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Israël, un gouvernement sans scrupules ?

Israël, un gouvernement sans scrupules ?
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Alors que dimanche dernier était organisée la conférence de Paris visant à obtenir la paix entre Israël et la Palestine, par une « solution à deux états », la position des Occidentaux vis-à-vis de l’Etat hébreu fait polémique. Par une résolution de l’ONU adoptée le 23 décembre dernier, le Conseil de Sécurité dénonçait déjà la colonisation de territoires palestiniens par Israël. Cette adoption, due à la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto, a créé la surprise et a été vertement critiquée par de nombreux médias américains et surtout, israéliens.


Ce fut une véritable surprise que de voir les Etats-Unis s’abstenir sur une résolution allant à l’encontre de l’Etat israélien. Le pays est en effet l’un des plus fidèles soutiens d’Israël depuis sa création en 1948. Et c’est pour cette raison que cette décision des Etats-Unis, la première en opposition avec Israël depuis 1979, a eu du mal à passer auprès des médias et des dirigeants de l’Etat hébreu. Le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ainsi qualifié cette résolution de « coup honteux anti-israélien » et a également affirmé qu’il ne s’y conformerait pas, lors d’un message retransmis à la télévision israélienne le lendemain de l’adoption de la résolution.

Israël a également annoncé à la suite du vote qu’il rompait, ou du moins réduisait, ses relations avec un certain nombre de pays ayant voté en faveur de la résolution, comme la Nouvelle-Zélande ou le Sénégal. Les ambassadeurs israéliens dans ces deux pays ont été rappelés et l’Etat hébreu a annulé son programme d’aide au Sénégal ainsi qu’en Angola.

 

L’espoir Trump

 

Les dirigeants israéliens, en conflit depuis longtemps avec Barack Obama, attendent donc avec impatience l’intronisation de Donald Trump. Ce dernier a d’ores-et-déjà nommé son ambassadeur en Israël : David Friedman, favorable aux colonies israéliennes.

Le prochain président des Etats-Unis s’est aussi fait sur Twitter le héraut du peuple israélien en l’exhortant à « rester fort » et en ajoutant que « le 20 janvier approche à grands pas ». Dans un précédent message posté sur le réseau social, il a également affirmé que ce sera « beaucoup plus difficile de négocier la paix » après cette résolution.

Les dirigeants de la droite dure israélienne comptent effectivement beaucoup sur Trump pour annexer une grande partie de la Cisjordanie occupée par l’Etat hébreu. Naftali Bennett, le meneur du parti nationaliste israélien Foyer Juif, mais aussi ministre de l’Education, a ainsi déclaré au site d’information israélien Ynet que « la Palestine » sera « retirée de l’ordre du jour » lorsque Donald Trump sera au pouvoir.

 

L’indécence du gouvernement israélien

 

Les réactions qu’a suscitées la résolution jettent à nouveau un froid entre Israël et l’administration Obama. Benjamin Netanyahu a en effet fortement critiqué le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et Barack Obama lors d’un discours télévisé. Le Premier ministre israélien a ainsi déclaré que le Secrétaire d’Etat d’Obama « [avait] salué la campagne de terrorisme menée par les Palestiniens contre les Juifs depuis près d’un siècle » et a comparé Obama à l’un de ses prédécesseurs, Jimmy Carter, qui était, toujours selon ses dires, « profondément hostile » à Israël.

Ces mots de Benjamin Netanyahu sont en fait grandement exagérés. Car Jimmy Carter n’était pas « profondément hostile » à Israël, mais plutôt soutien d’une solution à deux Etats, Israël et Palestine – préconisée d’ailleurs par une part importante de la communauté internationale. De plus, les accusations visant l’ancien président sont dues à son soutien à la Palestine et à Yasser Arafat, qu’il a expliqué dans son livre Palestine : Peace not Apartheid. Dans ce livre, l’ancien occupant de la Maison-Blanche affirme que si Israël ne cherche pas la solution à deux Etats, alors une Apartheid similaire à celle qui était en vigueur en Afrique du Sud pourrait se créer entre Israéliens et Palestiniens. Ces propos ont provoqué l’ire d’Israël et ont suscité de vives réactions de part et d’autre de l’Atlantique. Pourtant, défendre la Palestine et soutenir son indépendance comme l’a fait Carter n’est dans l’immense majorité des cas pas synonyme d’apologie du terrorisme, de haine d’Israël ou d’antisémitisme, ce dont l’ancien président est régulièrement accusé. Il s’agit de soutenir la paix entre les deux peuples, en proie aux conflits depuis bien trop longtemps maintenant.

