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Macron, on y voit plus clair

Macron, on y voit plus clair
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Entre une gauche affaiblie et une droite très conservatrice, le candidat et ex-ministre de l’Economie se présente comme un intermédiaire intéressant à quatre mois de l’élection présidentielle. Son livre Révolution et son imposant meeting de campagne du 10 décembre dernier nous permet d’y voir plus clair sur un programme social-libéral unique mais ciblant un électorat encore trop restreint.


 

Le maître mot, la transition économique

 

Emmanuel Macron se veut être le candidat ouvert aux bouleversements économiques actuels. Il le dit dans son livre : « l’enjeu n’est pas de refaire la France industrielle d’après-guerre ». Pour cela il souhaite s’ouvrir à de nouveaux secteurs pour éviter que la France ne loupe le coche de la 4ème révolution industrielle. Il axe donc son programme sur deux secteurs porteurs : le développement durable (les cleantech) et l’économie numérique. Il est néanmoins conscient qu’il peut être parfois difficile pour un entrepreneur de se lancer. Les difficultés financières rencontrées après un possible échec peuvent parfois décourager. M. Macron le sait et prévoit de mettre en place une assurance chômage universelle qui profiterait aux chefs d’entreprises, aux artisans mais aussi aux démissionnaires.

Après les entrepreneurs, que prévoit le candidat pour les employés de ce type de secteur ? Comment un employé au chômage peut intégrer une entreprise innovante s’il n’a pas la formation adéquate ? Pour répondre à cette question l’ex-ministre de l’économie prévoit de réformer la formation professionnelle des chômeurs, mais reste assez flou sur la façon dont il veut s’y prendre. En contrepartie, il souhaite sanctionner financièrement les demandeurs d’emplois qui refuseraient une proposition cohérente.

Pour pallier le chômage il prévoit aussi d’engager la France dans l’économie de partage qui permet, selon lui, à des jeunes de quartiers difficiles de s’en sortir. Il estime que la France gagnerait à suivre la voie de l’uberisation.

Développement durable, numérique, économie collaborative, autant de révolutions économiques déjà En Marche ! qu’il faut rattraper impérativement. Le jeune Macron (38 ans) le sait, et ses tout aussi jeunes électeurs également. Les 18/30 ans se sont, de ce fait, déplacés en masse le 10 décembre dernier à Porte de Versailles. Des jeunes pourtant pas tellement représentatifs de la population française. Après un cours entretien avec eux, un constat en ressort : les jeunes s’étant déplacés à Porte de Versailles sont essentiellement des étudiants dans le supérieur, des jeunes entrepreneurs ou des professions intellectuelles supérieures. Très peu de jeunes chômeurs ou de jeunes de quartiers difficiles se sont mobilisés.

 

Un monde ouvert, une Europe forte

 

La mondialisation ne lui fait évidemment pas peur et il souhaite répondre à la concurrence qu’elle inflige par davantage de coopération européenne et de dialogue international. Le modèle européen étant cependant trop vieillissant, il souhaite engager « un vrai débat politique pour préparer un projet de refondation ». L’isolationnisme à la Donald Trump ? Très peu pour Emmanuel Macron.

 

Temps de travail et âge de départ à la retraite, vers un assouplissement ?

 

En ce qui concerne les 35 heures, le candidat à la présidentielle reste assez flou. A son meeting du 10 décembre, il a exprimé (vigoureusement) sa volonté de maintenir la durée légale du travail. Dans une interview pour le magazine l’Obs, en novembre dernier, il disait pourtant que certaines branches professionnelles devraient pouvoir proposer à leurs salariés seniors de travailler moins, en contrepartie d’un effort supplémentaire de la part des plus jeunes. Une entreprise en difficulté doit aussi pouvoir augmenter aisément le temps de travail des employés si cela est nécessaire. La fameuse flexibilité accrue qu’il souhaite concéder aux « acteurs de terrains ».

Macron souhaite également plus de flexibilité pour les retraites : « certains veulent la prendre à 60 ans, d’autres à 65, d’autres encore à 67. Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations », explique-t-il simplement. Mais encore une fois on remarque que ces réformes font l’unanimité auprès d’un certain électorat. Les quelques seniors présents à son meeting étaient en grande majorité des cadres supérieurs, des chefs d’entreprises provenant de la région parisienne et qui ne souffrent pas de réelle pénibilité au travail. Aucun ouvrier travaillant dans l’amiante, ou d’agriculteurs exploitants ne se reconnaissent aujourd’hui dans le discours de M. Macron.

 

Les cotisations salariales et patronales, un lointain souvenir ?

 

« Je propose que toutes les cotisations versées par les salariés soient supprimées ! » [Et la foule cria N.D.L.R]. Emmanuel Macron souhaite en effet considérablement réduire l’écart entre le salaire brut et le salaire net. Il propose donc de financer cette mesure grâce à la CSG (contribution sociale généralisée) qui a une base plus large puisqu’elle inclut les actifs, les retraites et les revenus du patrimoine. Il pense ainsi que le pouvoir d’achat des français augmentera. La vérité est qu’une hausse quasi généralisée des revenus provoquera de l’inflation et l’augmentation du pouvoir d’achat ne se fera pas tellement ressentir.

Pour améliorer la compétitivité des entreprises et relancer l’emploi, il prône également un allègement des cotisations et des charges pour toutes les entreprises, dans la droite lignée de la loi qu’il a mise en œuvre quand il était au gouvernement. A ce sujet on remarque que M. Macron se pose comme le candidat du centre. Entre plus de pouvoir d’achat pour les salariés et moins de cotisations pour les entreprises, il réussit à cibler son électorat. Son meeting est la confirmation de cette réussite. A la question « De quel bord politique vous sentez-vous ? » la plupart des militants me répondaient ne se sentir ni de droite, ni de gauche, certains même affirmaient leur position centriste.

 

La santé on ne touche pas, l’école on réforme

 

Emmanuel Macron ne souhaite pas revenir sur le système de santé actuel : « dérembourser les petits soins, c’est obliger les classes moyennes à moins se soigner et à moins faire preuve de prévention ». Un véritable affront à son principal rival François Fillon qui souhaite « supprimer l’aide médicale d’Etat et la remplacer par une dispense de frais de santé limitée (hors mineurs) aux urgences et aux maladies graves ou contagieuses ». Le libéralisme a tout de même ses limites avec M. Macron.

Au niveau de l’école il souhaite réformer le modèle français. Son intention est d’attirer les professeurs expérimentés dans les établissements en difficulté. Ils bénéficieraient d’un salaire plus élevé et d’une liberté pédagogique accrue. Liberté pédagogique qu’il souhaite également mettre en place au niveau des établissements. Les programmes uniques ne sont, selon lui, plus adaptés aux enjeux actuels. Cette fois ses désirs de flexibilité reviennent au galop.

 

Porte de Versailles Emmanuel Macron a donc lancé le top départ de sa campagne et son combat va désormais être celui du rassemblement. Son électorat est pour l’instant trop ciblé et ses réformes ne parlent pas à toute la population. Mais le candidat du mouvement En Marche ! est sur la bonne voie : le sondage Odoxa du 23 décembre dernier révèle qu’une majorité de Français (55%) juge qu’Emmanuel Macron ferait un meilleur président que François Fillon. Rendez-vous le 27 avril 2017 pour voir si cet engouement ne s’est pas affaibli.

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Paul Moisson

Etudiant de la nouvelle école post-bac du CFJ, nommée "école W". Je suis passionné de football et de tennis mais je porte également beaucoup d'intérêt à la politique nationale et internationale
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