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« L’élection de délégués 2017 » par Lolywood : le sketch de la présidentielle ?

« L’élection de délégués 2017 » par Lolywood : le sketch de la présidentielle ?

A quelques jours des élections présidentielles en France, les comédiens de la chaîne YouTube “Lolywood” sortent une nouvelle vidéo parodiant la campagne électorale. C’est avec des enfants que Choopa, Manu et Ugo ont réussi à attirer l’attention : en plus d’une semaine, la vidéo a obtenu près de 3 millions de vues.


 

Un remake de la campagne

 

Ils sont seulement appelés par leurs prénoms, mais les ressemblances physiques sont là. De Jean-Luc à Marine en passant par Benoît, Emmanuel et François, les cinq grands candidats à la présidentielle sont bel et bien représentés. Archétypes prédominants, ils sont facilement identifiables : gros sourcil pour François Fillon, oreilles décollées pour Benoît Hamon et caractère affirmé et tranchant pour Marine Le Pen, aucun détail n’est laissé au hasard. C’est le prof (Choopa) qui entame la vidéo : “Bon, alors aujourd’hui on va commencer par l’élection des délégués”. Réactif, les candidats se lèvent pour aller au tableau, c’est le début du sketch, c’est également le début de la campagne.

 

La vidéo se divise en plusieurs parties, reprenant les moments phares de la campagne.

Dans un premier temps, c’est François qui explique vouloir travailler plus pour obtenir de meilleures notes. Une sorte de clin d’oeil à Nicolas Sarkozy, dont le slogan de campagne en 2007 était « Travailler plus pour gagner plus », mais également au fait que François Fillon souhaite passer de 35 heures de travail par semaine à 39 heures.

Jean-Luc, lui, explique avoir trop de devoir pour pas assez de récréation. Tout le long de la vidéo, Benoît sera accusé par Jean-Luc de copier son programme, et inversement.

Marine, quant à elle, souhaite favoriser les CM2-A, par rapport aux CM2-B qu’elle dit ne pas apprécier, à l’image de Marine Le Pen qui défend des idées conservatrices et identitaires, notamment sur le plan migratoire.

Puis, lorsqu’il faut exposer les projets présents dans son programme, c’est avec la Sarthe, territoire de Fillon que le candidat au poste de délégué va essayer de conquérir les élèves. Il propose de partir en classe verte dans la maison de campagne de ses parents.

Jean-Luc souhaite une légalisation du mâchage de chewing-gum dans la classe ; Benoît c’est dans l’école entière, en référence à la légalisation du cannabis. Il poursuit en expliquant qu’il veut passer la note minimum de 0 à 10, comme le revenu universel proposé par le candidat au siège de président.

C’est Marine qui clôt le débat avant l’élection, elle propose que la kermesse soit uniquement dédiée aux élèves de sa classe, la CM2-A.

 

Les candidats et leur professeur

 

L’allégorie des crayons de couleurs

 

La vidéo est aussi courte qu’un clip de campagne. Avec l’allégorie des crayons de couleurs, Lolywood réussit le pari de dénoncer les agissement des différents candidats à la présidentielle. C’est lorsqu’une personne demande le retour des crayons de couleurs que les mini-Fillon et mini-Marine se retrouvent bien embêtés.

Mini-Fillon est accusé d’avoir donné ses crayons à son “amoureuse” de la CM2-B, le rapport à l’affaire “Pénélope Gate”, qui accuse François Fillon d’avoir versé de grosses sommes d’argents pour l’emploi fictif de sa femme en tant qu’attachée parlementaire. Dans le sketch, mini-Francois dit qu’elle “les méritait”. Mini-Marine est quant à elle accusée de ne pas avoir rendu les crayons depuis deux ans. Un parallèle établit avec les 300 000 € que Marine Le Pen refuse de restituer au Parlement Européen. L’eurodéputé aurait rémunéré Catherine Griser en tant qu’assistance parlementaire.

Mais les deux candidats s’entendent, il s’agit d’un complot en pleine élection, en rapport à François Fillon qui dénonce le cabinet noir de l’Elysée qui aurait souhaité l’éliminer de l’élection.

