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Jean-Luc Mélenchon : discours insoumis sur la place de la République

Jean-Luc Mélenchon : discours insoumis sur la place de la République
Dorian Burnod

Après un essoufflement progressif de sa campagne, en perte de vitesse depuis la victoire à la primaire du candidat socialiste Benoît Hamon, le candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a prononcé un discours sur la place de la République (Paris) afin de revenir dans la course à la présidentielle.


« Quel que soit le problème, la solution c’est le peuple ». Tel a résonné le coeur du discours du candidat de la France Insoumise. C’est sur la place de la République (et en direct sur Youtube), à Paris que Jean-Luc Mélenchon s’est exprimé face à une foule passionnée et déchaînée. Une population engagée, déterminée à faire entendre et appliquer la devise française, fondement de notre société, qu’elle considère bafouée, piétinée par le « pouvoir de l’argent » et les « hommes et des femmes providentiels, des comités d’experts de toutes sortes qui, sans cesse, se substituent à l’intelligence collective. »

Outre un discours pour prouver que son parti est « en capacité de diriger le pays », cet événement fut l’occasion idéale pour le candidat de la France insoumise de revenir sur les points forts de son programme.

 

  • Fin de la monarchie présidentielle et constitution d’une Assemblée constituante

 

En convoquant une Assemblée constituante pour écrire une nouvelle Constitution instaurant une VIe République, le candidat d’extrême-gauche entend « mettre fin à la monarchie présidentielle » qui considère utile de « placer entre les mains d’un seul homme » d’importants pouvoirs. Mélenchon, a cité, entre autres, les articles 16 et 13 de la Constitution qui permettent respectivement de donner au président »des pouvoirs absolus pendant une durée de trente jours » et de « nommer librement les plus hauts fonctionnaires et militaires du pays ».

« La Constitution avait été taillée sur mesure pour un homme exceptionnel dans des conditions exceptionnelles pour faire face à un contexte exceptionnel. Ce temps est révolu et il en reste un texte qui ne doit pas tomber das certaines mains, car il offre à la monarchie présidentielle des moyens exceptionnels. »

C’est cette même monarchie présidentielle que le 49.3 employé sous le gouvernement Valls pour les lois Macron et El Khomri que le candidat s’est employé à dénoncer comme d’une « violence incroyable qui a renversé l’ordre public social de notre République ». Il a ainsi réitéré sa volonté d’abroger ces deux textes, se plaçant une nouvelle fois en totale opposition avec la politique de la gauche de gouvernement. Selon lui, la mise en place d’une Assemblée constituante, « élue ou tirée au sort parmi les Français », serait la seule institution en mesure de pouvoir réellement « écouter ses membres et surtout le pays lui-même. »

« En écrivant la constitution, c’est le peuple lui-même qui se refonde. »

 

  • Une France en paix et indépendante

 

Dans un contexte d’incertitude politique où « des belligérants s’affrontent dans le monde entier, en Europe aussi », le candidat en appelle à une France souveraine de ses décisions, qui montre l’exemple, « une France en paix ». Pour le symbole, il a invoqué Marianne et son rameau d’olivier, incarnations de cette volonté pacifiste de toute une nation. En contrepoint, le candidat a pointé du doigt ceux dont l’aspiration réside dans la « reconstruction de l’Europe par la défense », car « l’Europe de la défense, c’est l’Europe de la guerre », faisant ainsi référence aux récentes déclarations du président en exercice.

« La paix est un bien précieux qu’il faut chérir et protéger. En Europe et dans le monde, les guerres s’étendent, les armes s’amoncellent, les tensions de domination s’exaspèrent sur tous les continents. »

Afin de préserver cette paix, « la France doit refuser d’être entraînée par des systèmes d’alliance automatique dans des conflits qui pourraient surgir ici et là ». La France doit donc « sortir de l’OTAN » et ainsi « préserver sa puissance indépendante politique et militaire. »

Quant aux différents traités commerciaux, en particulier les accords de libre-échange entre pays, « ils devront être systématiquement soumis à l’approbation du peuple. »

 

  • Transparence de la vie politique et souveraineté populaire

 

Le candidat d’extrême-gauche propose de « maintenir en toutes circonstances une cap d’intervention directe du peuple en sorte qu’un référendum puisse être organisé ». En outre, en écho aux récentes affaires politiques, M. Mélenchon estime nécessaire de permettre « la fin du mandat de n’importe quel élu, maire, député, sénateur, conseiller départemental, régional et bien sûr aussi du président de la République ». Le candidat entend ainsi lutter contre l’opacité du système politique pour tendre vers davantage de transparence et de responsabilisation des élus. 

