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Prince Ea, le Dalaï-lama 2.0 ?

Prince Ea, le Dalaï-lama 2.0 ?
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« Je pense que le plus gros problème auquel les Hommes font face est l’action retardatrice. Si l’on veut changer le futur, on doit le faire maintenant. On ne parvient jamais au futur en soi, pas vrai ? On vit tous les jours au travers de l’instant présent. Ce pourquoi le retardement est un réel danger. Si on a l’opportunité de faire les choses maintenant, on peut créer un futur meilleur, plus rayonnant, plus accueillant ». Avec ces mots, Prince Ea redéfinit notre façon d’appréhender le monde. Portrait.


 

Jeune et inspirant

 

Il y a deux ans, Prince Ea a commencé à réaliser des films sur sa page Youtube. Il a rapidement princeeaobtenu des millions de visiteurs – on parlerait même d’un demi-milliard de vues. Diplômé en anthropologie à l’Université Saint Louis dans le Missouri, Richard William ou Prince Ea (son nom de scène) s’est d’abord lancé dans une carrière hip-hop. En 2008, il gagne la compétition « Vibe Verses » pour sa mixtape The adolescence et, en 2015, il est cité par Oprah Winfrey dans un des posts pour son émission « Super Soul Sunday ».

Prince Ea signifie « The Prince of the Earth » et est dérivé de la mythologie sumérienne selon laquelle les dieux auraient créé les humains afin qu’ils soient les serviteurs d’eux-mêmes. Ce surnom converge avec sa philosophie de vie. Dans ces vidéos, il aborde des grand thèmes autour de l’écologie, les ethnies, l’équilibre entre le travail et sa vie personnelle, et la spiritualité. Il se concentre également sur l’importance d’un mode de vie durable et équilibré.

Le site Neste lui octroie le rôle de « futurologue ». Drôle d’appellation. Pourtant, il affirme ce statut lui-même. Dans une interview donnée a Uproxx, celui-ci s’explique. Littéralement parlant, la futurologie est l’étude du futur. Ce qui peut sembler vague mais qui est, en réalité, une activité pointilleuse. Le futurologue doit faire des recherches et des investigations, solliciter et interroger des individus susceptibles d’avoir des idées novatrices ainsi que développer ces idées. Le développement de ces idées doit normalement aboutir a un futur meilleur, destiné à répondre aux besoins des générations futures sans pour autant empêcher les générations actuelles de répondre aux leurs.

« Vous savez, on a cru inventer le monde, mais c’est en fait le monde qui s’est inventé lui-même. »

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Son implication dans la cause environnementale…

 

Comme dit auparavant, Prince Ea est fortement impliqué dans la cause environnementale. Après avoir vu des forêts entières détruites lors d’une visite au Kenya et en République démocratique du Congo, il a écrit Dear Future Generations : Sorry, un slam qui s’excuse pour l’état dans lequel on laisse la planète. Prince Ea n’élude rien, de la réalité des animaux en voie d’extinction à la déforestation massive, en passant par la pollution ou le réchauffement climatique engendré par l’action de l’Homme. En costume, au milieu d’un endroit désertique, il illustre parfaitement l’espèce humaine faisant bonne figure et qui s’affaire à confisquer des richesses jusqu’à leur épuisement. « Je suis désolé, dit-il, nous avons utilisé la nature comme une carte de crédit sans limite de dépenses. Je suis désolé de notre état d’esprit parce que nous avions le culot d’appeler cette destruction… progrès ».

Cependant, cette vidéo n’est pas qu’un recensement des raisons qui font que l’Humanité a fait et fait toujours du mal à la planète. Sans manquer à son état d’esprit, Prince Ea propose des solutions et motive tout le monde à sauver la planète. Un des moyens proposé est Stand for Trees, association qui lutte contre la disparition des forêts, mais il précise que « chacun est libre de trouver son propre chemin ». Motivation et espoir, tels sont ses préceptes.

 

… n’occulte en rien son implication au sein de la société.

 

Prince Ea a, par la même occasion, popularisé le mouvement « Make S.M.A.R.T Cool ». Leur mission est de créer et stimuler, sans discrimination ou préférence, une communauté de libre-penseurs dont le seul but est de promouvoir les idéaux d’éducation, d’intelligence, d’unité et créativité au travers du monde entier. 

