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Manuel Valls, le challenger

Manuel Valls, le challenger
Claire Lebrun

Le 25 janvier a eu lieu le dernier débat de la primaire de la Belle Alliance Populaire avant le scrutin final. À la soirée de soutien de Manuel Valls, les militants étaient assidus et concentrés, toujours dans l’espoir d’une victoire.


À l’irish pub le Patrick’s, 33 rue de Montreuil, l’accueil chez les soutiens de Manuel Valls est plus musclé que chez les autres candidats ; service de sécurité, fouille au corps, ambiance plus calme également. Les militants sont attablés et côtoient une foule de journalistes ; les serveurs font des aller-retours pour servir bière, steak tartare et frites. Le silence est d’or pendant la plaidoirie de l’ancien premier ministre.

 

‘’Manuel Valls est challenger aujourd’hui’’

 

Lorsque l’on aborde le sujet de la laïcité, la salle se réjouit. La maxime ‘’Ma laicité, c’est celle de Caroline Fourest’’ a fait fortement réagir sur les réseaux sociaux. Les militants applaudissent longuement. Sur le côté, le staff numérique bourdonne : ils tweetent les propos de Manuel Valls, font du retweet. La bataille numérique est toujours en vogue pour ce dernier débat. Mickael, militant socialiste, a tweeté toute la soirée et a trouvé son candidat ‘’sérieux et responsable’’. Selon lui, ‘’rien est écrit, il peut battre Hamon au second tour’’. Sur twitter toutefois, les messages du compte de Benoit Hamon emportent 300 à 900 Retweets tandis que ceux de Manuel Valls vont de 100 à 200 Retweets seulement. Selon Sabri, ancien soutien de Vincent Peillon, ‘’Les jeunes (qui sont sur twitter) votent Hamon et le corps électoral du Parti Socialiste a plutôt voté Manuel Valls. Dimanche, je pense qu’un autre électorat va se mobiliser.’’

Malgré un contexte de tension et de rejet du quinquennat Hollande par les sympathisants de la gauche, le candidat Valls resterait la voie ‘’crédible’’ pour ses soutiens. Quant à son adversaire actuellement favori, le mot d’ordre est ‘’utopiste’’. Pour Sabri ; ‘’Hamon est l’utopie romantique du XIXème siècle’’. Dorine Parravano, militante socialiste et membre de la campagne, confirme ; ‘’Manuel Valls a proposé un projet plus mesuré, c’est une figure d’expérience. Le revenu universel de Benoit Hamon n’est pas finançable.’’ Un argument notamment contesté par un collectif de chercheurs, dont l’économiste Thomas Piketty.

 

Emmanuel Macron, l’autre option ?

 

Lorsque l’on demande aux débatteurs vers quelle frange de la gauche ils balancent (entre Mélenchon et Macron ndlr), Benoit Hamon rassemble depuis Mélenchon tandis que Manuel Valls se réclame des ‘’progressistes’’ et donc d’avantage d’Emmanuel Macron. Les applaudissements retentissent fortement pour la seconde fois du débat. Margot Antoniazzi, responsable des jeunes et collaboratrice de Carlos Da Silva ‘’n’a pas envie que la campagne s’arrête’’. Elle a trouvé son candidat ‘’moins agressif, et plus solide qu’Hamon, incapable de donner le prix d’un porte-avions’’. Quant à une autre option, elle est claire ; ‘’On ne se tournera pas vers Emmanuel Macron, jamais de la vie. Sa conception de l’état, des fonctionnaires, et du service public n’est pas la notre. Il veut tout ubériser, privatiser, il a un profond mépris pour les socialistes, il ne s’est pas présenté à la primaire.’’

Sabri était l’un des premiers à avoir rejoint le candidat d’En Marche mais il a rapidement été déçu ; ‘’Macron c’est un peu de socialiste, républicain, modem, people, manque plus que Romain Duris et c’est l’auberge espagnole. Aujourd’hui, il boxe tout seul et il accepte tout le monde : des élus de droite qui ont voté contre la loi SRU (Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains) et qui le rejoignent pour un projet progressiste, ça n’à aucun sens. Je suis parti car j’attendais qu’il incarne une aile sociale-libérale’’ Pourtant, Sabri concède : ‘’face à la menace des extrêmes, si Hamon est élu, je voterai Macron’’

 

Selon un sondage Elabe, Benoit Hamon a été le plus convaincant du débat à 60% contre seulement 37% pour Manuel Valls. L’ancien maire d’Evry a toutefois convaincu sur le sujet de la sécurité, à 59% des téléspectateurs. Le corps électoral de gauche semble avoir fait son choix, réponse dans les urnes le 29 janvier.

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Claire Lebrun

En Master Histoire Afrique et Moyen Orient à la Sorbonne Paris 1. Mémoire sur les relations diplomatiques franco-saoudiennes.

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