 

Mini-Fillon et Mini-Le Pen

 

Les auteurs du sketch nous font aussi comprendre que Macron s’accorde avec un certain nombre de candidats sur certains points. C’est une situation que nous avons pu retrouver lors des débats télévisés, mais également avec certaines critiques, pointant que le candidat de En Marche! ne dispose pas de programme clairement défini. Marine Le Pen est identitaire ; ici, c’est tout pour elle et sa classe, rien pour les autres. Hamon copie Jean-Luc Mélenchon et inversement ; mais Mélenchon reste au coeur de l’humain et remet en cause le travaille et les pauses. Pour Fillon, c’est plus de travail pour de meilleurs résultats.

 

L’interview de Manu, co-auteur du sketch

 

Depuis combien de temps aviez vous écrit ce sketch ?

Manu : En fait, nous avions écrit le sketch un mois avant de le diffuser. C’était un peu notre gros flippe qu’il se passe des choses énormes d’ici là. A part le débat, il n’y a pas eu grand chose qui aurait rendu le sketch obsolète.

 

De quels meetings, débats, vous êtes vous inspirés pour écrire la vidéo ?

Le premier débat était passé entre les cinq candidats, on s’en est inspiré pour les costumes. On s’est surtout inspiré des programmes, de l’alliance avortée entre Mélenchon et Hamon, des critiques récurrentes sur Macron sur le fait qu’il n’a pas un programme si clair que ça, et puis après sur Fillon l’inspiration a été assez facile à avoir. Sur Marine Le Pen, c’était surtout savoir comment, dans la bouche d’un enfant, expliquer les paroles de quelqu’un qui a la peur de l’autre. Mais après, on était très cliché, c’était ça un peu le principe. On ne voulait pas quelque chose de super réaliste, d’autant plus qu’on à laisser aux enfants leur liberté pour jouer.

 

Aviez vous réellement prévu de le sortir deux semaines avant le premier tour, où c’était un hasard ?

On a eu très peur, si ça se trouve Mélenchon et Hamon pouvaient s’allier. Et on se disait que ce n’était pas possible mais vu que cette campagne est super folle, ça pouvait arriver. On ne voulait pas prendre le risque, du coup, on l’a sorti le plus tôt possible.

 

Quel était le but de cette vidéo ?

C’était hyper dur de trouver un angle, vu la campagne, on pouvait facilement tomber dans le « tous pourris ». Mais ce n’était pas du tout là dessus que l’on voulait faire quelque chose. On voulait traiter de cette campagne particulière, notamment les « sales dossiers » qui sortent et « tout le monde qui tape sur tout le monde ». Ça nous semblait être un sous-entendu hyper intéressant, avec le prof qui à la fin dit que “ça les a rendu fou, en fait, cette recherche de pouvoir rend fou” ! On aimait beaucoup ces deux sous-entendus, on s’est dit que c’était une bonne idée et ça représente bien ce qu’on avait envie de dire. On n’avait pas envie de critiquer, on voulait dire « Les gars vous auriez pu faire mieux ».

 

Avez-vous eu des réactions de candidats ?

Non, pas de réactions de la part des candidats. Les gens n’ont pas fait le liens, donc non, on n’a pas eu de contact avec les candidats. On ne voulait pas avantager de candidats. On a essayé de se foutre de la gueule de tout le monde. De fait, je pense qu’aucun candidat n’a spécialement apprécié la vidéo. Globalement, ils passent tous pour des cons. C’était important pour nous qu’aucun candidat ne soit mis en avant, ça aurait tué le propos de la vidéo et ça nous aurait donné un côté partisan qu’on ne voulait pas du tout avoir.

 

La vidéo de Lolywood est finalement un concocté de réussites et de références. Sans prendre parti, les auteurs ont su présenter de manière simple les candidats. En espérant faire comprendre à un plus grand nombre de personnes la politique et les enjeux de l’élection de dimanche prochain, le pari de démocratiser la politique est réussi.

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Théo Metton et Pierre-Maël Dousson

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