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Union européenne : l’heure de la désintégration ou l’heure du rebond?

Union européenne : l’heure de la désintégration ou l’heure du rebond?
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Dans un nouvel ordre mondial permanent incarné récemment en Europe par le Brexit, une question perdure : quel avenir pour l’UE ? Quel avenir pour cette union fragilisée et de plus en plus critiquée ? Alors que François Hollande réunit à Versailles ses homologues allemand, italien et espagnol pour un mini-sommet européen. Radio Londres s’est entretenu avec l’économiste Arcangelo Figliuzzi. Il publiait en 2008 L’économie européenne chez Bréal et propose des pistes de relance.


 

Une UE affaiblie

 

Le 23 juin dernier, les Britanniques décidaient par référendum de lever l’ancre européenne. Un choix « conjoncturel et lié aux questions de politiques intérieures » d’après Arcangelo Figliuzzi. Dans la lignée de UKIP, fer de lance de la campagne pour le « leave », les partis eurosceptiques connaissent une popularité grandissante aux quatre coins de l’Europe. Si bien que la sortie du Royaume-Uni pourrait en provoquer d’autres, on parle déjà de Nexit (Netherland Exit ou Next Exit…). « C’est une situation dangereuse pour l’Union européenne (UE), d’autant plus que la Norvège est prospère tout en étant en dehors de l’UE », confirme Arcangelo Figliuzzi. L’Union européenne semble pouvoir grandement pâlir de cette perte, surtout que, comme le rappelle l’économiste « actuellement, l’Europe n’a plus de projets, d’éléments qui permettent de porter la construction sur de nouveaux terrains. »

Malgré tout, selon lui le Brexit peut être une occasion de changer la donne en Europe.

« Cela devrait déjà faciliter la prise de décision au sein des instances. Le Royaume-Uni (R.U.) a toujours eu une politique d’obstruction. C’est l’occasion pour l’Europe de renforcer ses structures démocratiques. Le fait que la politique de la banque centrale européenne ne soit pas soumise à un jugement critique des Etats pose un redoutable problème de démocratie. »

Pour l’enseignant, il y a « trois chantiers d’avenir ». Tout d’abord, « il faut aller vers une forme de fédéralisme. Comme le disait déjà Churchill en 1946, il faut que l’on devienne les Etats-Unis d’Europe, mais le R.U. n’a pas vocation à y participer. » Un processus qui se veut évolutif : 

« Je pense que l’idée d’une Europe à deux niveaux, pour ne pas parler d’une Europe à deux vitesses me paraît plus raisonnable que d’emblée une union politique. On peut imaginer un noyau dur européen, avec les pays les plus impliqués dans la construction européenne. Et progressivement les autres pays s’agrégeront. Cela peut fonctionner si la possibilité de rejoindre le noyau central est ouverte à tous les pays étant capable d’assumer cette position. »  

Le mini-sommet de Versailles semble très clairement aller en ce sens. Il faudra ensuite ouvrir le chantier social, « point faible de la construction européenne, car ses système sociaux ayant des histoires différentes sont difficiles à harmoniser. » 

Enfin, selon Arcangelo Figliuzzi, l’UE n’est pas parvenue à créer  « une convergence des pays vers le plus haut niveau de vie, elle a abandonné tout ce qui favorise la convergence réelle, c’est-à-dire essentiellement un projet industriel européen ». Robert Schuman, l’un des pères de l’Europe avait compris qu’il fallait tout d’abord partir d’une alliance économique pour finalement aboutir à une union politique. Il déclarait le 9 mai 1950 dans son célèbre discours de l’horloge « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble, elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait.» Presque 70 ans plus tard, d’après M. Figiluzzi, pour relancer la construction européenne « il faut donner à l’Europe un projet industriel ». Pour l’académicien, la proposition de l’économiste Michel Aglietta, « sorte de New deal européen fondée sur la transition énergétique » : « c’est l’avenir ». En effet, un projet industriel de haut niveau permettrait non seulement de gagner en compétitivité mais de créer une cohésion.

 

Même si le projet d’Etats-Unis d’Europe semble irréalisable pour le moment, ce n’est pas encore l’heure de la désintégration pour l’UE. De nouvelles sorties sont à craindre certes, mais de nouvelles entrées semblent également envisageables. Un nouveau projet de référendum pour l’indépendance a été lancé en Ecosse, référendum qui pourrait déboucher sur un « Scotin » (Scotland In). De plus, le mini-sommet de Versailles semble inaugurer une nouvelle conception de l’Europe.  L’espoir est permis. 

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En terminale S et euro-optimiste. Rouquin curieux et voyageur, plume rêveuse "The powerfull play goes on and you may contribute a verse" (Whitman)

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