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EuropaCity, le Grand Projet Inutile et Imposé (GPII) de trop ?

EuropaCity, le Grand Projet Inutile et Imposé (GPII) de trop ?
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Les terres de la Plaine de France, dans le Val-d’Oise (95) sont parmi les plus fertiles d’Europe. Déjà réduites par l’artificialisation croissante des sols au fil des ans, le projet du centre commercial EuropaCity risque de les faire disparaître sous le béton. Dimanche 21 mai, le Collectif pour le Triangle de Gonesse appelle à une mobilisation de contestation sur le site du projet. 


 

Un Grand Projet inutile et Imposé (GPII) de plus ?

 

Prévu pour ouvrir à l’horizon 2024, le site d’EuropaCity devrait s’insérer dans le Grand Paris, afin d’en devenir « le nouveau quartier des loisirs » : un centre commercial sur 80 hectares, dont 23 hectares de commerces, un parc à thème, un centre aquatique, pour un projet qui devrait en tout urbaniser 280 hectares sur les 700 encore cultivés autour de la commune de Gonesse. La station de ski initialement prévue sur le site semble avoir été retirée de l’entreprise. EuropaCity  s’inscrit dès lors pour les militants et associations écologistes sur la liste des Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII). Son caractère monumental, le manque de concertation public et son impact environnemental négatif en font pour ces derniers un proche cousin des projets d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, de la Ferme des mille vaches ou de la Ligne Grande Vitesse Lyon – Turin.

Ainsi, EuropaCity poursuit l’absurde dynamique des centres commerciaux en France, première en Europe pour ce type de structure. Selon l’Assemblée des communautés de France, une association d’élus locaux, « tous les ans la surface commerciale augmente de plus de 3% alors que la consommation évolue de moins de 1% ». En effet le promoteur d’EuropaCity, Alliages et territoire, est une filiale d’Immochan, la branche immobilière du groupe Auchan. Le projet vise un public de Franciliens et de touristes de passage dans la région : 31 millions de visiteurs sont attendus chaque années, soit deux fois plus que Disneyland Paris tout proche ! Pris entre l’aéroport Charles-de-Gaulle et celui du Bourget, au bord de l’autoroute A1, le lieu est cerné par les avancées de la ville néolibérale. Si le site entend s’insérer dans le Grand Paris grâce au réseau de transport du Grand Paris Express, c’est au détriment du tissu commercial local et des ses habitants.

 

Un mouvement local et national qui s’organise…

 

La lutte contre le projet a débuté dès l’annonce de sa mise en œuvre, en 2011, avec la création du Collectif pour le Triangle de Gonesse. Ce dernier rassemble des riverains délaissés par une société qui préfère le développement territorial régional – et celui des profits de ses actionnaires – aux dépens de l’échelle locale, ainsi que des militants écologistes ulcérés par la prolifération des Grands Projets Inutiles et Imposés en France. Pour son promoteur, EuropaCity s’annonce comme « la nouvelle destination incontournable mêlant culture, commerce et loisirs ». Selon Bernard Loup, le président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, c’est bien plutôt « un projet nuisible et inutile sur les meilleurs terres agricoles d’Île-de-France ».

Outre les militants et riverains, l’État semble peu à peu se désolidariser de la filiale d’Auchan. Si en 2014 Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères louait « un projet majeur », qui « structurera notre territoire et contribuera à notre vitalité économique », un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) fut beaucoup plus critique fin 2016. Parmi les quatre scénarios imaginés pour la suite du projet (conquérant, repli, déséquilibre, gel), aucun ne semblait convaincant. Le rapport conclue en rappelant la présence de structures identiques sur le territoire et la concurrence que cela entraînerait entre elles. Il souligne l’importance de considérer les impacts environnementaux négatifs qui seraient produits, ainsi que l’inadéquation entre développement résidentiel et développement économique. Par ailleurs, une telle entreprise immobilière et spéculative centrée sur la consommation de masse cadre mal avec la ville qui accueillit, en 2015, la COP 21 au Bourget, à seulement deux kilomètres du site d’EuropaCity…

 

… pour lutter contre un modèle économique et social, autant qu’un projet absurde

 

Or c’est justement la carte du « durable », de « l’écologico-compatible », de « l’éco-responsable » qu’entend jouer EuropaCity pour faire accepter son projet. Les trois piliers du développement durable sont là : des emplois (17500 au total selon la société, en-deçà de 3000 pour les opposants au projet) ; une prise en compte de l’environnement local avec l’insertion du projet dans « un écosystème urbain, modèle de la transition écologique », et avec les 7 hectares consacrés à des fermes urbaines (soit 100 fois moins que la surface agricole actuelle) ; enfin, un impact social positif à travers le « remarquable laboratoire de réponses possibles à des évolutions sociales majeures » qu’entend être le site. Un tel greenwashing n’est pas passé inaperçu. Le projet EuropaCity reçu en 2012 un Pinocchio du développement durable par l’association Les Amis de la Terre, dans la catégorie « plus verte que vert ». La bêtise écologique et sociale peut aussi faire rire.

 

Inscrit dans la continuité des Grands Projets Inutiles et Imposés, EuropaCity utilise les valeurs néolibérales et les outils économiques à sa disposition pour triompher sur un territoire déjà engorgé par les centres commerciaux, et amputé de ces terres cultivables. C’est pour lutter contre toutes ces absurdités que le Collectif pour le Triangle de Gonesse appelle à une journée de manifestations et de plantations le 21 mai prochain, sur le site d’EuropaCity.

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