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« The Birth of a Nation » : violence et engagement

« The Birth of a Nation » : violence et engagement
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Sorti le 11 janvier dernier, The Birth of a Nation marque le passage derrière la caméra de l’acteur Nate Parker. Un film qui nous plonge dans l’atrocité de l’Amérique esclavagiste au XIXème siècle. Critique. 


 

Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Présenté d’abord au festival de Sundance en janvier 2016, The Birth of a Nation était bien parti pour devenir l’un des grands favoris des nombreuses cérémonies américaines. Que ce soit aux Golden Globes ou aux Oscars, ce film apparaissait comme la suite logique d’une Amérique moins lisse qui n’hésite plus à sacrer des œuvres montrant les failles de la première puissance mondiale. Birdman, sacré en 2015, mettait en avant les maux d’Hollywood et le Spotlight de Tom Mc Carthy, dernier lauréat en date, frappait par sa faculté à montrer les agissements de l’Église catholique, dans un pays pourtant très puritain.

Mais il arrive parfois que des scandales desservent un film. Si l’alcool a détruit en partie la carrière de Mel Gibson, c’est ici un procès pour une accusation de viol qui a plombé le succès espéré du premier film, en tant que réalisateur, de Nate Parker. Les récompenses ont lentement disparu, ne laissant place qu’à un cuisant échec commercial.

Mais écartons-nous de l’affaire pour nous concentrer sur le film en lui-même. Comparé à de nombreuses reprises avec l’oscarisé 12 Years a Slave de Steve Mc Queen, ce film est une véritable claque où le romantisme et l’émotion disparaissent au profit de la cruauté et de la violence. La rage, présente déjà avant le film à travers cette affiche où l’on peut voir Nate Turner pendu à l’aide du drapeau américain, s’accentue au fil des minutes, jusqu’à la rébellion, aussi nécessaire qu’attendue. Musique de fond d’une ballade âpre, la Bible parle à des esclaves enchaînés et muets, pour d’abord les soumettre avant de les appeler à devenir libres.

 

Copyright 2016 Twentieth Century Fox

Copyright 2016 Twentieth Century Fox

 

Et alors que la bande-originale – de très grande qualité – ravive la tension et que les coups de fouet pleuvent, une question ne cesse de nous revenir, simples spectateurs du XXIème siècle : comment le pays qui a vu naître la démocratie a-t-il pu laisser l’esclavagisme s’enraciner, ces hommes se faire tuer, ces femmes se faire violer et ces enfants se faire arracher des bras de leurs familles ? D’une question sans réponse se développe dans nos esprits une consonance avec l’actualité, alors que la ségrégation raciale ne cesse de se développer aux États-Unis. L’appel à la révolution est proche et trouve son propos à la fin du film, en montrant que la liberté est un droit que chaque homme se doit de conquérir.

 

La première réalisation de Nate Parker est plus qu’un film : c’est un voyage sensoriel où tout semble n’être que sang et larmes. Résolument engagé aussi bien dans son propos que dans la mise en scène, ce film nous conte une réflexion historique plus que la vie d’un seul homme. The Birth of a Nation n’a jamais aussi bien mérité son nom, en criant haut et fort que l’Amérique s’est avant tout construite sur la haine et la soumission.

 

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Simon Wautier

Étudiant en Sciences Politiques à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille. Aime l'ironie et Maître Gims.

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