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Au QG de François Fillon, une défaite attendue

Au QG de François Fillon, une défaite attendue
Claire Lebrun

Ce dimanche 23 avril 2017 avait lieu la soirée électorale du premier tour de la présidentielle. Au QG de François Fillon, dans le XVème arrondissement de Paris, les militants n’étaient pas choqués mais déçus.


 

Au 18 rue Firmin, l’ambiance n’était pas à la fête. On trouvait une très faible présence militante contre un très fort effectif de journalistes, ‘’plus de 400’’ selon une militante listée. Jean-François Copé, François Baroin, Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher sont de la partie. Au second étage, les télés sont allumés, les petits fours consommés, on discute tranquillement, on attend. Dans les plus hautes sphères du QG, François Fillon et ses équipes sont également là, à l’abri des regards.

À 19h57, face à une télévision diffusant France 2, une armada de journalistes entourent le sénateur Roger Karoutchi. 19h59, le politique reçoit les résultats sur son portable, Emmanuel Macron est à 23,9%, Marine Le Pen à 21,4%. 20h, David Pujadas offre l’affiche les deux candidats qui seront au second tour. La salle reste calme, tranquille, ce n’est une surprise pour personne. François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont annoncés ex æquo, arrivés respectivement à 19,9% et 19,6%. Certains militants expriment leurs mécontentements, des ‘’oh’’ d’indignation sont lancés, ils disent ‘’non’’.

 

 

La faute des médias ?

 

Retranché dans les escaliers, un groupe de sympathisants adultes discutent la défaite, de l’émotion dans la voix. Une jeune femme lance ‘’ce serait bien que la presse joue avec Macron comme avec Fillon’’. Une autre acquiesce et devine que ‘’Macron sera élu’’, mais sans sa voix. Un homme philosophe : ‘’C’est dangereux pour notre démocratie le petit jeu qu’ont fait les journalistes contre François Fillon. Il y a eu un acharnement.’’ En colère contre ceux qui votent Macron, une autre femme plus âgée, analyse : ‘’Les journalistes ont besoin de nourriture’’. Plus tard dans la soirée, au Subway d’à côté, des plus jeunes militants, pas encore en âge de voter, racontent qu’ils ont été expulsés du meeting de Macron puisqu’ils portaient des t-shirt François Fillon. Le même sentiment d’injustice contre la presse s’élève dans leurs voix, celle qui a condamné leur candidat pour des faits ‘’qui n’étaient pas si graves’’. Vraiment ?

D’autres militants sont plus résignés à une autre idée de la France que la leur. Il y a parfois même de la joie, un homme en Facetime s’exclame avec un grand sourire qu’il ‘’faut’’ voter Macron. Il n’est pas le seul.

 

 

François Fillon appelle à voter Emmanuel Macron

 

Dans les premiers candidats à entonner son discours suite aux résultats, François Fillon est tout d’abord acclamé et remercié par ses militants. Lorsqu’il précise qu’il n’a jamais été dans ses habitudes d’appeler à ne voter personne, certains ‘’non’’ retentissent. L’ancien Premier ministre poursuit : ‘’Contre l’extrême-droite, je voterai donc Emmanuel Macron’’. Applaudissements mitigés, mais des ‘’Bravo !’’ sont bien là.

 

 

Arthur, un étudiant en quatrième année à Sciences Po, commente le résultat : ‘’On ne s’attendait pas forcément à ce qu’il passe mais on est quand même déçu’’. Avec une pointe de rancune dans la voix, quand on lui demande pour qui il va voter, il répond ‘’Bah Macron, évidemment’’. Un choix libéral pour un candidat qu’il ne saurait définir de droite, ou de gauche. Son ami confirme : ’’C’était une campagne pour dénoncer, que selon nous, Emmanuel Macron était le descendant direct de François Hollande. Je comprends que François Fillon appelle à voter Macron, il ne veut pas qu’un parti extrémiste passe au pouvoir, mais c’est dur à accepter.’’ Un autre militant qui a tenu à rester anonyme partage son amertume : ‘’J’ai pas envie de prolonger la présidence Hollande. Le pire sera ceux qui feront des leçons en disant qu’il nous a manqué peu de chose. C’est facile de faire des leçons de morale mais les militants ne sont pas dupes’’. Il votera blanc.

 

Sans surprise, l’ancien favori et vainqueur de la primaire de la droite est arrivé en troisième position. Les sondages français ont vu plus juste que ceux du Brexit et de l’élection de Donald Trump. Le jeu semble déjà remporté pour Emmanuel Macron, donné vainqueur à 62% au second tour contre Marine Le Pen. Affaire à suivre, notamment lors du débat d’entre-deux-tours, le 3 mai.

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Claire Lebrun

En Master Histoire Afrique et Moyen Orient à la Sorbonne Paris 1. Mémoire sur les relations diplomatiques franco-saoudiennes.

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