Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Des artistes au cœur de l’œuvre de Vasco Ascolini

Des artistes au cœur de l’œuvre de Vasco Ascolini
Les ambassadeurs de la MP

Vasco Ascolini est un photographe italien né à Reggio Emilia en 1937. Véritable passionné de photographie, aujourd’hui âgé de 80 ans, il exerce toujours sa profession avec autant d’intérêt qu’au début.


 

A travers son exposition Persistenze, il révèle la capacité de l’Homme à pouvoir faire du mal à un autre Homme. Traumatisé et curieux depuis son enfance de découvrir ce qui est fait à ceux qui sont enfermés, notamment dans les hôpitaux, son œuvre est inspirée des vestiges de l’humanité. Au fil des décennies, l’Homme a élaboré toujours plus de stratagèmes pour faire souffrir son prochain. Malgré le temps passé, et les leçons qui ont pu être tirées des drames de l’Histoire, aujourd’hui encore, l’Homme ne cesse de se faire du mal. La détresse de l’œuvre d’Ascolini est égayée par l’hommage qu’il rend aux artistes dont il s’est inspiré pour rendre compte de la cruauté de l’Homme. En voici quelques exemples.

 

Alberto Giacometti, l’artiste sculpteur (1901-1966)

 

Femme-cuillère, fondation Giacometti

Alberto Giacometti, d’origine suisse, est le fils d’un peintre impressionniste Giovanni Giacometti et filleul d’un peintre symboliste Cuno Amiet, deux figures importantes dans le développement de son art. Il réalise sa première sculpture à l’âge de 14 ans, la petite Tête de Diego sur socle. Il part ensuite étudier auprès du sculpteur Antoine Bourdelle.

La Femme-cuillère et Le Couple, exposés en 1927, sont deux œuvres influencées par la sculpture africaine et océanienne, qui l’ont fait connaître du grand public. Au moment où il s’y intéresse, l’art africain est déjà connu des autres artistes. C’est pourquoi Giacometti veut diffuser ce genre artistique au grand public et fait de certaines de ses œuvres des objets décoratifs. Une série de femmes et de têtes plates lui vaut un premier contrat avec la galerie de Pierre Loeb en 1929, qui expose les Surréalistes. Il s’inspire du mouvement surréaliste qui est à l’origine de son inspiration. Un mouvement qui mélange vision utopique, métaphores  et magie dans le but de s’éloigner des valeurs et des idées reçues. 

Le Couple, fondation Giacometti

Entre 1945 et 1965, Giacometti s’est attardé sur l’espace de la représentation. Il place les figures sur des socles de manière à les délimiter du sol et les mettre en gravitation afin de représenter un espace parallèle au nôtre. A travers ses portraits sculptés, l’artiste tente de retranscrire sa pensée selon laquelle l’Homme est un être insaisissable dans son intégralité. Ses œuvres sont dénuées de toute émotion afin que ce soit le spectateur lui-même qui apporte à l‘œuvre son expression et son ressenti. Giacometti est depuis toujours fasciné par le regard et cette attirance est renforcée par l’impression que la vie se trouve dans les yeux. A ce sujet il déclare dans les années 1940 : « Je ne peux pas simultanément voir les yeux, les mains, les pieds d’une personne qui se tient à deux ou trois mètres devant moi, mais la seule partie que je regarde entraîne la sensation de l’existence du tout ».

 

Eugène Delacroix, pour voir au-delà des apparences humaines (1798-1863)

 

Ferdinand-Victor-Eugene Delacroix est né à Paris, une ville où il s’inspirera des plus grands comme Rubens, Velasquez, Rembrandt et bien d’autres qui sont notamment exposés au Musée du Louvre. Ses œuvres sont le mélange d’un classicisme et d’un besoin de découvrir le réel au-delà des apparences. Couleur et énergie libératrice émanent de ses tableaux. C’est notamment le cas de l’une de ses œuvres les plus connues, et qui figure dans beaucoup de livre d’histoire, La Liberté guidant le peuple de 1830, remplie d’espoir et de couleurs vives. Un tableau complexe qui contient une multitude de symboles représentant différentes classes sociales.

