environnementales concernent aussi le fait que vous animiez vous-même des tables tondes autour de ces questions ?

Oui il y a Green Cross et aussi les assises de l’énergie. Je n’ai jamais voulu faire de l’animation type remise de trophées parce que ce n’est pas quelque chose qui m’intéressait plus que ça. En revanche animer des tables rondes sur des sujets liés à l’environnement et au climat était important parce qu’on rencontre des personnes qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer. Et ça permet vraiment d’approfondir ses sujets, de donner des clés de compréhension et là j’ai appris énormément à leur contact. C’est la raison pour laquelle je continue à travailler auprès de ces associations qui veulent promouvoir le bien manger comme c’est le cas avec Green Cross. Sur l’importance de l’alimentation qui est cruciale, ou encore sur l’importance de la transition énergétique. Je ne m’occupe que de ça à côté de mes activités audiovisuelles.

Vous êtes passée par Itélé , chaîne frappée par une grève de 31 jours. Quel est votre sentiment sur ce conflit social, vous qui êtes restée deux ans dans ce média ?

C’est un tel gâchis…C’est une rédaction magnifique, passionnée qui bosse énormément et qui produit vraiment des sujets de qualité. Et vu ce qui s’est passé, on est dans un modèle où ils veulent que cela devienne une chaîne d’infotainement. Ils veulent des figures fortes et laisser un peu de côté la partie « reportages ». Quand je vois qu’il y a 80 de mes anciens collègues qui sont partis sur 120 c’est juste hallucinant. Ils (les journalistes d’Itélé, NDLR) sont partis et ils n’ont rien derrière quand même. C’est vraiment par manque total de synergie entre ce que propose Vincent Bolloré aujourd’hui, et ce que les journalistes voulaient apporter comme information. Après cette chaîne, une nouvelle chaîne va naître. Ce sera la future CNews qui n’aura rien à voir. Itélé a fermé définitivement ses portes cette année et pourtant c’était une très belle rédaction. J’ai un grand sentiment de tristesse par rapport à mes anciens collègues, et d’énorme de gâchis par rapport à ce qui s’est passé.

Vous êtes partie sur France 2 quelque mois avant la grève parce que cela ne se refuse pas ou parce que vous sentiez qu’à Itélé la situation allait se durcir ? Par ailleurs comment s’est passée votre intégration à France télévisions ?

Quand Nathalie (Rihouet, Chef du service Météo de France 2, NDLR) m’a contactée en février pour intégrer le service météo, on était loin d’imaginer ce qui aillait se passer. Non France 2 ça ne se refuse pas ! France 2 c’est un aboutissement énorme et d’ailleurs plus je découvre cette chaîne, plus je l’adore. C’est une chaîne assez incroyable et d’ailleurs. On peut à la fois y faire du journalisme scientifique le week end pour  les JT de Laurent Delahousse, présenter un  bulletin météo avec de l’information. En même temps elle permet de faire la pièce de théâtre avec les animateurs de France 2, de co-animer le téléthon aux côtés de Thomas Thouroude et Jean Baptiste Marteau à Montauban. Je pense que c’est l’une des seules chaînes dans  PAF où l’on peut faire tout ça.
Puis les gens sont vraiment très gentils, généreux j’ai été hyper bien accueillie. J’avais peur de ça au début, on tombe dans une grosse machine, on peut s’attendre à recevoir des coups de couteaux de partout et en fait…pas du tout. Tout le monde était ravi que j’arrive au service météo, on me l’a bien fait ressentir.

On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans et ça il va falloir que ça change », c’est la PDG de France Télévisions Delphine Ernotte qui s’était ainsi exprimée sur Europe 1  lors de sa prise de fonction. Est ce que vous pensez que votre recrutement  s’est inscrit dans une volonté de la chaîne de rajeunir ses incarnations ?

Je sais pas du tout si  ça fait partie de cette politique là, je n’ai pas fait partie des discussions en amont. Ce que je sais c’est que j’ai été repérée depuis deux ans par Nathalie Rihouet quand elle n’était pas à l’époque chef de service météo, elle était sous la houlette de Philippe Verdier. Quand  je l’avais rencontrée,  elle m’avait dit à ce moment là tout le bien qu’elle pensait de mon travail. Je ne suis pas convaincue que cela fasse partie de cette démarche en question. Je pense qu’il y a eu une occasion avec Tania Young qui partait à plein temps à Télématin, un besoin de recrutement. Et comme Nathalie voulait vraiment que je fasse partie de son équipe, elle m’a proposée et Alexandre Kara (Directeur de la rédaction à France 2, NDLR) a accepté, c’est comme ça que c’est parti.

Quand on voit sur les trois premières chaînes françaises , Evelyne Dhéliat, Catherine Laborde, Nathalie Rihouet, Laurent Romejko des présentateurs très expérimentés, vous êtes évidemment la plus jeune du haut de vos 31 ans. Votre façon de faire de la météo de façon différente comme vous nous l’évoquez dans cet entretien, elle se traduit comment concrètement ?

Elle se traduit par le fait d’apporter de l’information dans mes bulletins. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, je ne présente pas juste les prévisions météo mais je leur explique (aux téléspectateurs, NDLR)  les phénomènes qu’ils sont en train de vivre. Je leur donne aussi la possibilité de voir des images liées à la météo qui se passent à travers le monde. Je sais que ça a beaucoup marqué les téléspectateurs quand j’ai montré par exemple les chutes de boules de glaces en Russie. Et pour bien d’autres phénomènes extraordinaires qui se produisent, je les insère toujours dans mes bulletins. J’essaie toujours de me rapprocher au plus de leur intérêt. Dans le 13h, je mets des webcams des régions et beaucoup de températures dans certains villages.  Le soir, j’essaie plus d’apporter une sorte de décryptage ; comment se forment les brouillards, ce qu’il se passe aujourd’hui avec la pollution, et il y a également des images sur ce qui se passe à l’étranger.

Comment voyez-vous votre avenir sur France 2 ? Vous souhaitez uniquement rester dans le service météo ou est-ce que comme l’une de vos collègues Tania Young, vous avez envie de présenter d’autres émissions sur France télévisions ?

Je ne veux absolument pas quitter le service météo de France 2. C’est vraiment un rendez vous très important. En revanche en plus de la météo, j’ai envie de développer des émissions sur la météo, sur le climat sur le réchauffement climatique. Peut être développer une espèce de rendez vous en terre inconnue sur le réchauffement climatique ou un Ushuaïa du service public. Cette envie est présente pour parler d’avantage de choses qu’en 3 ou 4 minutes, ainsi continuer la météo et à côté faire cette émission ce serait pour moi le duo parfait.

 

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Junior Ekemi

Lillois, passionné de fiction, de sport , de lecture et de sorties culturelles.

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