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Débat d’entre-deux-tours avec les Jeunes avec Macron

Débat d’entre-deux-tours avec les Jeunes avec Macron
Claire Lebrun

Ce mercredi 3 mai 2017 avait lieu le débat d’entre-deux-tours où s’affrontaient Emmanuel Macron et Marine Le Pen. À la soirée de soutien des Jeunes avec Macron, on est agréablement surpris : le candidat d’En Marche ! a vaincu, la force tranquille.


 

Au 66 rue Jean-Jacques Rousseau, la boîte du Loft du Louvre était remplie à craquer. Les jeunes se sont plus déplacés qu’aux autres support party : listés, bien habillés, tous une bière ou un verre de vin à la main. Ils alternaient entre applaudissements et fortes ovations pour leur candidat avec des huées contre l’adversaire. La soirée lounge s’est mêlée à une ambiance de match et la rencontre s’est déroulée en faveur du candidat favori.

 

 

« Un mal pour un bien » ?

 

Constamment dans l’invective et dans une stratégie de haute tension, Marine le Pen a montré un visage agressif lors du débat d’hier soir. Déconstruisant son travail du second tour qui avait dessiné une image « présidentiable », la candidate frontiste s’est spécialisée dans l’attaque, qui ne s’avère pas toujours être la meilleure tactique. En étant dans une optique de « communication », peut-être inspirée par Donald Trump, qui peut avoir un fort impact sur les réseaux sociaux, Marine Le Pen ne s’est-elle pas tout simplement décrédibilisée ?

Un responsable des Jeunes avec Macron (JAM) est satisfait : « On a vu ce soir un candidat qui avait un projet pour gouverner, et de l’autre quelqu’un qui n’avait pas de projet. On ne sait toujours pas si Marine Le Pen veut rester dans l’euro, en sortir, revenir à l’écu ou au sésterce. » Pour Léo, 18 ans, qui milite depuis un an, « Macron a été différent des autres débats. Il a du caractère, il ne s’est pas laissé entraîner dans des discussions polémiques. C’est difficile d’être objectif, mais il a été le meilleur. »

 

Karine, étudiante en première année à Sciences Po et habituée d’En Marche ! constate qu’il n’y a pas eu « de débat de fond » : « Marine Le Pen a été dans un discours de haine qui ne s’adressait pas aux Français, alors qu’Emmanuel Macron était concis et présentait ses idées. »

Chloé, 25 ans, a créé une start-up dans le prêt-à-porter et milite depuis décembre : « C’est le seul à répondre à ce que je vis au quotidien. Ce soir, il a été très bon. On appréhendait un peu Marine Le Pen qui est quelqu’un de très charismatique avec des convictions très dures, et finalement on l’a trouvé dans l’attaque. Emmanuel Macron était très calme, réaliste.’’

Alexandre, 26 ans, entrepreneur dans l’immobilier, milite depuis un an, confirme à son tour : « Je m’attendais à ce que Marine le Pen soit plus respectueuse ». Il a également été rassuré par son candidat : « Il a été explicite sur son programme. Tous les anciens présidents ont promis des choses irréalistes. J’avais voté Nicolas Sarkozy en 2007, François Hollande en 2012, j’ai été très déçu des deux. On nous rabâche qu’Emmanuel Macron est le fils de François Hollande, mais je pense qu’il est véridique. Il a un bon orgueil, qui lui permet d’aller jusqu’au bout. Mélenchon par exemple, c’était trop d’orgueil. »

 

L’abstention condamnée

 

Un avis sur l’abstention ? Actrice à part entière de ce second tour, les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon sont deux tiers à la revendiquer, tandis que certains fillonistes l’ont également choisie, ne pouvant se résoudre à voter pour un candidat « de gauche ». Pour le responsable des JAM, « si ce soir certains abstentionnistes n’ont pas vu le danger de l’extrême droite, c’est inquiétant ». Alexandre renchérit : « Je suis contre l’abstention. Ce n’était pas un débat de fond, donc pas certain que ça la réduise. Emmanuel Macron a parfois utilisé un langage technique inaccessible. Quand il parle des politiques européennes, celles d’entreprises, ça ne va pas intéresser les retraités par exemple. Il n’a pas mis assez en avant qu’il veut simplifier la vie des entrepreneurs, et des Français. »

À 16 ans, élève en 1ère ES, Elise s’est engagée il y a un mois : « Ma mère vote aussi Macron mais c’est un choix personnel. Je suis frustrée de ne pas pouvoir voter, les vieux abstentionnistes entravent l’avenir des jeunes. On a organisé un mouvement pacifique contre le FN avec une amie, on a fait des manifestations lycéennes qui ont été énormément relayées. Ce n’est pas possible que des jeunes puissent voter FN, il faut les amener à réfléchir en parlant politique. » En outre, Karine la déplore : « Ce qui m’attriste, c’est qu’il y a une individualisation du vote, c’est regrettable. Ceux qui veulent s’abstenir sont en colère car leur candidat n’est pas au second tour. Dimanche, j’ai la chance de voter pour mon candidat, mais je vote aussi pour qu’on ne stigmatise pas les minorités. La société que je veux demain n’est pas une société de haine. »

 

Le face à face a réuni 16,5 millions de téléspectateurs, ce qui en a fait le débat d’entre-deux-tours le moins regardé de l’histoire. Désintérêt pour les partis ou forte abstention à prévoir? Selon un sondage Elabe pour BFMTV, Emmanuel Macron a été jugé le plus convaincant de ce débat pour 63% des téléspectateurs. Gagnant sur tous les tableaux, il ne reste qu’à transformer l’essai dimanche 7 mai.

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Claire Lebrun

En Master Histoire Afrique et Moyen Orient à la Sorbonne Paris 1. Mémoire sur les relations diplomatiques franco-saoudiennes.

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