Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Le coup de cœur de « Connection », par Borys Makary

Le coup de cœur de « Connection », par Borys Makary
Les ambassadeurs de la MP

Dans sa série photographique Connection, Borys Makary, photographe polonais, utilise comme élément central une femme, positionnée de dos. Placé au centre de la photo sans pourtant être au premier plan, ce corps, nu, installe l’humain face à la grandeur de la nature. Même si le cadrage ne varie pas, chaque œuvre dégage une ambiance, une atmosphère toute particulière de par l’environnement et les paysages figés qu’elle met en scène, comme une forêt sombre ; coup de cœur de cette exposition.


 

Si la créature humaine photographiée paraît toujours petite comparée à l’immensité du paysage qui l’entoure, ce sentiment est exacerbé par la verticalité qu’apportent les arbres. La photo se distingue par ses tons plus sombres que viennent sauver les trouées de lumière. Seul cliché sur lequel le paysage ne s’étend pas à perte de vue, il casse l’effet de profondeur et plonge d’autant plus l’observateur en son sein.

S’il fallait associer un ressenti à chacun des portraits de Connection, l’œuvre en question serait  probablement la plus ténébreuse. Et pourtant, chaque élément agencé de la sorte crée une image paisible devant laquelle on resterait bien assis des heures entières.

Néanmoins, ne pas se questionner sur les choix de l’artiste est impossible et lorsque l’on demande à Borys Makary la signification de ce corps féminin installé au milieu de la photographie, celui-ci répond en un mot : l’anti-romantisme. Makary s’inspire de Caspar David Friedrich mais ne met à profit les codes romantiques que pour finalement les casser par la nudité du corps qu’il impose. Et si la personne se présente de dos, c’est pour gommer chacun des traits de sa personnalité qui parasiterait la neutralité de la représentation. Seul le message importe : la femme fait corps avec la forêt tandis que nous faisons corps avec elle. L’absence totale d’identité universalise d’ailleurs ce message ; ce n’est pas seulement le modèle qui y est représenté mais l’humanité entière. Et cette femme, que l’on pourrait assimiler à « Dame Nature » symbolise le lien particulier de l’humain avec l’environnement. Une relation singulière à la flore qu’il convient de préserver et qui illustre bien les propos de Pierre Jakez Hélias : « La sagesse de la terre est une complicité totale entre l’homme et son environnement ».

A voir absolument, l’exposition Connection est à retrouver jusqu’au 17 avril à la Maison de la Photographie de Lille.                                                                                                     

 

           Susie Muselet

The following two tabs change content below.

Submit a Comment