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« Cinquante nuances plus sombres » : les ténèbres ne sont pas loin

« Cinquante nuances plus sombres » : les ténèbres ne sont pas loin
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Le 8 février dernier sortait sur nos écrans 50 Nuances plus sombres, suite du phénomène 50 Nuances de Grey, sorti en 2015. Nouveau film érotico-dramatique qui nous conte la reconquête de Christian, ce film est très loin du naufrage dépeint par de nombreux médias. Critique.


 

C’est un Christian blessé qui tente de reconquérir Anastasia. Cette dernière exige un nouveau contrat avant de lui laisser une seconde chance. Mais une ombre surgit du passé de Christian et plane sur les deux amants, déterminée à détruire un quelconque espoir de vie commune.

 

Pendant une semaine, je me suis battu. Battu pour ne pas voir l’évidence. Battu pour ne pas tomber une nouvelle fois dans le piège. Battu pour ne pas faire le jeu de la suite du pire film de l’année 2015 – bien qu’entre lui et Les nouvelles aventures d’Aladdin, mon cœur ne cesse de balancer. Et puis je me suis résigné. Lassé de voir les critiques acerbes des cinéphiles et dans une perspective égocentrique de voir cette nouvelle insulte au septième art, je suis allé le voir.

Et bizarrement, j’ai aimé. Mieux, j’ai adoré. Là où le premier film n’était que faussement trash, on se retrouve enfin avec ce que l’on souhaitait. Du suspens, du la tension, une irrémédiable envie d’en savoir plus. Même les scènes de sexe, pourtant très mal réalisées dans le premier volet, sont cette fois-ci précises, justes, très éloignées des pseudos scènes sadomasochistes du premier volet. La « red room » devient enfin le lieu de tous les plaisirs les plus inavouables, où la soumission est au centre d’une relation des plus ambiguës.

Les acteurs sont bons, sans être excellents non plus – ce qui est déjà un réel progrès par rapport au premier opus – et cela nous pousse à nous demander si Jamie Dornan a (enfin ?) pris des cours d’acting. Ce dernier retrouve un certain charisme et commence à devenir convaincant en gentleman milliardaire et égocentrique aux désirs inavouables. Dakota Johnson, de son côté, continue de déhancher son postérieur et d’être une Anastasia Steele élégante, qui cherche à s’absoudre de la domination de Christian, en évitant les règles dictées par l’homme d’affaires. Mais la vraie force de ce second volet réside surtout dans ces personnages secondaires : Kim Basinger est jouissive dans le rôle de Mrs Robinson, le personnage qui a initié Christian aux joies du sadomasochisme et qui donne un nouvel élan à cette histoire romantico-sexuelle.

Enfin donc. En rentrant dans la salle, je n’étais pas certain de voir un bon film. Il aurait été aisé même de le descendre une fois de plus, mais force est de constater que j’ai été agréablement surpris. Peut-être que l’attente était si faible que je ne pouvais avoir qu’une bonne surprise, me direz-vous. Mais le fait est que 50 Nuances plus sombres est une œuvre qui ouvre une porte intrigante, où les ténèbres sont enfin là, plus sombres encore.

 

Jamie Dornan est Christian Grey & Dakota Johnson est Anastasia Steele dans 50 Nuances plus sombres – Copyright Universal Pictures

 

Honnêtement, vous y avez cru ? Vous vous êtes vraiment imaginé que 50 Nuances plus sombres était un bon film ? Amis amoureux de la saga littéraire, je suis désolé pour cette blague qui ne vous fera sûrement pas rire mais je dois une nouvelle fois donner raison aux cinéphiles et aux critiques déjà sorties. A présent, voici les choses telles qu’elles sont. Et elles sont terrifiantes. 

Non, 50 nuances plus sombres n’est pas un bon film. C’est un navet de plus qui vient suivre irrémédiablement le plantage du premier opus. Là où le premier volet était une longue, très longue, beaucoup trop longue introduction sur la « pseudo perversion » de Christian et ses « cinquante nuances de folie » – continuez de privilégier la version française, elle a cette saveur que la version originale n’a pas -, le second n’est qu’une accumulation de scènes faussement trash servant de prétexte à montrer les fesses de Dakota Johnson. Une nouvelle fois, nos deux tourtereaux continuent de jouer à touche-pipi entre deux petites claques et ne cessent de nous pousser à quitter la salle de cinéma, à grandes enjambées.

Mais au-delà de l’aspect kitsh du film, son côté résolument conservateur ne cesse d’intriguer et surtout de déranger. La femme est de nouveau un objet sexuel, soumise aux pulsions de son amant et dominéz économiquement par ce dernier (Anastasia accepte de revenir se faire fouetter car Christian lui offre des boucles d’oreilles Cartier, sérieusement ?). Dans cette franchise, la femme est niaise, vénale et prête à tout accepter en échange d’un duplex à Seattle. La personnalité de Christian Grey est encore plus pathologique que dans le premier film et nous prouve, une nouvelle fois, qu’il ferait un excellent objet d’études pour tous les étudiants en psychologie, s’intéressant à la déviance.

Enfin, les acteurs sont une nouvelle fois complètement absents : Jamie Dornan a toujours les yeux vitreux et n’a pas quitté son léger tic oculaire qui ne cessait d’intriguer pendant les longues séquences de dialogues aussi inutiles du premier volet. Ces dernières sont une nouvelle fois présentes et sont de plus en plus creuses (En voici un morceau. Christian Grey : « Pourquoi es-tu restée vierge aussi longtemps? « . Anastasia Steele: « J’avais lu Jane Austen. J’attendais quelqu’un d’extraordinaire« . Sans commentaire.). Dakota Johnson sauve à peine les meubles mais voit son personnage – et de ce fait son jeu – s’engluer dans un scénario aussi invisible que les scènes de sexe.

 

Cette saga est cynique et tend à développer un propos rétrograde. La transgression sadomasochiste n’existe pas et le film continue de revêtir un côté moralisateur malsain. Pour voir de l’érotisme soft, préférez donc Neuf semaines et demie, avec Kim Basinger notamment – qui joue bien, pas comme dans cette parodie pornographique où elle semble être venue pour cachetonner. Pour voir le sadisme d’un homme d’affaires matérialiste atteindre son paroxysme, lisez American Psycho de Bret Easton Ellis. Mais définitivement, n’allez pas contempler de nouveau le manque de charisme de Jamie Dornan et les courbes de Dakota Johnson : vous rendrez service au cinéma et vous éviterez surtout de perdre deux heures de votre temps. 

 

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Simon Wautier

Étudiant en Sciences Politiques à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille. Aime l'ironie et Maître Gims.

Comments

  1. mielou

    La blague m’a fait éclater de rire de soulagement !
    J’ai vraiment eu peur que vous fassiez l’apologie de ce film oh combien nauséabond…
    Bref, merci pour la blagounette, et pour l’article qui fait du bien 😀

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