Ses voyages seront également une inépuisable source d’inspiration. En Angleterre, il s’intéresse tout particulièrement aux paysages et à l’atmosphère qu’ils transmettent ainsi qu’à l’effet physique et psychologique que les couleurs provoquent. Au Maroc et en Algérie, il découvre un autre univers, avec des paysages teintés de nouvelles couleurs qui sont elles-mêmes valorisées par la lumière naturelle. Il y fait par ailleurs des rencontres avec des personnes qui sont selon lui plus simples et plus authentiques, qui lui font rendre compte de la diversité du genre humain

Tout au long de sa vie et de ses réalisations, il souhaite rendre compte de la grandeur d’âme de l’être humain. Eugène Delacroix représente le pilier du romantisme pour Vincent Van Gogh, Paul Cézanne ou encore Edgar Degas. Il a influencé les impressionnistes mais également amené plus de luminosité dans la peinture.

 

Francis Bacon, l’art comme moyen d’expression (1909-1992)

 

Né en Irlande, Francis Bacon a une enfance difficile. Il est très vite rejeté par son père à cause de son homosexualité. Après Londres puis Berlin, c’est à Paris qu’il semble envisager une carrière d’artiste suite à la découverte d’une exposition de dessins de Pablo Picasso. L’imagination du peintre a touché Bacon qui s’est alors œuvré à la réalisation de dessins et d’aquarelles sans directives précises. C’est ainsi qu’à 23 ans il crée sa première œuvre à succès, Crucifixion en 1933 qui fut exposé à la Galerie Mayor.

Crucifixion, Francis Bacon

 

De Crucifixion découle une autre œuvre : Trois études de figures au pied d’une crucifixion, qui a été exposé à la Galerie Lefebvre en 1944. Ce tableau transmet un sentiment d’inquiétude par son fond orange et ses montres de pierre à la couleur de la chair humaine. Cette dernière est inspirée de la trilogie d’Eschyle. Car l’une des sources d’inspiration de Bacon ne fut pas un artiste mais un ancien dramaturge grec, Eschyle, auteur de l’Orestie. Cette trilogie traite d’une famille piégée dans un cercle vicieux de meurtres à répétition engendrés par la vengeance et la culpabilité. L’impact de l’Orestie se fait ressentir dans les peintures de Bacon au milieu des années 1940.

Trois études pour une crucification, Francis Bacon

 

Par la suite, Bacon produira une série improbable de transformations dans Peinture en 1946. L’artiste a affirmé vouloir peindre une descente d’oiseaux sur un terrain mais au fur à mesure, sa peinture s’est transformée en un assemblage de carcasses de viande avec au centre un homme mutilé, sans tête, sous un parapluie.

Les années 1950 marquent la fin des formes fantomatiques et des atmosphères sombres dans le travail de l’artiste. Bacon exerce une transformation nette dans ses peintures et puise son inspiration dans les œuvres de Van Gogh, Céret Chaim Soutine ainsi que dans les couleurs et la lumière du Maroc. Ses œuvres s’éclairent, deviennent colorées, voire mêmes éblouissantes.

Etudes du corps humain, Francis Bacon

 

Dans la série Etudes du corps humain, en 1982, Bacon déstructure et désarticule le corps humain qui n’est résumé qu’à une souche et deux jambes. A cette période, le langage de l’artiste offre des peintures plus accessibles, moins lugubres, nuancées par des textures et des couleurs multiples grâce à une technique plus affinée.

 

Ces trois artistes, bien que très différents, ont tous travaillé autour de la notion de la tourmente de l’esprit humain. En effet, chacun a dédié une partie de sa vie et de son œuvre à cette représentation de la torture que l’Homme s’inflige parfois à lui-même. Ascolini a donc rassemblé les œuvres de ces artistes qui, même si elles ne proviennent ni du même pinceau ni de la même époque, renvoient toutes à la même constatation. L’artiste Vasco Ascolini en a fait son sujet et évoque en une seule exposition la part d’ombre qui repose en chacun d’entre-nous.

 

Océane Fourny

The following two tabs change content below.

Submit a Comment