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Notre-Dame-des-Landes : qu’en est-il aujourd’hui ?

Notre-Dame-des-Landes : qu’en est-il aujourd’hui ?
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A l’heure de la campagne présidentielle, le sujet Notre-Dame-des-Landes ne semble toujours pas enterré. Et ce malgré le vote par référendum exprimé en faveur de la construction du nouvel aéroport en juin dernier. Le projet continue de soulever de nombreuses contestations, de la part des zadistes mais aussi de certains candidats à la présidentielle, comme Benoit Hamon, soutenu par Yannick Jadot, et Jean-Luc Mélenchon. Mais quelle où en est le projet d’aéroport ?


Les zadistes ne sont toujours pas décidés à partir, malgré le résultat du référendum de juin dernier qui donnait vainqueur le « oui » à la construction du nouvel aéroport. Ils ont d’ailleurs profité d’un nouveau souffle venu d’en haut pour relancer leurs actions et leurs manifestations : depuis le 18 janvier dernier, les propriétaires expropriés de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes peuvent en effet demander la restitution de leurs parcelles, puisque la loi prévoit que lorsque l’expropriation n’a pas été réalisée dans les cinq années qui suivent les ordonnances prises par le juge. Une telle restitution est possible sous accord de ce dernier bien entendu. 

Mais à ce sujet, la jurisprudence est quasiment inexistante et les zadistes espèrent donc pouvoir en tirer profit pour mettre en péril le début des travaux. Une seconde date est d’ailleurs à retenir dans ce projet. Il s’agit de celle du 10 février 2018 puisque à cette date, si les expropriations n’ont toujours pas eu lieu, les travaux ne pourront plus être lancés. C’est en effet ce que prévoyait la déclaration d’utilité publique du 9 février 2008, stipulant que les expropriations devraient être menées dans un délai de 10 ans à compter de la publication du décret. Ainsi, le projet semble être mis à mal par de nombreuses obligations juridiques, pouvant ainsi profiter aux militants s’engageant contre la construction du futur aéroport.

Par ailleurs, il a été défini que les travaux ne pourront commencer que si 20% des mesures compensatoires liées à la destruction et à l’aménagement du site n’ont été effectuées. En effet, le site est aujourd’hui une véritable réserve écologique dont il faut protéger la biodiversité. Pour cela, les porteurs du projet doivent déplacer les espèces protégées et reconstituer de nouvelles zones humides. Mais les propriétaires des terrains sur lesquels ces déplacements d’écosystèmes pourraient avoir lieu ne veulent pas vendre et les mesures compensatoires font face à de nombreux problèmes. A ce jour, il semble donc très difficile pour les pouvoirs publics de les mettre en œuvre. Ainsi, sans intervention policière, aucune expropriation et aucune mesure compensatoire ne peut être mise en place, ce qui signifie par ricochet que les travaux ne peuvent toujours pas commencer.

Mais même si les scénarios d’une opération policière existent, la campagne présidentielle actuelle semble compromettre une telle action et repousser encore le projet dans les mains du prochain président français.

 

Qu’en pensent les candidats à la présidentielle ?

 

Après la victoire de Benoit Hamon lors des primaires du PS, les cartes sont relancées au sujet de la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. L’ancien ministre et nouveau candidat à la présidentielle a en effet déclaré vouloir stopper le projet compte tenu de son impact environnemental et de l’opposition d’une partie de la population, déclarant ainsi lors du débat de la primaire de la gauche : « Je suspendrai la déclaration d’utilité publique, je considère aujourd’hui qu’au regard des données, des études produites par le ministère de l’Environnement, ce chantier crée plus de discorde et de désordre qu’il n’apportera de perspectives économiques ». Face à une telle prise de décision contraire à la majorité socialiste, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet a d’ailleurs rédigé une lettre ouverte à l’intention de Benoit Hamon dans laquelle il lui demande le respect de la démocratie locale qui avait voté en faveur de la construction du nouvel aéroport lors du dernier référendum de juin dernier. Il demande par là au candidat d’assurer une certaine crédibilité politique et démocratique en respectant le choix des citoyens.

A l’inverse, l’ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron a déclaré très récemment que s’il était élu président, il construirait l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, dans un souci de respect de l’opinion publique et de la démocratie. « Il y a eu un vote, une consultation référendaire. Je suis pour respecter cette décision » déclarait-il au micro de France Inter. Il a également fait part de ses doutes sur la pertinence du projet et de ses inquiétudes face à une telle construction, mais fait malgré tout prévaloir l’opinion publique qui s’est exprimée majoritairement en faveur du « pour » lors du référendum de juin dernier. Par là, le nouveau candidat dont le programme reste encore flou donne un avis très clair sur ce projet d’aéroport et déclare faire passer les volontés citoyennes avant tout. Le peuple s’est exprimé et respecter sa décision semble être le meilleur moyen pour Emmanuel Macron d’assurer sa crédibilité démocratique.

 

Finalement, rappelons que Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Marine Le Pen s’opposent à la création de ce nouvel aéroport, tandis qu’Emmanuel Macron, Manuel Valls et François Fillon y sont tout à fait favorables. Ainsi, le projet ne cesse de diviser la sphère politique et de nouveaux retentissements peuvent donc être à prévoir dans les mois à venir. Il est même fort probable que le sort de l’élection présidentielle française décide de celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes lui-même.

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Clémence Marie

Etudiante au campus de Caen de Sciences Po Rennes. Toujours sur mon vélo, j'observe le monde d'aujourd'hui pour construire celui de demain.
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