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« Lion » : quête et voyage émotionnels

« Lion » : quête et voyage émotionnels
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Le premier long-métrage du réalisateur australien Garth Davis a été nominé six fois aux Oscars et unanimement salué par la critique. Il raconte l’histoire vraie de Saroo, jeune indien séparé de sa famille qui voit son destin bouleversé après s’être perdu dans une gare. Critique.


 

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde.

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Lion est un conte, celui d’une histoire vraie, celle de Saroo. A cinq ans, Saroo s’endort sur la banquette d’un train qui l’emmène malgré lui à Calcutta, à des milliers de kilomètres de sa famille qui vit dans un petit village à l’Ouest de l’Inde. Le petit garçon se retrouve entouré de gens parlant le bengali et non l’hindi dont il est familier, et désespéré à l’idée de ne jamais retrouver sa mère et son frère. La caméra de Garth Davis s’attache au jeune garçon tout en dépeignant l’infini diversité du pays dans lequel il se perd, s’éternisant sur les paysages de l’Inde alors que sa pellicule semble prendre une teinte ambrée, dressant des portraits furtifs de ses habitants dans des enchaînements de gros plans. La photographie de cet immense pays tantôt déserté, tantôt croulant sous la foule de ses habitants écrasés par la pauvreté est saisissante. La détresse de cet enfant et son courage ne peuvent laisser indifférent. L’émotion transmise et l’intérêt immédiat suscité chez le spectateur doit énormément à la prestation du jeune acteur (Sunny Pawar), incroyablement juste, à la fois débordant d’énergie, bouleversé et bouleversant. Le jeune Saroo est finalement recueilli dans un orphelinat, avant d’être adopté par un couple vivant en Tasmanie.

 

Copyright : The Weinstein Company

 

Lion est une odyssée, celle vécue par Saroo, celle de l’arrachement à ses racines. Il est accueilli par sa nouvelle famille, s’intègre à un quotidien à mille lieux de celui auquel il était habitué. Ellipse. Puis l’âge adulte. Saroo s’est parfaitement habitué à sa nouvelle vie, on aurait d’ailleurs aimé en savoir plus sur son adolescence et son intégration. Lion évoque en effet des questions extrêmement pertinentes sur l’adoption, qui restent malheureusement effleurées au point d’en être effacées par ce qui deviendra la quête du personnage principal. « Je suis désolé que tu n’aies pas pu avoir d’enfants, tu n’as pas adopté des pages blanches » dit-il à sa mère adoptive (méconnaissable Nicole Kidman), évoquant son frère lui aussi adopté et souffrant visiblement d’un traumatisme dont il ne se remettra pas, tout en sous-entendant son obsession de retrouver sa famille alors qu’il n’ose avouer ses recherches à celle qui l’a recueilli et aimé. Soutenu par sa petite amie (Rooney Mara), Saroo entreprend son enquête, basée sur sa mémoire fracturée, les souvenirs flottants des lieux de son enfance, des calculs d’itinéraires de lignes de train et des zooms infinis sur Google Maps. Ces derniers sont d’ailleurs quelque peu dissonants, définitivement trop nombreux, et intégrés de façon trop grossière à la réalisation de Garth Davis. Ils servent cependant l’exploration de Saroo qui devient passionnante à mesure qu’elle se transforme en introspection, en une réflexion sur l’identité, le passé et le destin.

 

Malgré ses maladresses, des réflexions qu’on aurait voulues plus poussées, des relations entre les personnages qu’on aurait aimé voir abordées davantage, Lion reste un film incroyablement touchant, un récit riche, initiatique, porteur d’un idéal. Il est aussi un portrait crédible et marquant, porté par deux acteurs talentueux qui servent parfaitement cette histoire vraie racontée dans un film qui prend au cœur et qui fait couler les larmes sans jamais les tirer.

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Claire Schmid

Etudiante en Master à l'Ecole de Droit de Sciences Po. Passionnée par le Cinéma, la peinture, l'écriture et la politique.

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