L’Etat hébreu n’est pas exempt de tout reproche vis-à-vis du peuple palestinien. Et figurent notamment parmi ces reproches les colonies israéliennes dont il est question dans la résolution de l’ONU. Il y avait en effet près de 400 000 colons israéliens vivant en Cisjordanie (donc sans compter Jérusalem-Est, où réside la majorité de ces colons) dans des colonies en 2015, selon le Bureau central israélien des statistiques. De plus, d’après l’ONG israélienne opposée à la colonisation Ir Amim, malgré le vote onusien la municipalité israélienne de Jérusalem a accepté la construction d’un immeuble de quatre étages destiné à des colons dans un quartier palestinien de Jérusalem-Est le 28 décembre dernier. Israël suit donc la ligne de son Premier Ministre et ne se conforme pas aux Nations Unies, alors qu’il est à la tête d’un Etat qui en est pourtant en grande partie le fruit.

 

L’hostilité des voisins d’Israël

 

Cependant, pourquoi l’Etat israélien réagit-il ainsi ? Pour quelles raisons s’en prend-il aux Palestiniens ? Les raisons sont avant tout religieuses ; les voisins d’Israël sont tous des pays à majorité musulmane et hostiles à Israël et à la reconnaissance d’un Etat Juif. En effet, le jour même de l’indépendance israélienne, le 14 mai 1948, les pays arabes limitrophes déclarent la guerre au nouvel Etat hébreu, en raison de leurs profondes divergences religieuses. Car sous le protectorat britannique, qui était constitué d’Israël, de la Palestine et de la Jordanie actuels, de nombreux Juifs ont immigré sur les territoires à majorité musulmane. Cette immigration massive était influencée par le courant du sionisme, qui préconise la création d’un Etat Juif en Palestine, soutenu ouvertement à l’époque par la Grande-Bretagne. De plus, le sentiment d’insécurité des Juifs dû à la montée du nazisme, et plus généralement, de l’antisémitisme en Europe a renforcé ce soutien aux idées sionistes.

Seulement, les Palestiniens étaient fermement opposés à cette immigration juive, ce qui a engendré la Grande révolte arabe de Palestine entre 1936 et 1939. Cette révolte a cristallisé quant à elle les idées nationalistes auprès des populations arabes. C’est pourquoi nous savions dès l’indépendance israélienne que la paix serait difficile à obtenir. Depuis lors, les attentats sur le sol israélien sont courants et la peur s’est logiquement immiscée dans de nombreuses têtes. Cela a indubitablement exacerbé encore davantage les sentiments nationalistes et sionistes dans l’Etat hébreu. Dès lors, nous assistons donc, médusés, à une opposition mortifère entre nationalistes religieux, juifs d’un côté, et musulmans de l’autre, qui cause des dégâts ineffables sur la Terre Sainte.

Ni Palestiniens ni Israéliens n’ont participé à la conférence de Paris, certaines questions se posent donc : la peur légitime-t-elle les réactions israéliennes ? Ne faudrait-il pas plutôt que le gouvernement israélien préconise la paix et reconnaisse l’Etat palestinien, comme l’a fait ce dernier avec lui, afin de ne pas fomenter davantage la haine auprès des populations palestiniennes ? A cette question, le Conseil de Sécurité de l’ONU et la conférence de Paris semblent avoir donné un début de réponse, que le gouvernement de Netanyahu ne souhaite toutefois pas entendre…

 

 

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Nicolas Schnorhk

Lycéen, suisse et profondément humaniste. Idéaliste à toute heure et fier de l'être.
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Comments

  1. Alexandra S.

    Que dire, quel article magnifique….! Dès le début nous sommes happés par cet article aussi brillant que précis ! Bravo !!!

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