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Le vote en France : comment faire progresser notre démocratie ?

Le vote en France : comment faire progresser notre démocratie ?
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Au cœur même de notre démocratie, le processus électoral français est principalement un scrutin majoritaire à deux tours. Cependant, ce mode de vote est sujet à des discussions et ne comporte pas que des avantages. Alors que la campagne du second tour fait rage, de nombreux électeurs ne trouvent pas chaussure à leur pied, tandis que la problématique du vote barrage occupe une position capitale dans les débats.


 

Faible représentativité, abstention, vote « utile », vote blanc, … Les questions posées sont nombreuses et méritent d’être débattues. Alors que l’aspiration à une société plus juste se renforce à travers le monde, quelles bonnes recettes pourrions nous adopter chez nous en France ? Lorsque les désintéressés de la politique se font de plus en plus nombreux, comment renforcer ce droit durement acquis par nos aïeux et les faire revenir aux urnes ?

Faisons le point sur ce qu’est et pourrait être le vote dans notre pays, afin d’apporter un début de réponse sur le renforcement de la démocratie en France.

 

Le système électoral français

 

Les modalités du vote en France sont principalement celles du vote majoritaire à deux tours. Le suffrage est universel direct. Ces modalités s’appliquent lors de l’élection présidentielle (depuis 1962), des législatives et des municipales pour les communes de moins de 1000 habitants. Les deux candidatures qui obtiennent le plus de voix sont qualifiées pour le second tour. Si une candidature obtient plus de 50 % des voix dès le premier tour, il n’y a pas de second tour (ce n’est pour l’heure jamais arrivé concernant l’élection présidentielle).

Les élections européennes et municipales pour des communes de plus de 1000 habitants utilisent le système à la proportionnelle. Les élections régionales utilisent un mode de scrutin mixte. Le vote n’est pas obligatoire et les votes blancs ou nuls ne sont pas comptabilisés dans les suffrages exprimés.

Cette dernière donnée est celle qui pose le plus question auprès des citoyens français. Ainsi, selon un sondage Ifop publié en mars, 86 % des français sont favorables à ce que le vote blanc soit comptabilisé comme un suffrage exprimé et 40 % des sondés l’utiliseraient s’il avait un réel pouvoir. . On constate donc que notre démocratie n’est pas parfaite et est encore perfectible. Quelles sont les améliorations qui pourraient être apportées ?

 

Scrutin majoritaire ou proportionnel ?

 

C’est la première décision qui doit être prise. Ainsi, si l’on connaît bien le premier (il se caractérise par une victoire d’un candidat même si les résultats avec les autres participants sont serrés, mais permet une stabilité dans l’exercice du pouvoir), on comprend parfois moins le fonctionnement du second. Le vote proportionnel, lui, se veut plus démocratique – car représentant plus fidèlement le corps électoral. On lui reproche cependant de générer un déséquilibre lorsqu’il s’agit de gouverner. 

Le scrutin proportionnel se veut finalement comme un miroir de la société, permettant à l’avis de chacune et chacun d’être réellement entendu. Prenons l’exemple d’une élection proportionnelle directe. Un parti lambda arrive en première position avec environ 25 %. Cependant, les 75 % restants ne le souhaitaient pas aussi haut. Il obtient pourtant 1/4 des sièges. On peut alors se questionner sur la réelle utilité de ce mode de scrutin… C’est là que la magie opère : il existe de nombreuses méthodes de comptage (scrutin de Condorcet, méthode de Borda, …) ! On peut par exemple demander aux électeurs de choisir les trois candidats qu’ils préfèrent, ou alors de les lister dans l’ordre qu’ils souhaitent. Si on reprend l’exemple précédent, les 75 % qui ne souhaitent pas du fameux parti peuvent le placer à la toute fin de leur liste et il ne fera absolument plus 25 % ! On élit ainsi le candidat « le moins pire » pour l’ensemble du corps électoral. L’unique inconvénient de ces systèmes électoraux est la difficulté du dépouillement. Cela devient beaucoup plus long et mathématique. Ces votes pondérés ou par échelle de valeur permettent également moins de contestations au niveau des résultats des scrutins.

Le système proportionnel est utilisé pour élire le pouvoir législatif en Espagne, au Portugal, en Belgique ou encore au Danemark pour ne citer qu’eux en Europe.

 

Le vote, un droit ou un devoir ?

 

Le droit au vote a été une longue lutte mené par nos ancêtres pour faire entendre leur voix. On est donc tenté d’apporter un jugement négatif sur les nombreuses personnes qui s’abstiennent. Certains pays ont d’ailleurs choisi de solutionner le problème en transformant le droit de vote en devoir. Ainsi, il est obligatoire de se rendre aux urnes en Belgique depuis 1893 sous peine d’amende ! En Australie, cette obligation s’applique aux élections nationales depuis 1924. 

Cependant, aller dans ce sens serait probablement prendre le problème à l’envers, ignorer les raisons qui poussent les gens à bouder les bureaux de vote et générer la frustration d’une obligation supplémentaire… En effet, l’abstention n’est pas forcément un désintérêt pour la vie politique du pays. L’abstentionnisme peut être et est souvent militant. Refus de s’inscrire dans le système actuel car trop peu représentatif, désapprobation des termes du choix proposé ; les raisons sont nombreuses. Cette autre manière d’aborder ses devoirs de citoyen est décrite dans le livre No Vote de Antoine Bueno.

Comment faire changer d’avis ces insatisfaits ? Le grand chantier qui doit sans doute être mené aujourd’hui est celui du vote blanc. En France, ce dernier gonfle les statistiques de participation au scrutin mais est comparable sur l’effet à une abstention. Il serait donc très utile de lui accorder une valeur, un pouvoir comme dans d’autres pays : au Pérou, 2/3 de votes blancs annulent l’élection en cours et permettent de recommencer le scrutin. On pourrait aussi imaginer que si aucun candidat en lice ne nous plaît, on puisse réaliser un « vote noir » qui au lieu d’ajouter une voix, en retire une… Cela permettrait aux indécis de dire qui ils ne veulent absolument pas voir gagner. Ce vote de désapprobation est utilisé par exemple à l’Académie Française (marqué par une croix sur un bulletin blanc).

 

Alors que l’élection présidentielle va bientôt arriver à son terme et que les Français vont rendre leur verdict dimanche prochain, les sondages annoncent des taux d’abstention et de vote blanc assez impressionnants si l’on considère l’affiche du second tour. Malheureusement, ces taux sont probablement dus à une exaspération d’un grand nombre de Français vis-à-vis de notre système électoral, ainsi que d’une forme de rejet. D’avantage qu’un refus de choisir, peut-être que cette manière de lutter pour une démocratie plus juste car plus représentative est le meilleur des combats citoyens. Quasiment absent des débats et des programmes des deux finalistes, nul doute que la route est encore longue. Cependant, les voix qui montent de partout feront très probablement progresser le pays sur le chemin de l’idéal démocratique.

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Martin Hortin

Etudiant en électronique mais passionné par l'écriture, l'actu, et le sport, j'espère pouvoir transmettre certaines clés pour une meilleure compréhension de notre monde !

Comments

  1. Lara de Pizan

    Le problème n’est pas tant lié au système électoral qu’à ce que les parties politiques en on fait. Au premier tour 18% des voix des inscrits vous propulse à l’Elysée, les votes complémentaires du second tour étant des votes « contre » ou par défaut. La grande perdante est la démocratie.

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