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« Baywatch » : sous le sable, The Rock

« Baywatch » : sous le sable, The Rock
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Seize ans après son arrêt, la série Alerte à Malibu a enfin le droit à son adaptation cinématographique. Un film dispensable qui vaut le coût par la présence d’un seul acteur : Dwayne Johnson. Critique. 


 

Le légendaire sauveteur Mitch Buchannon  est contraint de s’associer à une nouvelle recrue, Matt Brody, aussi ambitieux que tête brûlée ! Ensemble, ils vont tenter de déjouer un complot criminel qui menace l’avenir de la Baie.

 

★★☆☆ – À éviter

 

Tout commence comme une évidence. Le ciel, la sable, l’océan. Le vent se lève et Mitch Buchannon contemple la Baie. Sa Baie. Puis un accident. Une personne à secourir et Dwayne Johnson devient son double, The Rock. Sprintant tel un félin, il bondit dans l’eau et ressort quelques secondes plus tard, l’homme dans les bras. En arrière plan, apparaît le titre du film, dans un rouge vif du plus mauvais goût : Baywatch : Alerte à Malibu

Catcheur émérite, icône d’Internet rentrée au Panthéon des plus grands mèmes et maintenant Dieu des Océans. The Rock est un tout. Une sorte d’être céleste arrivé sur Terre pour nous rappeler sans cesse que nous ne pourrons jamais l’égaler. Même lorsqu’un policier tente de nous faire comprendre qu’il n’est dans ce film qu’un « maître nageur de seconde zone », d’autres s’empressent de le défendre en lui inventant des mythes dont il serait le personnage principal. Même lorsqu’il est concurrencé par Matt Brody – joué par Zac Efron – The Rock nous rappelle qu’il est au-dessus physiquement, en portant deux frigos américains sur ses épaules (!), et mentalement, puisqu’il est le seul à avoir réellement conscience des dangers de l’Océan. Son Océan.

Tout au long du film, The Rock et sa bande très conventionnelle, puisque déjà-vue dans une bonne dizaine de films — la tête brûlée, la blonde pulpeuse, le génie de l’informatique — s’acharnent donc contre les méchants. Voilà le scénario. Il tient en une ligne. Mais fallait-il le complexifier ? Non. Fallait-il en faire un film intelligent ? Il l’est. Si l’on s’arrête au premier degré, Baywatch : Alerte à Malibu est un film mièvre qui saute à pieds joints dans le mauvais goût et les blagues scabreuses. Pourtant, certains passages du film nous poussent à aller voir plus loin. S’inspirant des films des frères Zucker et de Jim Abrahams (tels que Hot Shots ! qui parodie Top Gun ou la série des Y’a-t-il un flic ?),  Zac Efron joue ici de sa plastique et se fait tacler violemment sur sa bêtise effarante. Un sens de la dérision évident qui permet d’alléger un film qui ne brille pas par sa finesse.

 

Dwayne Johnson est Mitch Bucchanon & Zac Efron est Matt Brody dans Baywatch – Alerte à Malibu – Copyright Paramount Pictures

 

Avec son budget de soixante-dix millions de dollars, ce film est donc un blockbuster estival qui pâtit surtout de la mauvaise qualité de ses effets spéciaux. Lors d’une scène où un yacht s’embrase, il devient aisé pour le spectateur d’apercevoir les fonds verts ayant servi pour constituer la Baie et l’océan. Pourtant, ce qui pourrait gêner est une nouvelle fois contrebalancé par la seule présence de l’acteur Dwayne Johnson — le mieux payé au monde en 2016. Alors qu’une femme lui propose de faire « ce qu’il veut d’elle » en « remerciement » de son sauvetage, The Rock refuse poliment. Mitch Bucchanon n’a donc que faire des femmes : sa mission passe avant tout.

 

Dans cette parodie assumée et décomplexée de la série Alerte à Malibu, The Rock n’est pas dans le film puisqu’il est le film. « Tu es la Baie » lui avoue un personnage secondaire, dispensable, uniquement présent pour la beauté de sa plastique. Personnage omniprésent, capable de voir derrière lui, The Rock est un Superman en lycra dénué de super-pouvoirs. Ses punchlines font mouche, il sauve des vies et revient même d’entre les morts dans un final épique. Tout est donc là pour mythifier The Rock. Et n’est-ce pas là finalement l’essentiel ?

 

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Simon Wautier

Étudiant en Sciences Politiques à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille. Aime l'ironie et Maître Gims.

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