Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Alexandre « Penalty » Lacazette ?

Alexandre « Penalty » Lacazette ?
mm

Un penalty toutes les 174 minutes. C’est la statistique du moment qui fait grincer des dents bon nombre d’amateurs de football français, sinon les supporteurs de l’Olympique Lyonnais. Cela représente 11 penaltys tirés par Lacazette (sur les 12 que l’équipe a obtenu depuis le début du championnat) en 28 matchs. Des statistiques que raffolent les twittos des équipes adverses, dont le tweet « PENALTY POUR LYON! » est devenu viral. Décryptage. 


 

Il est vrai que l’Olympique Lyonnais obtient beaucoup de penalty. Par comparaison, le Paris Saint-Germain en a obtenu 8 et Bastia, qui détient le plus faible total de notre championnat, un seul. Lacazette pour sa part, a marqué 22 buts, pour 10 penaltys. Quasiment un but sur deux donc, ce qui lui vaut désormais le surnom de « Penalcazette ». Mais ces penaltys sont-ils justifiés? Ou bien comme l’a titré le quotidien sportif L’ÉQUIPE, « le très influent monsieur Aulas » (président du club de l’Olympique Lyonnais et très actif dans les médias) influencerait-il le corps arbitral ? Épineuses questions.

Ce qui est sûr, c’est que non, l’Olympique Lyonnais ne « paye pas les arbitres » comme certains s’amusent à le dire. Avec le nombre de contrôles, à tous niveaux et de tous types dans le football, ces dires sont invraisemblables. Alors qu’une enquête a été ouverte pour un « match truqué » en Coupe de France opposant Le Poiré-Sur-Vie et Viry-Châtillon, on imagine mal comment l’un des plus grands clubs de l’hexagone puisse offrir des pots-de-vin au corps arbitral. Néanmoins, les déclarations du président Aulas (suivi par 366K sur Twitter), qui met régulièrement la pression sur les arbitres, peuvent faire réfléchir ces derniers au moment de prendre leurs décisions. Cela semble s’apparenter à une sorte de stratégie, qui lorsque l’on y réfléchit, tous présidents de Ligue 1 peuvent adopter. Une stratégie que le président de l’AS Monaco, Vadim Vasilyev, semble avoir adopté après un match contre… l’Olympique Lyonnais le 18 décembre dernier. Déclarant que « l’OL est favorisé par l’arbitrage » et préconisant qu’il fallait « enquêter, et faire cesser ces méthodes » après un match houleux, ponctué de situations litigieuses dans les deux surfaces de réparation, et finalement perdu (1/3) par les Monégasques. Résultat des courses, au match d’après, Monaco l’emporte (2/1) face à Caen, grâce à un penalty… imaginaire. Comme quoi. 

 

Avantagé, vraiment ? 

 

Intéressons nous dorénavant aux causes de ces penaltys. L’Olympique Lyonnais dispose d’une armada offensive que plus d’un club aimerait avoir. Doté de joueurs rapides et très techniques, tels que le fameux Alexandre Lacazette, le Néerlandais Memphis Depay arrivé cet hiver ou bien Nabil Fekir, les attaquants lyonnais provoquent énormément les défenses adverses. De plus, les milieux de terrain lyonnais sont assez doués pour distiller de bons ballons à leurs attaquants. Tous les voyants semblent donc être au vert dans ce compartiment du jeu. Lorsque l’on visionne les images des fautes entraînant ces fameux penaltys, quelque chose nous frappe. Il y a (presque) toujours penalty. En effet, excepté une faute à la limite de la surface de réparation contre Montpellier et une simulation de Ferri contre Caen, les fautes sont bien réelles. D’ailleurs, le très sérieux site internet arbitragevideo.fr faisant l’état des lieux des erreurs d’arbitrages et de leurs incidences sur le classement, montre que l’Olympique Lyonnais figurerait à la même place au classement avec un point de moins. À l’inverse, Monaco (actuel leader) se voit ravir 4 points, passant de 59 points (en réalité) à 55 points (sans les possibles erreurs d’arbitrage). De plus, certaines fautes commises dans la surface de réparation ne sont pas sifflées, comme pour tout club d’ailleurs, les erreurs arbitrales font parties intégrantes du jeu,  tel que ce tacle grossier du latéral gauche guingampais Ikoko lors de la dixième journée.

 

Lacazette, simple tireur de penalty ?

 

Maintenant que les penaltys sont obtenus, il faut un tireur. Et c’est Alexandre Lacazette qui s’en charge (plutôt) bien à l’Olympique Lyonnais. Ce dernier en a inscrit dix sur onze tentatives en championnat, ce qui explique son totale élevé dans cet exercice. Mais coller l’étiquette de simple tireur de penalty à Lacazette serait malhonnête. Champion d’Europe des moins de 19 ans en 2010 au côté d’un certain Antoine Griezmann, il n’a cessé d’engranger des buts et de l’expérience depuis. Pisté par les plus grands clubs européens (l’Atlético de Madrid ou encore Arsenal), il y a peu de chance qu’Alexandre Lacazette reste dans notre championnat l’été prochain. En attendant, son prix se situerait aux alentours de 40 millions d’euros, voire plus. Cela fait cher le penalty non ? 

De plus, après sa prestation stratosphérique de jeudi dernier en Ligue Europa contre l’AS Roma, Lacazette a montré qu’il pouvait jouer dans la cour des grands. Souvent critiqué pour être absent dans les grands rendez-vous, il semblerait que le Lyonnais ait passé un cap cette saison. Buteur contre Monaco, auteur d’un doublé face à Marseille, il est sans nul doute l’un des meilleurs attaquants de l’hexagone. Il ne lui manque plus qu’à être décisif sur la scène européenne. Chose en partie faite donc, jeudi dernier, notamment grâce à une somptueuse frappe pleine lucarne aux vingt mètres en toute fin de match. Didier Deschamps, présent dans les tribunes du Parc OL, appréciera le geste. Reste à savoir si l’attaquant lyonnais figurera dans le liste du sélectionneur, pour affronter le Luxembourg et l’Espagne, dévoilée jeudi prochain…

Les chiffres utilisés sont uniquement relatifs au championnat de France 2016-2017, et s’arrêtent à la 29ème journée (soit au week-end du 12-13 mars 2017).

Photo d’illustration : (crédit photo : Reuters)

The following two tabs change content below.
mm

Aurélien Epiais

Submit a Comment