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La série Factice de Borys Makary pour voir au-delà des apparences

La série Factice de Borys Makary pour voir au-delà des apparences
Les ambassadeurs de la MP

Le vernissage d’Art Up!, l’unique foire d’art contemporain de la région lilloise, a eu lieu au Grand Palais mercredi 1er mars. Au cours de ce vernissage, l’équipe de la Maison de la Photographie de Lille était présente pour exposer la série Factice de Borys Makary, qui était lui-même sur les lieux pour présenter son oeuvre, qui a tout autant attiré qu’intrigué…


 

Borys Makary expose sa série Factice à la Maison de la Photographie à Lille jusqu’au 17 avril 2017, où se trouvent également ses séries Connections et They were. Voici une courte interview de l’artiste afin de comprendre son intention et son intérêt à nous présenter une série de femmes nues, aux corps pour le moins presque parfaits, accompagnés de fleurs artificielles.

 

Borys Makary et Wiktoria Walenista

 

Comment avez-vous eu cette idée ? Pourquoi réaliser des clichés de femmes nues dont on ne voit jamais les visages ?

C’est assez complexe à expliquer car c’est une notion très ancrée dans notre société. Ça paraît naturel de voir sans cesse des femmes magnifiques sur les couvertures de grands magazines. Mais si vous regardez, étudiez ces couvertures de plus près, ils produisent une certaine image de la femme, une femme parfaite, mince, bien maquillée, bien coiffée et toujours habillée à la pointe de la mode. Ils créent une femme qui n’existe pas. Les corps sont tout simplement parfaits mais trop parfaits, voire irréalistes.

 

Alors pourquoi avoir choisi de photographier des femmes ayant un corps semblable à celui des mannequins ?

Les corps que j’ai choisi de photographier sont magnifiques mais si vous regardez bien je les ai juxtaposés à de fausses fleurs. Ces fleurs artificielles sont le symbole de cet imaginaire de la femme et de son corps inventé. Les fleurs représentent les apparences, car les corps divulgués par les grands médias ne sont que superficialité. Le but des fleurs artificielles est qu’elles restent à jamais belles dans l’imaginaire des gens, tout comme ces mannequins qui font la Une des grands magazines, elles sont belles et superficielles mais n’existent pas en tant que telle. Tout comme ces fleurs artificielles, ces corps parfaits ne disparaîtront pas au fil des années, ils ne changent pas, même avec l’âge. Mon oeuvre est comme une critique envers les grands magazines qui produisent de fausses images et de faux modèles.

 

Quelle est votre intention première en diffusant de telles photos ?

N’essayez pas de ressembler à ces corps, ils ne sont pas réels. Les mannequins ne sont pas réels aux yeux des femmes. Certains mannequins, j’insiste sur ce point, se créent une image, prennent des selfies par le biais des réseaux sociaux. Elles se créent elles-mêmes un corps, un égo, une image, qu’elles diffusent sur les réseaux sociaux. Quelques modèles font ça car elles pensent que c’est admiré, respecté. Mais si elles le pouvaient, elles ne le feraient pas, elles s’intéresseraient plutôt à leur bien être personnel plutôt qu’à leur apparence physique. On peut dire que ce sont les médias et la société actuelle qui les poussent, en quelque sorte, à agir de cette manière.

 

Avez-vous discutez avec des mannequins qui vous ont fait part de leur ressentie ?

Je parle avec ces femmes de manière individuelle, mais j’observe également beaucoup les réseaux sociaux. J’ai recherché des profils de modèles sur Instagram et sur Facebook et j’ai lu les commentaires en dessous des photos publiées. La plupart sont des compliments comme « tu es parfaite », « tu es magnifique ». Nous vivons dans une société où les gens comptent les j’aime, où l’enjeu pour l’homme ne consiste pas à savoir comment il se sent mais ce que l’on pense de lui, et je trouve cela horrible. Je pense que l’envergure des réseaux sociaux est néfaste pour notre société et pour le monde à venir.

Concrètement cette série Factice est comme son nom l’indique basé sur le faux, sur ce qui n’est pas réel. Les photographies de ces femmes nues avec des fleurs artificielles sont une critique faite aux médias et aux réseaux sociaux qui communiquent de fausses représentations de la femme. Une image de la femme qui se veut belle, aux proportions parfaites, féminine, populaire et élégante. Une représentation souvent bien loin de la réalité et des vraies apparences de la femme actuelle.

 

Océane Fourny

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Comments

  1. C’est très juste ce que dit l’artiste. Maintenant, à quand une série de photos avec de « vrais » corps ET, des vraies fleurs ?

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