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« Jackie », fresque bouleversante d’une first lady déterminée

« Jackie », fresque bouleversante d’une first lady déterminée
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Moins d’un mois après la sortie en France de son dernier film, Neruda, le réalisateur chilien Pablo Larraín s’exerce à nouveau au film historique. Avec Jackie, il revient sur le destin de la plus célèbre des first ladies en retraçant les évènements qui suivirent l’assassinat du président Kennedy. Critique de ce qui sera vraisemblablement l’un des meilleurs films de l’année 2017.


 

Novembre 1963 : John Fitzgerald Kennedy, alors président des États-Unis, est assassiné à Dallas. Sa veuve, l’iconique Jacqueline dite « Jackie » est décidée à surmonter ce deuil et à montrer au Monde entier l’homme que fut son mari…

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Ce que le film montre d’abord de manière très juste, c’est la mise en place immédiate de l’administration de Lyndon B. Johnson, alors vice-président des Etats-Unis, dans les jours qui suivirent l’assassinat. Jackie Kennedy n’a alors rien et doit rapidement déménager de la Maison Blanche, « sa » maison.

Et, comme si elle n’avait pas le temps ou même la force de faire son deuil, elle s’en affranchit en voulant préparer la plus belle cérémonie pour son mari. Elle souhaite que l’on se souvienne de ce jour comme on s’est souvenu des funérailles d’Abrahm Lincoln. Et tout le monde doit être là pour ce « spectacle » en hommage au président, au héros de « Camelot », du nom de la comédie musicale préférée de JFK. 

 

Caspar Phillipson et Natalie Portman sont John Fitzgerald Kennedy et sa femme Jackie (crédits photo: William Gray/Twentieth Century Fox Film Corporation)

Caspar Phillipson et Natalie Portman sont John Fitzgerald Kennedy et sa femme Jackie (crédits photo: William Gray/Twentieth Century Fox Film Corporation)

 

Confessions et conviction d’une Jackie Kennedy déterminée

 

Le film se construit donc en une confession de la first lady qui va donner sa version personnelle des évènements à deux hommes que tout semble opposer. Un prêtre, tout d’abord, à qui elle demande, comme si elle avait définitivement perdu le goût de la vie, si Dieu était dans la balle qui a tué son mari. Mais c’est surtout à un journaliste que Jackie Kennedy montre qu’elle est bien plus, selon ses termes, que « l’aristo idiote » qu’elle pouvait incarner. Car au final, c’est aussi pour elle que Jackie Kennedy met en scène toute cette cérémonie, pour prendre le dessus sur une peur qui l’envahit : la peur d’être seule et démunie de force. Les plans sont d’ailleurs toujours cadrés avec le personnage au milieu, comme pour montrer que c’était bien elle qui était au coeur de toute l’attention pendant cette période. 

 

Trois nominations aux Oscars

 

Mais le succès du film revient surtout à son interprète. Natalie Portman est tout simplement bouleversante en first lady. Le risque serait ici d’imiter la véritable Jackie Kennedy, de la parodier, que ce soit dans ses gestes, son timbre de voix ou même dans sa grâce. Mais, bien au contraire, l’actrice ne tombe pas dans cet écueil. Tout est juste, précis et aussi bien la colère que la douleur éprouvées par le personnage sont saisissants. Natalie Portman est donc en très bonne position pour remporter, à nouveau, l’Oscar de la meilleure actrice, six ans après Black Swan

 

Natalie Portman est la veuve du président Kennedy (crédit photo: Bac Films)

Natalie Portman est la veuve du président Kennedy (crédit photo: Bac Films)

 

Le film est également nommé dans la catégorie des costumes. Ceux-ci ont en effet une grande importance tout au long de l’histoire. Car c’est bien dans une pièce immaculée de blanc que Jackie Kennedy retire son tailleur rose, taché du sang de son propre mari. Et en portant ce vêtement toute la journée de l’assassinat, elle parvient à montrer au monde entier ce qu’on a fait à son mari, comme si elle cherchait un coupable et que ce morceau de tissu était la preuve de sa souffrance.

Enfin, le film est nommé dans la catégorie de la meilleure musique. Cette bande originale est omniprésente et ses sons graves et rauques traduisent très bien la douleur et l’agitation permanente dans laquelle se retrouve plongé le personnage de Natalie Portman dès que le premier coup de feu touchant JFK retentit.

 

Avec Jackie, Pablo Larraín réalise donc un film poignant et juste où Natalie Portman livre l’une de ses meilleures prestations. Un film sur l’une des facettes les moins connues d’un évènement ayant bouleversé les Etats-Unis et le monde dans les années 1960.

 

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Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

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