Dans sa récente vidéo « I Just Sued The School System », il soulève donc, en écho au mouvement « Make S.M.A.R.T Cool », la question de l’éducation fournie par nos systèmes actuels.

En ouvrant son propos par une citation d’Albert Einstein (« Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide »), il affirme que l’épanouissement personnel n’est pas encouragé par nos systèmes éducatifs qui se contentent de pousser les élèves vers une voie unique… qui ne convient qu’à quelques-uns d’entre eux, négligeant ainsi l’individu au profit d’un groupe. L’individu est perdu au milieu de chiffres sensés définir ces capacités. Celles-ci sont limités a des matières générales qui ne permettent pas à l’élève d’exploiter son potentiel au maximum.

Un autre problème est soulevé et celui-ci se trouve être ancré dans nos réalités : l’évolution. Tout a évolué autour de nous, mais les salles de classe restent les mêmes. Aujourd’hui, on a Google dans nos poches, des bibliothèques sans fin au bout de nos doigts. Ce dont on a besoin, ce ne sont pas des individus capables de débiter connaissance sur connaissance, ce dont on vraiment besoin ce sont des individus qui vont pousser le concept de « connaissance » au-delà de sa simple façade, qui vont aller au-delà de tout ce que l’on voit aujourd’hui. Ce n’est plus une question de savoir qui est le plus intelligent, mais de savoir qui est amener à créer, à innover : car chacun de nous est doté de quelque chose qui le rend unique, et cette particularité est la clé pour l’élargissement de nos facultés. L’école se doit d’endosser le rôle de formatrice pour les adultes de la nouvelle génération, et oublier les méthodes qui étaient destinées aux besoins d’une autre ère.

 

« La seule manière de changer le monde est de changer l’individu »

 

Prince Ea veut nous faire transmettre l’idée qu’il n’y a qu’une Terre, mais qu’il y a bien 7 milliards de mondes. Chaque personne vit dans un monde différent. De la corrélation entre tous ces mondes résultent les problèmes auxquels nous faisons face. Ils ne sont pas apparus de nulle part, spontanément. Ce sont des problèmes humains, créés par les humains. Ainsi, d’après lui, étant donné que nous en sommes les créateurs, il est de notre devoir de les résoudre et cette résolution ne peut avoir lieu qu’en nous réparant nous-mêmes. On ne soigne pas une maladie en se concentrant seulement sur les symptômes. On la soigne en se concentrant sur la racine de la maladie, sa cause, qui est dans ce figure de cas, l’humain.

Il dit faire de l’art, et tout ce qu’il fait, il le fait pour montrer aux gens qu’ils ont eux aussi le pouvoir de créer. Beaucoup de problèmes proviennent du désespoir, de l’impuissance, de l’insécurité, et du manque de connexion entre les individus. Tout commence avec l’individu. C’est ainsi que Prince Ea vient souvent citer Ghandi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ». C’est comme ça qu’on change le monde, parce que le monde extérieur est né de notre monde intérieur.

Comment ce changement peut donc être opéré si, avant tout, on se maintient a des étiquettes qui nous éloignent de l’unicité tant désirée ? « I am NOT black you ARE not white » nous dit-il. Qui serions-nous si la société ne nous avait pas affublés d’images stoïques, auxquelles nous devons nous identifier pour nous maintenir à la surface de cette masse d’étiquettes ? Quand on se présente aux gens, on fournit de simples données : nos origines, nos croyances, notre statut social, notre âge, notre sexualité. Ces données sont-elles représentatives de qui nous sommes ?

 

Prolongeons ainsi la pensée de Prince Ea : la seule entité qui nous unit et qui devrait être soulignée, est notre appartenance à l’espèce humaine. La symbiose ne naît point d’un prétendu droit à la différence, mais bien du fait que l’autre et moi soyons du même monde. Un monde que nous devons protéger et respecter, tous ensemble.

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Hajar Ouahbi

Nantaise, possédant une soif ardente de découvrir le monde autour d'elle.

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