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La campagne électorale française vue par Cédric Faiche

La campagne électorale française vue par Cédric Faiche
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Durant près de 15 années, Cédric Faiche a travaillé pour France 3. Arrivé en 2009 à la rédaction de BFM TV, il est désormais le correspondant de la chaîne à New-York (Etats-Unis) depuis mi-septembre 2016 (il a pris la suite de Mathieu Coache). Seul aux commandes derrière son iPhone pour les directs dans le petit poste, nous avons pu lui poser des questions sur la campagne électorale française vue depuis l’étranger, vue par les américains, leurs médias et leurs politiques…


 

Théo Metton : En France, les journalistes expliquent que la campagne électorale 2017 est réellement « bizarre » par rapport aux autres années. Vous êtes journaliste français mais depuis Etats-Unis, pays de la démesure, comment trouvez-vous cette campagne ?

Cédric Faiche : C’est une campagne inédite et elle me rappelle la campagne américaine par son caractère imprévisible et le niveau de populisme et de désinvolture de certains candidats. Donald Trump a gagné en s’affranchissant des règles de bonne conduite habituelles : il a insulté certaines parties de la population et ses concurrents, refusé la transparence sur sa situation patrimoniale… Ce côté transgressif a semble-t-il donné des idées aux candidats français, sans qu’ils ne soient aussi excessifs.

Ensuite, la victoire de Trump à la surprise du parti républicain me fait penser à la campagne française, même si elle est beaucoup plus complexe en France, car il y a plus de partis et de sensibilités politiques. Dans le cas français, il est possible que les deux grands partis qui se partagent l’essentiel des sièges au parlement ne soient pas au second tour. C’est un renouvellement du paysage politique inédit qui rappelle le besoin de renouveau des électeurs américains.

 

Les médias américains en parlent ils ? Parlent-ils des affaires Fillon et Le Pen ?

Les temps forts de l’affaire Fillon ont été un peu évoqués, sans doute parce qu’il a été le Premier ministre, que c’était celui qui avait le plus de chances d’être élu et pour le scandale que représente l’affaire.

Marine Le Pen est parfois évoquée aussi car, comme aux États-Unis et en Grande-Bretagne, elle incarne la volonté grandissante de certains électeurs de renverser la table. Les autres candidats sont inconnus.

 

Est-ce que les habitants des Etats-Unis sont intéressés par la campagne française comme nous, étions intéressés par la campagne américaine ?

Les Américains s’intéressent surtout à la vie politique de leur immense pays et elle est particulièrement agitée en ce moment. Il y a peu de place pour l’actualité politique des autres pays et la France ne fait pas exception.

 

Cédric Faiche, BFM TV

 

Les politiques américains (par exemple Trump et Pence) évoquent-ils les élections françaises ?

Je n’ai pas entendu Trump, Pence ou d’autres politiques s’exprimer sur notre élection présidentielle. Les Américains sont plus proches des Anglais. Mais de façon générale, l’Europe est souvent perçue par les Américains comme un grand ensemble lointain avec quelques pays qui se détachent par quelques clichés. La France par exemple, pour eux, c’est surtout Paris, le pays du luxe, du romantisme, de la gastronomie, des châteaux…

 

« Il y a peu de place pour l’actualité politique des autres pays »

 

 

Selon vous, quels sont les points communs et les points divergents de la campagne française et celle américaine qui a conduit à l’élection de Trump ?

Le point commun, c’est le sentiment d’une partie de la population d’être abandonnée à ses difficultés économiques sans espoir d’amélioration. Alors cette population est prête à tout, y compris à élire des candidats qui promettent de tout remettre en cause, même si elle n’est pas convaincue de leurs chances de réussite, mais juste dans l’espoir d’un changement qui redistribuera les cartes et leur permettra, peut-être, d’avoir un jeu un peu meilleur.

La différence, c’est le spectre politique français beaucoup plus large alors que la vie politique américaine est surtout bipolaire : républicains et démocrates. Cela donne lieu à beaucoup plus de discussions et c’est conforme à l’image de la France vue des USA : un pays où on discute de tout, tout le temps.

 

Trump a-t-il évoqué le candidat qu’il souhaiterait voir à l’Elysée ?

Non. Et je ne pense pas qu’il connaisse les candidats, à part Marine Le Pen, que les Américains comparent souvent à lui.

 

Dernière question, comment définiriez-vous cette campagne électorale ?

Rafraichissante par le renouvellement qu’elle promet, inquiétante par l’essoufflement de notre personnel politique qu’elle révèle, si rien ne change.

 

Merci à Cédric Faiche de BFM TV d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

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Théo Metton

Lycéen passionné de journalisme, j’anime la radio de mon lycée, inspiré par mon expérience à Radio France. Journaliste en devenir ?

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  1. michel

    Très bon article theo bravo, cest cool qu un journaliste pro joue le jeu de répondre aux questions des jeunes !

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