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Clap de fin pour « Fais pas ci, fais pas ça »

Clap de fin pour « Fais pas ci, fais pas ça »
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Les enfants ont grandi, les mentalités ont changé, les familles se sont agrandies. C’est au terme d’une grande soixantaine d’épisodes (68 exactement), que la série Fais pas ci, fais pas ça va tirer son chapeau le mercredi 22 février prochain, après 10 ans d’une agréable présence sur l’antenne de France 2. Après le succès d’une décennie, c’est le clap de fin pour les deux familles préférées des français. Analyse et interview d’un fan inconditionnel de la série.


 

4 100 000 de curieux devant France 2 mercredi dernier

 

Il n’y aura pas de saison 10 : depuis le 8 février dernier, France 2 diffuse les ultimes épisodes de Fais pas ci, fais pas ça. Les fans pleurent la fin de la série qui a accompagné des millions de téléspectateurs pendant une décennie. Plus de 4 100 000 de curieux devant France 2 mercredi dernier, la série française était devant l’américaine Grey’s Anatomy (TF1) pour les deux premiers des six épisodes. C’est presque 17 % de part d’audiences, un très beau chiffre pour un retour tant attendu… Petite particularité de cette saison, elle se déroule sur 10 ans ; ainsi, dès mercredi nous serons en 2022 ! Une série sur 10 ans, c’est du jamais vu… « C’est assez rare, en effet, qu’une série s’étale ainsi, sur 10 ans. Je pense que, par curiosité, les téléspectateurs auront tendance à regarder plus (s’ils ne connaissent pas encore) juste pour voir ce que ça peut donner et comment cela a été traité… », nous confie un fan incontesté de la série. Est-ce la saison de trop ? « Non non, c’est la saison de pas assez même, absolument pas la saison de trop ! Même 10 ans après, ce n’est pas trop répétitif, les scénaristes ont la qualité de se renouveler sans cesse, les gens ne sont pas lassés, ils en deviennent même accro. Ils nous offrent des situations inédites. »

 

Pourquoi est-ce que la série marche ?

 

Les premiers épisodes de cette dernière saison sont marqués par la politique, et les présidentielles, que nous vivons au quotidien en France. Alors, évidemment, on ne parle pas de l’affaire Fillon chez les Bouley et chez les Lepic (le tournage s’étant achevé en octobre 2016), mais le problème des jeunes qui ne souhaitent pas voter aux élections présidentielles est bien présent. Prenons l’exemple d’Eliott Bouley, fils de Valérie et de Denis (Bouley) : nous avons toujours connu un personnage assez lunatique, soit il traine des pieds, soit il est hyperactif, soit il est ronchon… Dans le premier épisode diffusé, il ne veut pas s’inscrire sur les listes électorales car selon lui, la politique ne sert plus à rien, droite et gauche, c’est pareil ! C’est un vrai problème que notre société rencontre. Si vous allez dans un lycée, combien de jeunes vous diront qu’ils ne voteront pas, soit parce qu’ils sont désespérés face aux déboires de nos politiques, soit parce que « ça ne sert (plus) à rien ».

Guillaume Renouil, le producteur de la série, dans une interview à TéléObs explique que « tourner cinq ou six mois avant la diffusion de la série permet d’y intégrer des évènements [d’actualités] jusqu’au dernier moment ». La série est donc en lien avec le téléspectateur qui vit les mêmes choses que les personnages ! Sa vraie force ? « La proximité des gens, les personnages sont attachants, on se retrouve dans les sujets du quotidiens qui sont traités. Ils ont réussi à faire de l’humour avec des sujets qui ne sont pas forcément joyeux », toujours selon notre fan.

 

Le fils des « gauchistes » de la série s’engage… pour François Bayrou

 

Eliott a finalement décidé de s’inscrire sur les listes électorales. Et au grand dam de ses parents, il s’engage pour François Bayrou. D’ailleurs, à l’heure qu’il est (réelement), nous ne savons pas si ce dernier va se présenter ou s’il va se rallier à Fillon, Macron… ou bien même s’il ne va pas du tout faire partie de la course à l’Elysée. A la fin des deux premiers épisodes, nous assistons aux résultats des élections 2017 à l’Elysée sans savoir vraiment qui est élu. Les Lepic sont de droite (pour Chirac notamment), les Bouley sont de gauche (aux dernières nouvelles, pour Hollande) et Eliott est pour Bayrou. En analysant les mines déconfites de TOUS (les deux familles et Eliott), nous pouvons bien penser qu’un candidat ou plutôt unE candidatE est éluE. Les élections de 2017, intégrées dans la série, ont-elles dérangé notre fan ? « Le fait qu’ils intègrent le thème des élections est une bonne chose, c’est une réflexion intéressante qu’ils nous proposent et c’était vraiment une bonne idée d’aborder ce sujet ! »

 

Les deux familles

© Hitesh Mulani / Elephant Story

 

« Pauvre gouine ! », l’insulte homophobe dont Charlotte Lepic est victime

 

La question de l’homophobie en France est également traitée. A côté de la maison des « bobos de gauche » (les Bouley), se trouve la maison des Lepic. Il s’agit d’une famille assez bourgeoise, dont le père Renaud, incarné par Guillaume de Tonquédec, est très conservateur. Charlotte, sa fille, est homosexuelle, récemment « larguée » par sa petite copine ; son frère revient du collège, où il a été frappé par un autre élève. Elle se décide d’aller parler à l’agresseur de son frère. Des insultes fusent contre Charlotte, « Pauvre gouine ! » dit-il. La gifle part.

 

Le proviseur du collège de Lucas convoque les parents de Charlotte (alors qu’elle n’est plus élève !). Renaud, comme toujours conservateur, comprend la position du proviseur. Fabienne (incarnée par Valérie Bonneton), elle, au fil des saisons change de camp et accepte l’homosexualité de sa fille.

« Renaud – Je suis outré par l’attitude de ma fille !
Charlotte – Je m’excuse, mais d’abord il s’en prend à mon frère et après il m’insulte, c’est un p’tit con !
Renaud – Ca va pas bien Charlotte, tu t’entends ? Fabienne dit quelque chose !
Fabienne – ‘Pauvre gouine’ monsieur le proviseur, ‘pauvre gouine’ !! Ca c’est des manières ? Des propos homophobes, un point c’est tout ! Tu as bien fait de te défendre ! »

Cet extrait fait référence aux insultes dont les jeunes homosexuel(elle)s peuvent être victimes au collège, lycée ou même dans les rues. Par exemple, en décembre dernier, un couple de deux hommes avait été victime d’une agression homophobe à la sortie d’une boîte de nuit gay à Metz. « On va casser du pédé » avait dit un des agresseurs du groupe. L’une des deux victimes avait par ailleurs été grièvement blessée au visage.

En somme, tout a été réuni pour que chaque seconde de la dernière saison soit dégustée par les téléspectateurs. Et on retiendra que la proximité avec la vie courante des Français est une réussite ! Pour les fans, « l’esprit de la série que l’on connaît tous contribue à son succès, les comédiens sont très complices entre eux et ça, c’est vraiment cool ! De plus, ils ont une très bonne exposition sur France 2. » Ce n’est donc pas sans émotions que nous verrons les derniers épisodes dans une semaine. Une page de télévision se tourne…

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Théo Metton

Lycéen passionné de journalisme, j’anime la radio de mon lycée, inspiré par mon expérience à Radio France. Journaliste en devenir ?

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