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DOM-TOM, quel impact électoral ?

DOM-TOM, quel impact électoral ?
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Mars 2017, la rue gronde en Guyane: insécurité, économie, pouvoir d’achat. Avril 2016 à Mayotte, territoire français d’outre mer, les habitants, désireux de justice sociale, battent le pavé et mettent la lumière sur la situation de l’île.  Alors que les mouvements sociaux deviennent récurrents dans les DOM-TOM (départements et territoires d’outre mer) et que le premier tour des élections présidentielles est pressenti extrêmement serré, les 1,75 millions de citoyens inscrits sur les listes électorales de la France d’outre-mer pourraient bien avoir un impact décisif le soir du 23 avril.


 

DOM-TOM, un électorat marqué à gauche

 

Alors qu’en 2012, Nicolas Sarkozy accusait une différence d’environ 1,4 millions de votes au second tour, les scores socialistes dans les territoires d’outre-mer étaient largement satisfaisants : 68 % en Martinique, 70 % en Réunion, 72 % en Guadeloupe. Avec tout de même pour seule exception notoire la Nouvelle Calédonie où le président Nicolas Sarkozy obtient alors 63 % des suffrages exprimés, score entrant en résonance avec ses 63% de 2007, année ou les calédoniens le gratifiaient de son meilleur score tous départements confondus. Malgré tout, François Hollande (dont la visite des onze territoires d’outre mer français habité était l’une des promesses de campagne) a ainsi pu compter sur un vote de gauche massif et historique, puisqu’il a dégagé, sur l’ensemble des territoires et départements d’outre-mer français, un différentiel d’environ 281 000 votes au second tour.

Cependant, bien que ces résultats puissent sembler relativement dérisoires au vue de l’ampleur du scrutin (35 millions de votes exprimés au second tour des élections présidentielles en 2012), le vote de la France d’outre mer pourrait avoir un rôle important dans l’affiche du second tour, qui sera révélée le 23 avril prochain : avec 1,75 millions d’électeurs potentiels, elle représente environ 4 % du corps électoral français. Alors que moins de 200 000 bulletins de vote départageaient au premier tour en 2002 le candidat socialiste Lionel Jospin et le candidat frontiste Jean-Marie Le Pen, et à l’heure où les sondages suggèrent un second tour accessible autour des 22 ou 23 %, Jean-Luc Mélenchon (17 %) notamment pourrait profiter du relatif vide laissé à gauche par l’affaiblissement du candidat Hamon pour espérer conquérir les bastions ultra-marins du Parti Socialiste. Il apprendrait ainsi de ses erreurs puisque la meilleure performance du candidat de la France Insoumise en 2012 dans les DOM-TOM n’était que 7,8 % en Guyane (6,7% à la Réunion). Benoît Hamon, dont les rangs semblent décimés, risque en effet de n’atteindre que des scores sensiblement inférieur au standards socialistes malgré son déplacement en Réunion le 1er avril.

 

Les DOM-TOM, des terres électorales convoitées

 

Alors que la campagne est déjà marquée par une tension et une défiance forte à l’égard de certains candidats (Emmanuel Macron au salon de l’agriculture, Manuel Valls giflé par un jeune homme, François Fillon « enfariné » à Strasbourg), il est important de noter le caractère « non-acquis » des DOM-TOM. Cependant, les territoires et départements d’outre mer n’en demeurent pas moins des étapes incontournable pour les candidats, car autant peuvent-ils être le théâtre de défiances extrêmes (comme en témoignent l’accueil réservé au candidat Macron sur le marché de St Denis, Réunion, ou encore celui réservé à la candidate Le Pen à Mayotte ), autant les candidats sont-ils généralement accueilli avec un enthousiasme consommé, comme François Fillon, qui, étant plus coutumiers des casseroles, n’a pas manqué de profiter de l’accueil qui lui était réservé en février dernier, embrassant allègrement la foule s’étant pressée pour l’acclamer au chants de « Fillon Président ». 

Jean-Luc Mélenchon a lui aussi fait le déplacement en Martinique en décembre dernier, prônant alors le rôle capitale que les DOM-TOM devraient tenir si il était élu président de la République, puisque ce que le candidat de la France Insoumise a placé le développement de l’économie de la mer au cœur de ces propositions. Benoît Hamon, lui, en plus de son déplacement réussi en Réunion le 1er avril (le candidat socialiste a su donner un écho à son revenu universel dans un département dont le taux de pauvreté est de 40 %), s’était également déplacé en Martinique fin mars dernier.

Cependant, force est de constater que l’intérêt des candidats ne se portent que sur les « poids lourds » électoraux des DOM-TOM : aucun candidat ne s’est jamais rendu à Wallis-et-Futuna depuis… toujours (trois visites présidentielles malgré tout depuis 1978).  De la même manière, seule la candidate Marine Le Pen n’a pas ignoré la Guyane durant la campagne, honorant le département d’une visite de quatre jours en décembre 2016. Ce manque d’intérêt des candidats pour nos territoires les moins lourds électoralement se traduit dans ces derniers par une abstention importante – les chiffres de l’abstention y étaient en 2012 extrêmement élevés, gravitant entre 45 et 50 % en Guyane / Guadeloupe / Polynésie française / Nouvelle Calédonie. En Réunion seulement le taux d’abstention se stabilisait alors autour des 35 %.

 

Bien que marqué par une abstention importante, le vote des DOM-TOM pourraient avoir un rôle a jouer dans le premier tour d’une élection présidentielle annoncée particulièrement serrée. Cependant, on peut clairement distinguer un « deux poids, deux mesures » dans le comportement des candidats avec les DOM-TOM : alors que les départements peuplés comme la Réunion sont le théâtre d’une âpre lutte électorale, la campagne pour les territoires moins denses électoralement ne fait que bégayer. 

(Article en grande partie réalisé grâce aux chiffres du ministère de l’intérieur)
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Vianney Savatier

Lycéen de 1er ES. Mon cœur balance souvent entre Cobain et Musset, mes oreilles entre Gainsbourg et Georgio.
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