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Arsenal, l’éternel recommencement

Arsenal, l’éternel recommencement
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Au lendemain de l’humiliation subie en coupe d’Europe face au Bayern de Munich (10-2 score cumulé), le club d’Arsenal se dirige vers une nouvelle saison ratée. Un scénario qui se répète depuis dix ans dans le nord de Londres et pourtant rien ne change. Coup de gueule.


 

« Cette fois c’est trop ». Quatre mots devenus sinistre leitmotiv des supporters d’Arsenal après chaque nouvelle déception. Une fois de plus, l’esprit des fans du club londonien est traversé d’un sentiment de déjà vu.

Comme toujours, Arsenal est éliminé en huitièmes de finale de Ligue des Champions dès le match aller. Comme toujours, Arsenal a pris le bouillon face à une grande équipe. Comme toujours, les supporters sont lassés de voir leur saison s’achever début mars. Comme toujours, les Gunners sont la risée du football européen. Et comme toujours, Arsenal terminera 4e du championnat afin de répéter l’opération l’année suivante. Un éternel recommencement.

 

Une histoire d’enfants

 

Ce cycle se répète fatalement saison après saison et pourtant la situation n’évolue pas. De quoi alimenter la lassitude des supporters et leur frustration face à l’entêtement d’Arsène Wenger, manager du club depuis vingt ans, et symbole de cette stagnation. Le flegmatique entraîneur Alsacien est plus contesté que jamais : on lui reproche son manque d’ambition et son refus de dépenser les millions d’euros mis à sa disposition chaque année. Et par dessus tout son incapacité à remporter des titres. Les fans du club commencent à perdre patience, et remettent naturellement en question le statut d’intouchable de Wenger, complètement dépassé par les évènements. On les comprend. Ainsi fleurissent des panneaux « Wenger Out ! » et autres moqueries dans le stade comme sur les réseaux sociaux.

Force est de constater qu’Arsenal est devenu un club secondaire qui refuse de l’admettre. Une équipe qui prétend jouer dans la cour des grands sans se donner les moyens de ses ambitions ne récolte que des humiliations. Le départ inévitable d’Alexis Sanchez cet été n’est pas prêt d’améliorer les choses tant le Chilien, seul grand joueur d’un maigre effectif, est indispensable aux Londoniens.

Pire, l’auto-satisfaction affichée du club qui vante sa régularité au haut niveau, ses qualification successives en coupe d’Europe et surtout sa rentabilité financière. C’est cette suffisance même qui plombe la réussite du club, entretient l’équipe dans une médiocrité latente capable d’assurer le minimum. Arsenal est cet élève qui obtient chaque année un 10/20 et se targue de ne jamais redoubler, avant de reproduire la même prestation l’année suivante. Bis repetita. Des gamins, c’est d’ailleurs le sobriquet que donne Patrice Evra aux Gunners : « une équipe de onze enfants ».

En bref, le bateau coule mais le capitaine ferme les yeux.

 

Le mécontentement des fans d’Arsenal (crédit photo : Reuters)

 

Une gestion plus économique que sportive 

 

La raison d’une telle stagnation n’est pas difficilement identifiable, elle est le fruit d’un étonnant paradoxe. En effet, Arsenal est parmi les clubs de football – devenus véritables entreprises – les plus rentables du fait des revenus de son stade, ceux des droits TV exorbitants et de ses dépenses austères. Sur le plan économique, Arsenal est le bon élève du football et fait partie des très rares clubs non déficitaires. En partant de là, la logique voudrait que les bénéfices soient réinvestis dans l’achat de joueurs plus compétitifs – comme le fait le Bayern – mais tel n’est pas le cas. Pourquoi ? L’appât du gain : à défaut de changer une équipe qui perd, on ne change pas une entreprise qui rapporte des gros sous.

Une gestion saine qui fait les affaires du propriétaire Stan Kroenke et le président Ivan Gazidis, qui renouvellent leur confiance en Wenger depuis tant d’années en partie pour son obstination à ne pas dépenser.

En résumé, les dirigeants du club, les joueurs et le manager s’en mettent plein les poches pendant que les supporters attendent désespérément des résultats sportifs. C’est à en oublier que le football est avant tout un jeu, un spectacle, un génial divertissement maintenant qu’il est devenu une machine à fric. Inutile de préciser que si vous souhaitez vous rendre au stade pour assister à un match, vous ne pourrez trouver un tarif plus cher qu’à l’Emirates Stadium d’Arsenal. 

La supercherie est tout de même bien ficelée.

 

L’heure du changement a sonné ?

 

Difficile à dire. Les saisons londoniennes se suivent et se ressemblent. Comment ne pas imaginer de nouvelles désillusions à l’avenir, tant le club souffre de sa suffisance dans l’insuffisance ? L’enjeu est de faire changer durablement les choses sans faire perdre à Arsenal son identité.

La seule solution envisageable est la « thérapie de choc ». Autrement dit, le club doit tout détruire pour mieux reconstruire. Il s’agit de détruire l’édifice pour en rebâtir un flambant neuf, plutôt que rénover sans cesse la vieille bâtisse en perdition. Reculer pour mieux sauter. Ainsi, sortir de ce cycle de médiocrité, aller droit dans le mur afin d’opérer les changements structurels dont Arsenal a désespérément besoin. Et fonder un nouveau projet sportif passe – entre autres – par le départ de Wenger, icône de la tiédeur insupportable de son équipe depuis dix ans.

Cette thérapie, un autre club de Londres l’a adoptée l’an passé : Chelsea. Et quelle efficacité. Après un exercice 2015/2016 totalement raté, le club a tout balayé et s’est offert un nouveau départ. Nouvel entraineur, nouveaux joueurs, nouveau management… Résultat ? Les Blues seront sans aucun doute champions d’Angleterre en mai prochain. Une stratégie payante.

 

Arsenal va mal, c’est clair, les beaux jours sont partis. Mais l’espoir est toujours là. L’espoir d’un profond changement et d’un retour sur le devant de la scène. Oui, l’heure du changement a sonné, il n’est pas question de fatalité mais simplement de passion.

Ainsi Jean Monnet affirmait : « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. » La crise est réelle, le changement viendra.

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Gabriel de Villaines

Étudiant à Sciences Po Bordeaux. Cultive les roses dans son microcosme.
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