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1957-2017 : soixantième anniversaire du traité de Rome

1957-2017 : soixantième anniversaire du traité de Rome
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Conférences ; sommets entre chefs d’états ; manifestations : l’Europe s’est donné rendez-vous le 25 mars à Rome à l’occasion des soixante ans de la signature du traité de 1957. Afin que cette anniversaire soit renaissance, sans doute faut-il prendre en compte les critiques, parfois légitimes dont l’Union Européenne fait l’objet.


 

L’Europe face aux crise identitaires

 

Là est sans doute le principale facteur de la monté des mouvements dits « populistes », dont l’explication ne peut être réduite aux difficultés économiques. L’exemple des résultats électoraux aux Pays-Bas le révèle particulièrement bien. Directeur de l’institut Jacques Delors et président du mouvement européen France, Yves Bertoncini explique : « Les peuples européens souffrent d’un malaise identitaire auquel l’Europe doit répondre, ce qu’elle ne fait pas. La civilisation européenne, c’est l’ouverture. Mais être ouvert, tolérant et multiculturel n’est pas incompatible avec de la fermeté, et non pas de la fermeture ».

Pourquoi donc l’Europe semble-t-elle être incapable de répondre à cette inquiétude ? Le sociologue allemand Ulrich Beck écrit qu’à la suite de la seconde guerre mondiale, l’Union Européenne était un projet qui « appelait l’Europe à fuir éperdument le spécifique, l’enracinement, l’héritage, l’appartenance ». Or une des conséquences de la mondialisation est justement la résurgence d’une volonté populaire d’affirmer les particularismes culturels face au processus d’uniformisation des cultures. Ceux qui ont aujourd’hui le courage de défendre l’Union européenne semblent toutefois minimiser la légitimité relative de ces revendications.

 

L’Europe : un marché, mais encore ?

 

« La construction européenne est progressivement devenue une réalité bureaucratique et un projet uniquement économique. Et c’est ce reducto ad economicum qui a rendu l’Europe impopulaire. L’Europe vécue comme simple marché ne pourra jamais séduire un peuple drogué depuis l’origine à la politique et aux idées », selon Raphael Glucksmann (Notre France). Ainsi le malaise peut-il être résumé. Londres fut toujours le plus fervent partisan d’un projet européen exclusivement économique prônant le dogme de la concurrence libre et non fausséé. Ce modèle économique est de plus en plus contesté, et le projet européen basé exclusivement sur l’économie ne fait plus rêver grand monde. Comment donc ne pas voir dans le Brexit l’opportunité pour que l’Union Européenne puisse évoluer ?

Si l’Europe est un espace de libre-échange, c’est aussi un territoire qui comporte des cultures. Un territoire porteur et hérité d’une civilisation. L’affirmation de celle-ci, tant qu’elle ne se construit pas sur un discours de haine, est un élément essentiel à la cohésion européenne. Cette culture, ces héritages, ces racines, l’Union Européenne peine à les incarner. Pour beaucoup, Bruxelles est perçu, à tord ou à raison, comme le principal allié de la mondialisation, destructeur des identités et des spécificités.

 

25 mars 2017 : sommet de Rome

 

La capitale italienne est en effervescence pour les célébrations du 25 mars, les mesures de sécurité sont d’ailleurs maximales. Une rencontre entre le souverain pontife et les 27 chefs d’états est organisée le 24 mars. Puis, la tenue d’un sommet entre ces derniers est programmée le lendemain. Celui-ci doit aboutir à la signature de la déclaration de Rome, visant à relancer l’Union européenne. Une grande conférence de presse a également été prévue pour le 25 mars à midi, et l’on compte pas moins de six manifestations organisées pour cette même journée dans le centre de Rome.

Les événements ne manquent pas et le sursaut est nécessaire dans un contexte ou le projet européen fait face, au pire, au rejet. Au mieux, à l’indifférence. Mais ces événements resteront-ils dans la mémoire des français? Difficile de le croire. Nous ne pouvons par exemple que constater que la célébration des 60 ans du traité de Rome n’a eu aucun impact sur la campagne présidentielle française. Une occasion manquée, à nouveau…

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Olivier Crouzier

Lycéen en première ES, passionné par la politique française, européenne, et par le traitement de l'information par les médias
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