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A Paris, blocus dans les lycées, élèves déterminés

A Paris, blocus dans les lycées, élèves déterminés
Aurélie Pasquier

Jeudi 23 Février, seize lycées ont été bloqués et les lycéens en colère se sont rassemblés place de la Nation. Ils manifestent contre les violences policières, sur fond « d’affaire Théo ». 


Justice pour Théo: le mot d’ordre de la manifestation, place de la Nation. Crédit: Aurélie Pasquier

Ils sont entre 800 et 1000 selon la préfecture, place de la Nation. Et au moins 4000 selon le collectif d’extrême gauche Mili, Mouvement inter-luttes indépendant. Le but est de lancer une manifestation sauvage et de partir en cortège. Ce rassemblement n’a pas été déclaré à la préfecture et, à chaque sortie de la place, les cordons de CRS attendent. Les premières bombes lacrymogènes sont lancées et provoquent des mouvements de foules. Au moins 11 personnes ont été interpellées et quelques dégradations sont à décompter. Certains élèves se sont retrouvés aux prises avec la police. Achille a passé son bac l’année dernière. Habitué des manifestations, il est venu pour les aider. «Beaucoup sont des secondes, très jeunes. Ils ne sont pas habitués, n’ont pas les bons réflexes ». Ils distribuent des gouttes pour les yeux, indispensable face aux gaz lacrymo. Enzo a 14 ans. Un peu apeuré, il a tenu a être présent: «L’histoire de Théo est un élément déclencheur mais tous les jours il y a des abus de pouvoir. Théo s’est fait violer. C’est pas normal et il faut parler de tous les autres.» Les CRS chargent.

Place de la Nation, les CRS sont aux aguets. Crédit: Aurélie Pasquier

Le mot était passé sur Facebook: bloquer le maximum de lycées de parisiens. Et les actes de protestation ont commencé dès l’aube. À Jules Ferry, 22 boulevard de Clichy (18ème), des poubelles et des barrières bloquent l’entrée aux élèves et aux professeurs. Le proviseur renvoie ceux qui patientent devant l’établissement: il n’y aura pas cours de la matinée. Au moins. Nathan F., en première année de prépa, se présente comme l’un des initiateurs du mouvement pour ce lycée. «Le rendez-vous a été donnée à 7h ce matin. On était une soixantaine ! 30 élèves de secondes environ, quelques premières et des élèves de fac sont venus.» Ils ont commencé à bloquer Jules Ferry, puis se sont dirigés vers les autres écoles des environs: Jacques Decour, Lamartine, Edgar Quinet, Chaptal … Tous les cours ont été suspendus. Nathan se réjouit du ‘succès’ des blocus. Au total, 28 lycées ont été perturbés dont 16 totalement bloqués.

Devant le lycée Racine, rue de Naples, vers 9h, le 23 février. Crédit: Aurélie Pasquier

«Ça permet d’attirer l’attention et surtout de prévenir de la manifestation prévue place de la Nation à 11h » explique-t-il. Tous les lycéens vont faire le tour du quartier pendant la matinée. À 9h, rue de Naples devant le lycée Racine, les poubelles brûlent. Les pompiers arrivent sur les lieux, rapidement suivis par les CRS. Face à eux, les élèves, filles en tête, serrent les coudes et crient «Tout le monde déteste la police». Le lycée porte les marques de leur ressentiment, des tags: «Justice pour Théo» «Nike la police» ou «C’est un accident» -en référence à la conclusion de l’enquête de l’IGPN (police des polices) qui a qualifié ainsi l’acte de violence policière envers Théo.

Un pompier intervient devant le lycée Racine. 9h30 environ. Crédit: Aurélie Pasquier

Un surveillant présent depuis 7h40 devant l’établissement explique que ceux qui sont là, ne sont pas tous scolarisés ici. «Ceux qui ont mis les poubelles, ceux qui ont mis le feu viennent d’ailleurs…» Mais c’est devant le lycée Carnot qu’il y a le plus de jeunes. Là aussi les poubelles sont en flammes. Les premiers pétards explosent avec grand bruit. Siley est là avec deux amis. Elève en première à Jacques Decour, il a fait le tour des établissements et prévoit de terminer avec le sien. « Aujourd’hui pour convaincre, il faut être connu ou convaincre quelqu’un de connu.» Lycéens méprisés, lycéens énervés, lycéens déterminés. «Faire passer notre message par la force c’est une nécessité» conclut Siley.

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Aurélie Pasquier

Journaliste en devenir, en école de journalisme. Photoreportage.

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