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Maison de la photographie : zoom sur un lieu d’ouverture

Maison de la photographie : zoom sur un lieu d’ouverture
Les ambassadeurs de la MP

En entrant un dimanche matin dans la vaste salle d’exposition épurée de la Maison de la Photographie de Lille, on se demande bien quel genre de personnes on va y croiser. L’appréhension, peut-être, de se confronter à une foule homogène de personnages égocentriques issus de la sphère imperméable qu’est le monde des arts. Ermis Papastamou, médiateur culturel à la Maison de la Photographie (MP), nous dépeint un lieu bien éloigné de cette image…


 

La Maison de la Photographie jouit du statut de carrefour européen de la ville de Lille : « Avec Londres à une heure de train, Amsterdam à 3 heures de voitures et Bruxelles à une heure et demi … c’est vrai qu’on touche une population qui est très diverse, internationale et polyglotte ». Et si cela se ressent chez les visiteurs lorsqu’on tend l’oreille dans le hall de la « MP », il suffit de se balader sur son site internet pour voir qu’il en est de même pour les artistes. Le mois de février en témoigne, avec les expositions des contemporains Italien Vasco Ascolini, et Massimiliano Marraffa, qui ont laissé place en mars à celle de Makary et Wolin, et seront succédés en avril par Nikos Aliagas.

L’exclusivité des expositions temporaires permet également à la MP de garder bien au chaud une place pour de jeunes artistes à la recherche d’un tremplin, comme elle le fait grâce à La Bourse du talent par exemple. Si le choix des expositions par la direction fonctionne au coup de cœur, il n’est pas rare que celle-ci reçoive la candidature de talents neufs, ou bien de photographes beaucoup plus expérimentés mais moins connus du public. « C’est très intéressant de recevoir tous les matins un mail d’une personne qui a fait un travail photographique et qui se propose à nous, qu’on pourrait sélectionner pour le faire découvrir » explique Ermis. Le staff de la MP fait la demande régulière d’être exposante de concours de photographie destinés aux jeunes talents, telles qu’HSBC ou encore le concours Lens Art Photo.

Aux petits et grands adeptes de la photographie, qui désirent eux aussi voir leurs clichés étalés sur les murs de la MP : le prochain prix photographique en date, c’est « Clichés d’hivers », qui a lieu en mars prochain. Il est organisé par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ) en partenariat avec la Maison de la Photographie, et propose à n’importe quel étudiant de la métropole lilloise de laisser parler son objectif face aux habitants ou aux lieux de la métropole.

Il n’en demeure pas moins que malgré la population cosmopolite qu’elle touche, la salle d’exposition peut dans un premier temps intimider quelque peu les novices. Certains artistes exposés à la MP, comme récemment Vasco Ascolini, font appel à de nombreuses références artistiques dans leur travail, que nous ne maîtrisons pas tous. Ermis nous explique que la MP tente d’y remédier à sa façon. La démarche ne consiste cependant pas à adapter les expositions au public de la maison, car « [la photographie] reste un moyen d’expression, dans ce cas-là ce serait limiter l’expression des artistes ». Les artistes choisis s’imposent donc au visiteur ; puis c’est à partir des œuvres exposées que l’équipe essaye, par différents moyens de communication, de rendre l’exposition accessible à un public varié. L’équipe met notamment en place des médiations culturelles régulières à destination de publics divers, et organise également la réception de groupes issus de lycées, de centres sociaux ou encore d’hôpitaux. Ce sont aussi des propositions plus interactives qui permettent d’éduquer le curieux au monde de la photographie, et aux raisons de son existence. Dans ce registre, le jeu « pause photo prose » créé par Les Rencontres d’Arles et organisé régulièrement dans les locaux de la Maison de la Photographie, fait appel à la créativité et à l’inspiration de ses nombreux acteurs en leur demandant de faire deviner une photographie par mime ou selon une parole d’artiste, ou encore de la replacer dans son contexte de parution. Pour ceux que ces activités laissent sur leur faim, les stages de la MP proposent de former à la technique nécessaire au développement de leur art.

Hormis la volonté de toucher un large public, la Maison de la Photographie tente de s’ancrer dans son environnement proche. Située dans le quartier de Lille Fives, sa démarche d’ouverture à la population fivoise est l’un des principaux piliers de son travail. Une fois par an, des invitations sont envoyées dans tout le quartier par la MP. Les habitants sont alors conviés à découvrir gratuitement l’exposition du moment autour d’un goûter et à participer à des médiations mises en place par l’équipe de la MP. Comme l’indique le site de la MP, des projets sont également élaborés avec les associations de quartier : « Ces projets ont pour but avant tout d’ouvrir les portes d’un lieu dédié à la culture et à la rencontre, mais aussi, bien sûr, d’accompagner les acteurs fivois dans leurs projets. La Maison de la Photographie met ainsi à leur disposition ses locaux, du matériel et des moyens humains »L’exposition « Portraits de Fives » créée en juin 2016 avec la Maison de la Photographie illustre cette démarche en mettant en scène les différents visages des habitants du quartier, et en donnant un coup de projecteur sur « les gens et les murs d’un quartier que l’on ne regarde pas toujours avec attention, et qui a encore beaucoup à offrir. ». 

 

En définitive, la Maison de la Photographie de Lille est un lieu aux mille visages, qui appelle tout un chacun à venir s’emplir la tête en s’ouvrant l’esprit. Dorénavant vous êtes mis au jus, plus de raison de passer à côté : nul besoin d’un bagage artistique démesuré pour venir y flâner.

Voyez donc par vous même : http://maisonphoto.com/

 

Enola Richet

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