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« Stup Virus » : Stupeflip est mort, vive Stupeflip !

« Stup Virus » : Stupeflip est mort, vive Stupeflip !
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Six ans après le désormais classique The Hypnoflip Invasion et plus de 400 000 euros récoltés sur la plateforme de financement participatif Ulule – nouveau record européen – le Stupeflip mené par King Ju revient avec Stup Virus et refuse toujours le monde adulte. 


 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Entrer dans un album de Stupeflip ne revient pas à simplement poser le CD dans une chaîne hifi ou à se diriger vers les sites de streaming. Entrer dans un album de Stupeflip, c’est rentrer dans une histoire mythique, une version hip-hop de la Bible où les catholiques sont des lapins. Le christianisme n’est plus et il demeure ce même objectif : terroriser la population et instaurer l’ère du Stup.

Une nouvelle fois, Stupeflip abandonne tout ce qui était acquis et intégré par les initiés. Cette fois, le quatrième opus du groupe change, décontenance, interroge. Les riffs de guitares disparaissent – à l’exception du titre Knights of Chaos, beaucoup trop court – et l’album se colore d’une nouvelle teinte plus sombre et plus calme.

Adieu les hurlement de Stupeflip Vite !!! et bonjour à l’apaisement de Stalactites. Les histoires épiques se sont aussi évaporées, laissant place à des freestyles individualisés. Enfin, le Stup se répond : il n’est plus un utopiste bienveillant, mais un terroriste bienveillant, sur le morceau Understup. Novateur et passéiste, régressif et jouissif, Stup Virus nous perd et nous rattrape, pour nous montrer un chemin différent des morceaux aseptisés qui passent en radio et des artistes labellisés, soumis aux volontés des maisons de disques.

 

 

Du hardcore psychédélique sur le titre The Antidote à la scène alternative sur le morceau La seule alternative, il est difficile de donner une véritable orientation à ce quatrième opus. Album hybride donc qui nous balade entre un présent froid et un passé qui rassure. King Ju réalise sans doute ici que les années ont passé en favorisant un album beaucoup plus hip hop, plus old school aussi.

Le Stup se la joue donc à la Marty Mc Fly et nous emmène en 1993, année qui se dote d’un titre, sans aucun doute le plus beau de l’album. Aux côtés de Cadillac, la boucle est bouclée. Ode d’une jeunesse meurtrie qui ressort brutalement, 1993 frappe et martèle la tête pour raisonner sans cesse. Comme si le temps semblait s’être arrêté sur les débuts du Crou, le track dégage une émotion incroyable.

 

 

Et enfin l’épilogue. Pleure pas Stupeflip, morceau de quinze minutes qui voit les membres quitter la religion du Stup et tuer ses lapins. Conscient, le groupe remercie les fans de Stup et leur parle en racontant une hypothétique découverte du groupe, leur absence sur les réseaux sociaux et par extension, leurs démons et leurs tourments. Le track conclut sur la voix « Google Traduction » de Sandrine Cacheton, le nouveau personnage du Crou, en invitant à rejoindre malgré la religion du Stup car « l’univers Stupeflip est beaucoup plus vaste ». Définitivement, on ne peut pas leur donner tort.

 

Le Stup Virus est une nouvelle fois impressionnant. Non pas par ses textes ou ses sons mais plutôt par le goût nostalgique qu’il nous laisse. Probablement le dernier album du Crou, Stup Virus devient le dernier chapitre d’un grand livre avec lequel des milliers de personnes auront grandi. Stupeflip restera toujours un groupe à part dans le paysage musical français, avec ses codes, sa force de frappe et ses nombreux mystères. Le flow est là, l’âge aussi. King Ju abandonne ses enfants mais ne nous laisse pourtant pas seul. En une seule phrase : le Stupeflip Crou ne mourra jamais.

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Simon Wautier

Étudiant en Sciences Politiques à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille. Aime l'ironie et Maître Gims.

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