Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Les diamants sont éternels

Les diamants sont éternels
mm

5 ans bientôt après son dernier titre majeur à Wimbledon, Roger Federer a conquis ce dimanche son 18e trophée en Grand Chelem face à Rafael Nadal, après cinq sets d’une baston mémorable dans la moiteur australienne (6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3). On ne s’en lassera jamais.


 

Le papy vous salue bien

 

35 ans. Des innombrables chiffres qui déferlent sur la toile après ce duel des géants, c’est peut-être celui qui frappe le plus. Il siffle à votre oreille comme un bruit sourd, comme pour vous rappeler l’inconcevable. Federer est un revenant, celui qui disparaît — trop longtemps — pour mieux réapparaître. Il y a quelques mois à peine, en pleine pause tennistique, il expliquait dans une interview accordée à Thomas Sotto s’être retiré du circuit « pour revenir pour plusieurs années ». À ce moment précis, il rêvait juste de pouvoir rejouer au tennis. Un sacre à Melbourne semblait ô combien inenvisageable, pour lui comme pour les autres. Et pourtant, contre toute attente, le Maestro s’est sublimé pour empocher son cinquième Open d’Australie face à son meilleur ennemi. Le premier depuis sept ans…

Si Rodgeur a clairement surpris par son niveau tennistique tout au long de la quinzaine, il a décontenancé par sa fraîcheur physique. Pour la première fois de sa carrière, il a gagné trois matchs en 5 sets sur le même Grand Chelem. En 8èmes face à Nishikori, en demi contre Wawrinka, et en finale donc, face à Nadal. Sa performance est d’autant plus remarquable que ses victimes ont la réputation d’être de véritables marathoniens, en témoigne son bilan catastrophique face à Nadal au meilleur des cinq manches (3-11 avant la finale). Sa dernière victoire en finale de Grand Chelem face à Nadal remontait elle à dix ans… c’était en 2007, à Wimbledon, au terme d’un match titanesque. Une autre époque!

 

 

 

« Diamonds Are Federer »

 

Outrepassée la référence au 7ème opus de James Bond — qui, il faut bien l’avouer, partage quelques similitudes iconiques avec le Suisse —, l’expression prend tout son sens au regard de la rencontre. Un spectacle pour les yeux, pour les adorateurs du tennis comme pour les amateurs… C’est peu dire que la majorité des amoureux de ce sport — et j’en fais partie — avait misé sur l’Espagnol. Après tout, la recette est connue de tous : une salve de coups droits bombés sur le revers de Federer, et puis à un moment ça finit par casser. Pas cette fois. Pas cette fois, car Rodgeur a magnifié ce coup pendant la rencontre — son plus beau, à l’évidence, mais pas son meilleur — faisant d’une de ses faiblesses une arme redoutable.

Et que dire de ce dernier set… alors qu’il semblait sonner le glas du Suisse, breaké et incapable de convertir ses occasions de revenir au score, il a au contraire déjoué tous les pronostics en voyant Federer glaner les 5 derniers jeux pour s’adjuger la Norman Brooks Challenge Cup. 3h38 d’un match où les deux joueurs se seront dominés tour à tour pour mieux se retrouver dans cette ultime manche. Et pourtant, tout semblait écrit… Nadal qui revient, Federer qui déjoue… une sérieuse impression de « déjà-vu » qui ne s’est pas confirmée. Comme une porte hors du temps, cette rencontre aux 31 titres du Grand Chelem (32 désormais) a eu le mérite de faire voyager : là-bas, aux antipodes de l’hexagone, deux légendes du tennis ont nourri les nostalgiques de leur immensité. C’était nécessaire. Quand est-ce qu’on recommence ?

 

Il y a des matchs qu’on oublie hâtivement et d’autres qui traversent le temps et les mémoires. Je prends le pari que ce Federer-Nadal fait partie de ceux-là. Parce que sa portée est universelle : au-delà même de la performance tennistique à proprement parler, au-delà des frontières du sport — si elles existent —, au-delà du résultat. L’Histoire nous a offert deux champions hors normes ; à nous d’en savourer chaque instant. Car ce n’est pas encore du passé, c’est du présent. Et pour cela, merci messieurs.

 

The following two tabs change content below.
mm

Clément Zagnoni

Étudiant en licence de sociologie, passionné de musique et de sports. Je donne de l'intérêt aux choses qui n'en ont pas...

Submit a Comment