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« Dalida », biopic d’une étoile en mal de vivre

« Dalida », biopic d’une étoile en mal de vivre
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Après Edith Piaf (La Môme), Serge Gainsbourg (Gainsbourg, Vie héroïque) ou encore Claude François (Cloclo), c’est au tour de Dalida de voir, 30 ans après sa mort, son histoire portée à l’écran. C’est la réalisatrice Lisa Azuelos (LOL, Comme t’y es belle) qui s’est attaquée au difficile exercice du biopic. Critique du film sorti ce mercredi sur nos écrans. 


 

Dalida raconte la vie de la célèbre chanteuse, de sa naissance en Egypte en 1933 à son suicide à Paris, un dimanche de 1987.

 

★★★☆ – À voir

 

« Paroles, paroles », « Bambino », « Besame Mucho »… Les tubes de Dalida sont parmi ceux qui se vendent le mieux chaque année et ce, malgré la disparition de la chanteuse il y a 30 ans. La raison ? Elle était avant tout une femme, Iolanda Gigliotti, avant d’être une artiste. 

Le spectateur est donc invité, comme le suggère l’affiche du film, à découvrir le quotidien de Dalida, celui qu’elle vit derrière le rideau et les paillettes. Une mention spéciale aux décors et costumes s’impose d’ailleurs car ils contribuent plus encore à renforcer la véracité de l’histoire.

Le film ne suit pas un ordre purement chronologique mais est entrecoupé de moments ayant marqué la vie de la chanteuse, à commencer par son enfance difficile au Caire, où elle souffrait de problèmes aux yeux qui l’handicaperont toute sa vie.

 

Porter un regard sur la vie

 

Le regard des autres, celui de ses amants, des journalistes, de sa famille, joue donc un grand rôle dans le film. Ainsi, lorsqu’elle cache le personnage derrière des lunettes noires, Lisa Azuelos montre en fait que Dalida ne pouvait pas porter un vrai regard sur la vie et qu’elle était attirée inlassablement vers la mort.

Lorsqu’elle reprend « Je suis malade » de Serge Lama, c’est toute son âme qu’elle semble dévoiler, toute sa force et sa souffrance et c’est sans doute cette scène qui est la plus poignante du film. Car, face à des milliers de spectateurs, Dalida nous paraît vide et seule. Dès lors, chaque souffle, chaque battement de coeur paraît être un effort pour elle afin de rester en vie. 

 

Sveva Alviti est Dalida (crédit photo: Luc Roux)

Sveva Alviti est Dalida (crédit photo: Luc Roux)

 

Mais le bémol du film, c’est qu’il traite peut-être trop en surface la complexité de la chanteuse. Les chansons et les histoires d’amour s’enchaînent sans qu’on puisse véritablement saisir leur portée et l’impact qu’elles eurent pour conduire la star au suicide. 

 

Un casting qui répond aux attentes des spectateurs

 

Côté interprétation, la comédienne d’origine italienne Sveva Alviti livre une prestation qui parvient à reproduire de manière très fidèle la gestuelle et l’élégance du personnage. Le playback se remarque un peu lors des scènes de concerts, mais c’est toujours avec plaisir qu’on écoute les plus grands tubes de la chanteuse.

Quant aux seconds rôles, l’italien Riccardo Scamarcio interprète Orlando, le frère de Dalida, qui a participé à l’élaboration du scénario. Et on ressent donc plutôt bien le lien protecteur qui unissait le producteur à sa soeur.

 

Lucien Morisse (Jean-Paul Rouve) et Dalida (Aveva Alviti) (Crédit photo: Luc Roux)

Lucien Morisse (Jean-Paul Rouve) et Dalida (Aveva Alviti) (Crédit photo: Luc Roux)

 

On retrouve aussi Jean-Paul Rouve et Nicolas Duvauchelle qui interprètent les rôles de Lucien Morisse et de Richard Chanfray. Ces deux personnages montrent surtout que Dalida, bien que toujours entourée, souffrait en fait d’un profond mal-être. Son impossibilité à avoir un enfant en est d’ailleurs le point culminant. 

Ainsi, une phrase résume bien l’ambiance générale de ce film, très attendu en ce début d’année cinéma : c’est lorsque Dalida, face à un psychiatre lui affirmant qu’elle donne de l’espoir à des milliers de gens répond, le regard toujours plus triste : « Et moi, qui m’en donne ?« 

 

Dalida est donc un biopic réussi qui ravira les fans de la chanteuse mais aussi les plus jeunes car son histoire livre, au final, une belle morale : celle de vivre pleinement notre existence plutôt que de la voir nous échapper. 

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Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

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