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Où en est la peine de mort aux États-Unis ?

Où en est la peine de mort aux États-Unis ?

La peine de mort est une question qui divise les États-Unis. Son application cause de nombreux problèmes mais son abolition reste néanmoins utopique. La récente nomination à la Cour suprême de Neil Gorsuch – juge ouvertement favorable à la peine capitale – invite à reconsidérer le sujet.


 

Une peine de moins en moins appliquée

 

La peine de mort fait partie de l’Histoire des États-Unis, à l’époque des Treize colonies déjà on l’utilisait pour faire la justice. Et pourtant elle connut une grande interruption en 1967 lorsque la Cour suprême décida d’imposer un moratoire sur la peine capitale. Pendant dix ans les exécutions stoppèrent, faisant presque des États-Unis l’équivalent d’un pays abolitionniste. Mais la Cour suprême cède finalement en 1976 et met fin au moratoire. De nouveau constitutionnelle, les États sont désormais libres de réintroduire la peine capitale ou non

 

C’est pourquoi aujourd’hui dix-huit ont choisi d’abolir la peine de mort, quatre sont considérés comme abolitionniste « en pratique » (le Kansas par exemple a rétabli la peine capitale en 1994 mais n’a exécuté personne depuis) et vingt-huit la pratiquent encore. Ces derniers emploient cinq méthodes différentes : l’injection létale est la principale (1271 exécutions sur 1447 au total), devant la chaise électrique, la chambre à gaz, la pendaison et le peloton d’exécution. Les États n’utilisent cependant pas la peine de mort à la même ampleur, le Texas par exemple réalise à lui seul plus d’une exécution sur trois. 

 

Et pourtant on observe une diminution considérable du nombre d’exécutions aux États-Unis depuis 1999. Une baisse qui s’accentue d’années en années, avec deux fois moins d’exécutions en 2016 qu’en 2012. Les soutiens à la peine de mort sont eux aussi plus faibles. Selon un sondage réalisé en 2017 par le Pew Research Center, seulement 49% des américains interrogés sont en faveur de la peine capitale, alors même qu’ils étaient 80% en 1995. 

 

 

Mais une abolition de moins en moins envisagée

 

Les exécutions sont donc en baisse et les soutiens à la peine de mort aussi. On pourrait logiquement envisager des abolitions dans les années à venir … et pourtant c’est loin d’être le cas. 

D’abord parce que dans la foulée des dernières élections présidentielles, trois États – la Californie, le Nebraska et l’Oklahoma – ont voté en faveur de la peine capitale (CA: 54% / NE: 61% / OK: 64%). Un véritable coup dur pour les abolitionnistes qui comptaient sur le suffrage pour affirmer leur cause. Les élections de 2016 semblent par ailleurs avoir oublié la question de la peine de mort, ni Hillary Clinton ni Donald Trump n’ont souhaité se prononcer dessus, preuve irréfutable que le sujet divise. 

Mais aussi parce que la peine de mort fait partie intégrante de la culture américaine. Si seulement 49% lui sont encore favorables en 2017, l’opposition est toujours minoritaire à 42% seulement. En effet, le concept de la loi du talion (le coupable reçoit le même dommage que celui qu’il a fait subir à la victime) est prédominant aux États-Unis, notamment à cause d’une lecture parfois trop littérale des textes religieux. 

 

De plus la baisse des exécutions peut s’expliquer par plusieurs autres raisons, les nombreux problèmes juridiques que rencontrent les États en sont une. La Californie par exemple n’a exécuté personne depuis 2006 mais possède le couloir de la mort le plus important du pays (au total 741 condamnés à mort). Une seule explication : les exécutions sont gelées depuis de nombreuses années en raison de litiges concernant l’injection létale. 

Enfin les États sont confrontés à une pénurie de produits utilisés pour les injections létales. L’année dernière, la société pharmaceutique Pfizer a rejoint ses homologues Européennes en décidant de ne plus vendre ses produits à de tels fins. Une pénurie qui explique en grande partie les retards des exécutions dans le pays puisque les États ayant décidé de contourner le problème ont très vite regretté ce choix

 

La peine capitale dérange tout autant qu’elle divise les États-Unis. Si l’on en croit les chiffres la situation pourrait bientôt aboutir à l’abolition, mais la réalité atteste du contraire. L’avenir de la peine de mort semble plus que compromis pour les abolitionnistes. 

 

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Livio Bachelier

Lycéen de 17 ans avec pour objectif de travailler aux Nations Unies, principalement intéressé par l’actualité internationale et celle des USA.

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