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Macron, grand vainqueur des primaires de droite et de gauche

Macron, grand vainqueur des primaires de droite et de gauche
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Entre fractures et scandales, la droite et la gauche souffrent de maux auxquels Emmanuel Macron est pour l’heure imperméable. Et sans même avoir participé aux primaires, le candidat d’En Marche ! pourrait bien être celui qui en profite le plus.


Entre les deux tours de la primaire de la Belle Alliance Populaire (BAP), Manuel Valls avait laissé planer le doute quant à son implication dans le projet de Benoît Hamon, si celui-ci venait à l’emporter. Bien qu’ayant assuré, lors du premier débat télévisé, s’engager en faveur du vainqueur, l’ex-Premier ministre a semble-t-il revu ses plans au micro RMC/BFM TV : « Ça me paraît difficile de défendre des choses que je n’ai pas portées ». M Valls faisait allusion, notamment, au revenu universel cher à l’ancien ministre frondeur.

Au travers d’une tribune publiée dans Le Monde, plusieurs parlementaires socialistes, dont Christophe Caresche et Gilles Savary ont de leur côté affiché un « droit de retrait ». Comme un symbole de la fracture béante qui divise au sein du PS. Un « droit de retrait » dont pourraient se saisir d’autres électeurs fidèles à la gauche de gouvernement, élus comme non-élus.

Manuel Valls, dont la ligne sociale-libérale reste relativement populaire au vu des suffrages qu’il a recueillis, pourrait donc voir ses électeurs drainés vers Emmanuel Macron, qui prône des idées similaires. Notamment au sujet de la libéralisation du marché et du Code du travail, sur lequel l’énarque a planché avec Myriam El Khomri durant son passage à Bercy.

 

La gauche cherche à faire face

 

Benoît Hamon, durant sa campagne, a plusieurs fois annoncé vouloir revenir aux fondements et aux fondamentaux de la gauche. Ce désir transparaît nettement dans un programme très axé sur le progrès social. L’ex-frondeur, qui rejette en grande pompe une bonne partie du bilan de François Hollande, cherche à marquer une rupture nette avec l’actuel président. Mais en donnant un tel coup de barre à gauche, le triomphateur de la primaire de la Belle Alliance Populaire se prive des électeurs sensibles aux idées de la gauche les plus versatiles (tels que les nouveaux votants),  et les moins « radicaux », qui devraient selon toute vraisemblance opter pour l’instigateur du mouvement En Marche !.

Pour figurer au deuxième tour de l’élection présidentielle, au vu des problématiques évoquées ci-dessus, Benoît Hamon ne dispose pas d’autre choix que celui de s’unir et il en a parfaitement conscience. C’est pourquoi il a, dès l’officialisation de sa victoire à la primaire, affirmé vouloir « construire une majorité gouvernementale » avec Yannick Jadot, propulsé par la primaire écologiste et Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise.

L’idée semble intéressante sur le papier. Cependant, elle soulève deux problèmes majeurs. Tout d’abord, une union impliquerait le désengagement de deux candidats au profit du troisième. Or on voit mal M. Jadot ou M. Hamon, élus démocratiquement, se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon, qui ne teste pour l’heure sa popularité qu’à travers les sondages. Un tel acte pourrait être perçu comme une trahison pour les électeurs des deux primaires. Un tel scénario pourrait encore une fois favoriser Emmanuel Macron.

Enfin, si l’hypothèse d’une union de la gauche prenait vie, les trois candidats seraient dans l’obligation d’établir un programme édulcoré, un programme de consensus. Autrement dit un programme pour lequel ni les électeurs de MM. Jadot et Hamon n’ont voté. Là encore, c’est un problème.

 

Une équation avec ou sans Fillon ?

 

A droite, Emmanuel Macron a d’ores et déjà profité de l’éviction d’Alain Juppé et son projet rassembleur. Ouvert aux propositions du centre durant sa campagne, le maire de Bordeaux devrait voir ses électeurs pencher pour le projet de l’ex-pensionnaire de Bercy plutôt que pour le projet « dur » que défend François Fillon.

Par ailleurs, quid de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy ? Embourbé dans le scandale « Penelope Gate », mis au jour par Le Canard Enchaîné, M. Fillon est tancé, au sein même de sa propre famille politique. On évoque déjà le possible recours à un plan B, qui ne sera pas Alain Juppé, le septuagénaire l’a annoncé lui-même. Si François Fillon venait à retirer sa candidature, on imaginerait mal Les Républicains désigner un candidat aux convictions très éloignés de celles du candidat Sarthois, au risque de perdre une partie des électeurs de droite.

Enfin, rappelons qu’avant même l’éclatement du scandale, M. Fillon avait vu la dynamique de sa victoire à la primaire sérieusement atrophiée par les critiques qui sévissaient de toutes parts sur son projet social. Là encore, si une fois sortie de la zone de turbulences qu’il traverse M. Fillon venait à l’épurer de certaines mesures qui l’ont fait élire, l’ex-Premier ministre ne serait pas à l’abris d’un exode des votants.

 

De manière générale, les primaires semblent bel et bien – indirectement – avoir appuyé la candidature Macron. Le nouveau venu, qui a décidé de se lancer directement dans la course à la présidentielle, voit donc les planètes s’aligner en sa faveur tandis que les icônes de la politique française disparaissent une à une (M. Sarkozy, M. Juppé, Mme Duflot, M. Valls, etc…). Cela semble également indiquer une certaine volonté « d’épuration » de la scène politique de la part du peuple français.

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Florian Bouhot

Journaliste en devenir, étudiant actuellement à Paris IV. Citoyen du monde mordu d'actualité internationale, de ballon rond et de sonorités électroniques.

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