Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

M. Bompard : « Dans la candidature de Mélenchon, il y a une forme d’espoir »

M. Bompard : « Dans la candidature de Mélenchon, il y a une forme d’espoir »

Début janvier, Radio Londres a interviewé Manuel Bompard, directeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Dans cet entretien, il nous dévoile le plan d’action de La France Insoumise, notamment auprès des jeunes, en vue de l’élection présidentielle.


 

Radio Londres : En quoi le programme de Jean-Luc Mélenchon peut-il séduire les jeunes ?

Manuel Bompard : Tout d’abord, parce que les jeunes sont des citoyens comme les autres. Ils sont sans doute encore plus que les autres touchés par les difficultés sociales qui frappent le pays. Il sont aussi inquiets de l’avenir de la planète et de l’écosystème, et donc sensibles à la question écologique. Les jeunes sont, à mon avis, assez révoltés par la politique telle qu’elle est aujourd’hui. De ce point de vue là, les différents points qui sont portés par Jean-Luc Mélenchon, comme les question sociales, économiques et démographiques rencontrent un écho chez les jeunes générations peut-être encore plus que chez les autres électeurs.

 

Nous avons rencontré beaucoup de jeunes qui se disent déçus du quinquennat socialiste et qui se tournent vers Jean-Luc Mélenchon. Était-ce un objectif ciblé ?

MB : Ce n’était pas un objectif de départ de cibler la jeunesse avant tout, mais force est de constater qu’une partie d’entre elle a cru aux promesses de changement non tenues par François Hollande, et on la comprend. L’objectif n’est néanmoins pas de récupérer les voix des autres, c’est d’avoir la majorité pour changer les choses, et c’est pourquoi la jeunesse fait clairement partie de notre projet.

Nous ne nous adressons pas spécifiquement à eux, nous nous adressons à la raison, et nous essayons de convaincre les jeunes, quels qu’ils soient, que quelque chose d’autre est possible pour le pays. Nous essayons de faire des propositions réalistes dans le programme qui est sorti le 1er décembre (L’Avenir en Commun, NDLR). Notre objectif n’est pas de récupérer des déçus, mais de chercher à convaincre des citoyens sur nos idées et nos propositions.

 

Comment percevez-vous la stratégie de Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, qui sont très fréquentés par les jeunes ?

MB : Il ne fait aucun doute que dans le panel d’outils de communication d’une campagne, la question des réseaux sociaux est importante pour nous. Elle sera sans doute plus importante que ce qu’elle a été dans toutes les campagnes précédentes, entre autres parce qu’elle permet de toucher un électorat plus dense, qui regarde sans doute moins les émissions politiques traditionnelles, à la télévision notamment. Il est évident que ça permet d’interpeller plus facilement les plus jeunes générations. C’est quelque chose de déterminant pour nous.

 

À 65 ans, Jean-Luc Mélenchon est présent depuis longtemps en politique et ne bénéficie pas du statut de « nouveau » que peut avoir Emmanuel Macron. Comment expliquer l’engouement, notamment chez les plus jeunes, pour lui ?

MB : Je ne crois pas que l’âge du candidat ait un impact chez les jeunes. Ce qui importe réellement, c’est le projet et les idées qui sont apportés par le candidat et surtout la pertinence des propositions face aux problème que les jeunes rencontrent. De ce point de vue là, je pense que les propositions de Mélenchon, dans une période qui est tout de même assez trouble, sont tout à fait pertinente, en particulier chez les nouveaux électeurs. Quand on est jeune, on a envie de croire à un autre avenir que celui qui nous est promis, à savoir la réduction du pouvoir d’achat ou les politiques migratoires radicales par exemple. Je crois qu’ils préfèrent plutôt imaginer un avenir plus radieux, plus positif, où on peut essayer de faire de la France le pays le plus écologique du monde.

Dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon, il y a une forme d’espoir, d’optimisme pour l’avenir qui à mon avis intéresse les jeunes. Si nous prenons l’exemple de Bernie Sanders aux Etats-Unis, qui n’était pas non plus un jeune homme ou un « nouveau » en politique, nous voyons que les jeunes vont au-delà de l’âge du candidat qui n’est pas à mon avis la première question qu’ils regardent.

 

De nombreux lecteurs de Radio Londres vont voter pour la 1ère fois à cette élection, quelles sont pour vous les raisons qui peuvent les pousser à aller voter, et plus loin à aller voter pour La France Insoumise ?

MB : Il est d’abord impératif d’aller voter, parce qu’il est clair que c’est quelque chose de fondamental, l’année qui suit va être décisive. Nous sommes un peu à la croisée des chemins. Nous pouvons choisir de prendre pour la France une voie avec encore plus de repli sur soi-même, de pessimisme, de régression, c’est-à-dire un projet finalement porté par l’oligarchie au sens large, que ce soit François Fillon, Marine Le Pen, et y compris sans doute sur certains aspects Emmanuel Macron. D’un autre côté, nous pouvons décider de construire un avenir positif, de se remobiliser tous ensemble sur des grands défis sociaux, écologiques ou démocratique qui s’offrent à nous aujourd’hui. Je pense que sur ces points-là, Mélenchon peut les intéresser.

Après, il y a la dimension déterminante des propositions qu’il porte sur la question démocratique, notamment cette volonté de construire une assemblée constituante pour une VI République. En effet, je pense que beaucoup de jeunes aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans le système politique tel qu’il fonctionne, ils ont l’impression de ne plus être écoutés, voire méprisés. Ils se sont mobilisés sur certains sujets comme l’année dernière sur la Loi Travail et Nuit Debout, et ils ont eu le sentiment que leurs voix n’avaient pas été écoutées. Ils ont probablement raison, et donc la proposition de notre candidat de faire une assemblée constituante, organiser une vraie réorganisation politique du pays est un projet auquel les plus jeunes peuvent être sensibles.

The following two tabs change content below.

Camille Baron et Elio Bono

Derniers articles parCamille Baron et Elio Bono (voir tous)

Submit a Comment