 

  • Laïcité et protection des libertés fondamentales

 

Le programme de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité semble clair : « il n’y a besoin que d’appliquer la loi, sans excès, sans conviction personnelle » et elle doit « appliquée sur tous les territoires » afin de garantir la cohésion et le respect de la liberté de religion. Une vision semblable à celle défendue par Manuel Valls lors de la primaire socialiste de janvier face à celle plus ouverte de Benoît Hamon.

Le « tribun » s’est par ailleurs posé comme le gardien infaillible des libertés fondamentales, parmi lesquelles la liberté de disposer de soi-même émerge comme essentielle : « Il est temps d’inscrire dans la constitution le droit à l’avortement car le corps de chaque femme lui appartient absolument et exclusivement. » De façon générale, il considère que cette liberté doit être, dans son sens global, « aussi inscrite dans la Constitution. »

Enfin, Mélenchon s’est dit favorable à la soumission à l’assemblée constituante qu’il aura créée, d’un projet de loi quant au droit à l’euthanasie, soit le « droit au suicide assisté, la liberté de décider, d’éteindre la lumière, ultime liberté qui donne son sens à une vie vraiment humaine. »

 

  • La transition écologique et « la règle verte »

 

Au coeur de son programme, l’écologie fut une nouvelle fois traitée comme un élément clé de réponse face aux enjeux de demain : « Le plus grand défi, quand le changement climatique a commencé, est de savoir si l’on y répond chacun pour soi ou tous ensemble ». Il entend, dans cette optique, mener une politique environnementale de grande envergure, prévoyant « la sortie du nucléaire », la rupture avec « l’agriculture chimique » et l’instauration de la « règle verte » :

« La règle verte c’est ne plus prendre davantage à la nature que ce qu’elle peut reconstituer. C’est la clé de l’humanisme dont nous portons les couleurs. Nous devons décider qu’il existe des biens communs inaliénables tels que l’eau, l’air, le savoir, les arts et la culture qui doivent être la propriété de tous. »

En outre, le candidat a proposé l’arrêt net du brevetage du vivant. Il faut « proclamer la règle que les animaux ne sont pas des choses, notre humanité est de faire respecter ce principe. »

 

Tour de force majeur, la marche et le discours de Jean-Luc Mélenchon marquent sans aucun doute un tournant conséquent de la campagne du candidat qui est parvenu à rassembler un nombre important de militants et à replacer les idées et le fond au coeur d’une campagne sans précédent.

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Dorian Burnod

Lycéen en Première ES, engagé pour une actualité profonde et objective, et passionné d'économie et de littérature.

Comments

  1. Camille

    Je ne pense pas qu’on puisse réellement dire que sa campagne était en perte de vitesse après la victoire de Benoît Hamon : ses émission hebdomadaires et exceptionnelles ont continué, ainsi que ses autres rendez-vous et événements. C’est bien la faute directe des médias si sa campagne donnait l’air d’être à bout de souffle. On ne parlait plus que de la possible alliance Hamon-Mélenchon qui n’avait de toute façon aucun sens et dont personne ne croyait. Je trouve ça terriblement dommage que les médias aient un tel pouvoir de manipulation et de filtre sur la réalité des événements.

    • Dorian Burnod

      Bonsoir, merci pour votre commentaire. Ce n’est pas tant une question de médias, simplement depuis que Benoit Hamon, dont les mesures se rapprochent beaucoup du programme de Mélenchon, a été élu, ce dernier, qui était en phase ascendante, a alors connu une certaine stagnation. Perte de vitesse ne signifie pas baisse mais ralentissement. Les mots sont ici pesés. En revanche, depuis le 1er débat présidentiel, on peut considérer que le candidat de la France Insoumise remonte et parvient à retrouver une certaine dynamique.

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