Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Benoit Hamon à Bercy, le tour de force

Benoit Hamon à Bercy, le tour de force
Claire Lebrun

Ce dimanche 19 mars à l’Accorhotels Arena s’est tenu le meeting phare de Benoît Hamon. Le candidat socialiste a opéré une démonstration de force à la veille du premier débat de la présidentielle, en revalorisant ses idées sur le social et l’environnement, les axes forts de sa campagne.


 

Les gradins de la salle de Bercy sont bondés, l’ambiance est survoltée, les forces de la famille socialiste semblent s’être rassemblées en faveur du candidat vainqueur de la primaire. Selon les organisateurs, 20 000 personnes, militantes, jeunes, moins jeunes, récentes, étaient présentes et 5 000 à l’extérieur, devant un écran. En début d’après-midi, les soutiens politiques de Benoit Hamon s’expriment tour à tour : Yannick Jadot en faveur de l’écologie, Najat Vallaud-Belkacem qui salue ces  »gens de gauche, qui trouvent normal de voter pour un candidat de gauche », Anne Hidalgo le  »vote utile, celui de ses convictions », et Christiane Taubira, pour qui Benoît Hamon  »réhabilite la politique et lui redonne sa dignité ».

L’ancien frondeur du gouvernement redonne un souffle à la gauche française. Acclamé pour le début de sa tribune, une minute de silence en hommage  »aux victimes des attentats du 19 mars, de Charlie Hebdo, du Bataclan » donne un ton sérieux et engagé. Durant son discours, Benoît Hamon a salué l’intervention de l’opération Sentinelle à Orly et fait applaudir François Hollande, Bernard Cazeneuve et même Jean-Yves le Drian, pressenti pour apporter son soutien à Emmanuel Macron. Au contraire le public a hué Jean-Vincent Placé et Jean-Christophe Cambadélis, qui refuse toujours de se prononcer concernant son soutien à Benoît Hamon ou Emmanuel Macron.

Le candidat socialiste l’assure : à la fin de son mandat il sera »le président d’une grande puissance sociale et écologique » qui « misera tout sur l’éducation ». Il promet la fin des inégalités salariales, une transition énergétique par l’utilisation des énergies renouvelables et 40 000 enseignants supplémentaires sous son quinquennat. Un discours mis en parallèle de celui de François Hollande au Bourget en 2012, lorsque Benoit Hamon parlait d’un adversaire familier,  »le parti de l’argent, qui a plusieurs noms, plusieurs visages, même plusieurs partis ».

Il tacle également le candidat d’En Marche ! lorsqu’il lance  »vous n’avez qu’un t-shirt? Allez vous acheter un costume! » Face au candidat qui se déclare  »ni de gauche, ni de droite », Benoît Hamon s’oppose à cette ligne :  »moi, je ne confonds pas les communards et les versaillais, les dreyfusars et les anti-dreyfusards » et souligne  »comment pourrait-on confondre Zemmour et Césaire? ». Finalement, le candidat socialiste alarme sur l’état de l’Europe, qu’il a comparé au suicide de Stefan Zweig (1881-1942) face à la montée des extrêmes. Face à Marine le Pen  »candidate de la haine », Benoit Hamon préfère une phrase de Simone de Beauvoir :  »la fatalité triomphe dès que l’on croit en elle’‘. 

 

« Lyrique et engagé »

 

Cliona, drapeau européen à la main, n’en revient pas : « C’était ouf, c’était un de ses meilleurs discours ». A côté d’elle, Lina finit de fumer sa cigarette, « son discours était à son image : lyrique et engagé ». Les deux étudiantes ont surtout été marquées par le moment où Benoît Hamon a déclaré qu’il serait « un président féministe ». Pour Lina, c’est inédit :

« On est quand même dans une époque où Trump est président alors qu’il s’est vanté d’avoir harcelé des femmes sexuellement ! »

Même les curieux sont convaincus. Clara, 23 ans, étudiante en droit, assistait elle à son premier meeting : « J’hésitais avec Emmanuel Macron mais je préfère les idées de Benoît Hamon, que ce soit sur le social ou l’environnement. Après, je pourrais aussi voter pour Jean-Luc Mélenchon… » 

L’autre figure montante de la gauche pour ces élections présidentielles se fait entendre mais pour ses militants, Benoit Hamon se démarque sur les idées et notamment, celles sur l’environnement. Une militante EELV (Europe Ecologie les verts), pour qui ce meeting a été un marqueur de force, l’atteste: ‘‘On a rejoins les MJS (Mouvement Jeunes Socialistes) pour militer avec Benoit Hamon depuis un an. Son programme de 2025 avec la transition énergique et l’idée de sortir du nucléaire, je trouve ça génial. » À noter que Benoit Hamon a déclaré qu’il souhaitait pérenniser la dissuasion nucléaire pour garantir la souveraineté française sur la scène internationale. La militante précise:  »En comparaison, j’ai un peu de mal avec Jean-Luc Mélenchon, qui est trop démagogue’’. 

Daniel, fonctionnaire à la mairie de Paris, et dans les petites mains de la campagne (tracts, porte à porte, formations) avait découvert Benoît Hamon en 2011. Il soutenait ses idées mais doutait de son étoffe présidentielle, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui :

 »Un Bercy rempli pour un premier tour, c’est un vrai tour de force et une révélation pour ceux qui s’en moquaient. Il porte une vision, qui n’est ni décliniste façon Le Pen, ni ultra-libérale. L’environnement est une question transversale chez lui, elle répond aux défis qui nous touchent directement, comme la transition énergétique, la pollution… Le FN nie cette question et elle est seulement dans un coin des programme de Fillon et Macron. »

 

Candidat de sa famille politique et figure d’une gauche qui se veut apaisée mais ambitieuse, Benoit Hamon a réalisé une démonstration de force à Bercy et a dirigé ses tacles contre son adversaires direct, Emmanuel Macron. Porté par ses idées mais en baisse dans les sondages (à 13% selon le dernier sondage Ipsos), les débats télévisés, qui lui ont toujours été favorables, prolongeront-ils le souffle de sa campagne?

The following two tabs change content below.

Claire Lebrun

En Master Histoire Afrique et Moyen Orient à la Sorbonne Paris 1. Mémoire sur les relations diplomatiques franco-saoudiennes.

Submit a Comment