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« Migration », le carnet de voyage de Bonobo

« Migration », le carnet de voyage de Bonobo
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Bonobo revient. Trois ans après The North Borders, il publie Migration. Et cet album nous donne un tout autre regard sur l’électro. Oubliez les morceaux taillés pour les clubs, les drops à tout va et autres productions lissées et basiques. Cet album est contemplatif et nous emmène autour du globe sur les traces de Simon Green.


 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

L’album porte très bien son nom car Green l’a écrit sur la route. Et c’est ce qui structure tout l’album. Après The North Border (2013), il est parti en tournée et a voyagé à travers le monde pendant près de trois ans. Il s’est inspiré des endroits qu’il a visités, des gens qu’il a rencontrés mais aussi des musiques qu’il a entendues tout au long de ses pérégrinations pour composer. Il a même réalisé des ébauches de morceaux directement devant les paysages qui l’inspiraient ou a enregistré des sonorités qu’il découvrait.

capture d'écran du titre Bambro Koyo Ganda

capture d’écran du titre Bambro Koyo Ganda

On pourrait croire qu’il s’inscrit dans cette nouvelle vague de l’électro qui délaisse la musique de club pour des morceaux plus calmes et contemplatifs comme Petit Biscuit ou Fakear sur son dernier EP Vegetals. Mais Migration n’est que la continuité de son œuvre déjà riche de six albums dans cette même veine, une musique douce, avare en voix avec des mélodies très travaillées.

 

Un journal de bord musical

 

L’album s’ouvre sur le titre éponyme Migration. Avec son tempo lent, son piano mélancolique et ses nappes sonores, le morceau sonne comme un grand départ vers des destinations inconnues. Puis petit à petit les morceaux vont s’enchainer, comme si l’on s’habituait à la route. On oublie notre point de départ pour profiter des paysages qui s’offre à nous. Car chaque morceau est un paysage à lui tout seul. Les différentes sonorités nous font voyager tout autour du globe. Ainsi Ontario nous fait-il voyager dans les grandes plaines américaines et Bambro Koyo Ganda, avec ses cœurs masculins, nous emmène-t-il en Afrique.

 

L’expression du déracinement

 

Mais à tout moment, le mal du pays peut vous rattraper. Et c’est sur le single de l’album Kerala que Bonobo nous l’exprime. Le tempo, les sonorités semblent encore plus mélancoliques, voire oppressantes dans leur côté répétitif – on a l’impression que quelque chose ne va pas. Cette sensation est d’ailleurs accentuée lorsque l’on regarde le clip. Une jeune femme semble complètement perdue dans une société qui lui est étrangère et hostile. Mais ensuite le voyage reprend. Jusqu’au morceau No Reason sur lequel Nick Murphy pose sa voix. Le retour du chant en anglais sonne comme un appel au retour. La production est aussi plus proche des standards de l’électro avec des sons plus classiques et moins exotiques. Et c’est ainsi pour les deux derniers morceaux, 7th Sevens et Figures. Ainsi s’achève le voyage de Bonobo. Ce n’est pas un déchirement dû au retour mais une satisfaction de rentrer après une très longue absence. Comme s’il avait vu tout ce qu’il fallait voir.

 

 

Ainsi Bonobo, pour ce sixième album, nous fait-il part de son expérience du voyage. Il dépeint les paysages qu’il a vus, nous plonge dans les cultures qu’il a rencontrées. L’artiste anglais nous emmène sur ses pas autour du globe et nous invite à faire de même. Peu importe où vous écoutez cet album, il vous emmènera ailleurs. Que vous soyez dans le métro ou sous votre couette, il vous donnera la fâcheuse envie de tout plaquer pour prendre la route et de découvrir des paysages à couper le souffle.

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Martin Pinguet

Etudiant à l'académie ESJ Lille et Lille 2. Lillois, le rock et la musique c'est mes fils mes batailles mais je ne suis pas un héros.

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